Chantier Politique

 30 septembre 2016

Numéro 22

3e anniversaire de Chantier politique

Intensifions la lutte pour un Québec
moderne et souverain!

Un moyen de subsistance pour toutes et tous
• Le projet de loi 70 doit être retiré!
L'état des travaux sur le projet de loi 70 de l'aide sociale
du gouvernement Couillard



3e anniversaire de Chantier politique

Intensifions la lutte pour un Québec
moderne et souverain!


Page d'accueil du premier numéro
de Chantier politique

 Le 23 septembre 2016 était le 3e anniversaire de Chantier politique, le journal web du Parti marxiste-léniniste du Québec consacré aux affaires politiques. En cette occasion, Chantier politique salue ses lecteurs, ses abonnés et ses contributeurs et les remercie de leur appui et  leur participation depuis le tout début. Dans peu de temps, le 20 octobre 2016, cela fera deux ans que nous publions également le journal en langue anglaise. Félicitations !

Il y a 3 ans, Chantier politique a pris comme référence les chantiers qui sont riches dans notre histoire et notre folklore. En politique c'est la même chose. Il n'y a pas plus grand chantier aujourd'hui que celui de définir nous-mêmes qui nous sommes et quels arrangements étatiques, sociaux, politiques, économiques, culturelles et écologiques sont nécessaires à notre épanouissement.

Le message est aussi vrai aujourd'hui qu'en 2013, sinon plus. C'est dans le cours de la lutte que nous menons pour défendre et garantir les droits de tous que nous prenons notre place. Tous et toutes ont des droits du fait qu'ils sont humains et la société doit les  garantir. Une société moderne est capable de fournir tout ce dont la population a besoin pour que ses besoins soient satisfaits au plus haut niveau.

Chantier politique est donc partisan et proactif. Partisan car il met aux premiers plans les préoccupations du peuple pour résoudre les problèmes auxquels il fait face. Proactif parce qu'en traitant des préoccupations du peuple il le mobilise pour élaborer des solutions aux problèmes auxquels il fait face. Dans tout son travail, il s'appuie sur ses lecteurs pour écrire et informer, lire le journal, le distribuer, en discuter et recueillir des abonnements. C'est un plan conscient vers le nouveau, hors des sentiers battus.

Les ressources humaines, naturelles et matérielles existent et peuvent assurer le bien-être du peuple et de la société et contribuer à la même chose pour les autres peuples et leur pays.  L'absence de notre contrôle sur les décisions qui moblisent ces ressources est un obstacle majeur. En travaillant ensemble, en se donnant l'information nécessaire sur les développements importants qui ont lieu, en prenant des positions qui défendent les droits de tous, on se donne les moyens de trouver notre orientation et renverser la situation en notre faveur. Envoyez-nous vos photos, articles, commentaires. Toute contribution est très utile et appréciée. Joignez-vous à nous!

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Un moyen de subsistance pour toutes et tous

Le projet de loi 70 doit être retiré! 

Le 7 septembre dernier, en marge du caucus des députés libéraux à Gatineau, le premier ministre Couillard a brandi le recours au bâillon pour forcer l'adoption du projet de loi 70 sur l'aide sociale, Loi visant à permettre une meilleure adéquation entre la formation et l'emploi ainsi qu'à favoriser l'intégration en emploi, si les travaux n'avancent pas. Le premier ministre s'impatiente. Il est très pressé de faire adopter ce projet de loi car il compte ainsi « épargner » jusqu'à 50 millions de dollars par année.

Le projet de loi 70 s'en prend directement aux personnes parmi les plus vulnérables de la société, celles qui sont bénéficiaires de l'aide sociale, en particulier les jeunes et ceux qui en sont à leur première demande. Au nom de vouloir favoriser l'« intégration » en emploi, le gouvernement impose son diktat : ceux qui refuseront de se chercher du travail pourraient voir leur chèque d'aide sociale coupé. Le projet de loi donne d'immenses pouvoirs arbitraires au ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, envers ceux qui feront une demande d'aide sociale. Ceux-ci devront d'abord participer au Programme objectif emploi. C'est le ministre qui préparera un plan d'intégration d'emploi, les mesures pour le faire, les engagements du participant ; il pourra modifier tout élément du plan, les obligations du participant d'accepter un emploi « convenable » (qu'il a défini lui-même comme étant un emploi non dégradant), et le pouvoir de réduire l'aide financière si la personne manque à ses obligations. Par exemple, un chèque mensuel de base pourrait passer de 623 $ à 399 $.

L'application du projet de loi placerait des organismes communautaires collaborant aux programmes prévus dans une situation de délateur en rapportant les absences de participants aux programmes mis en place par le gouvernement. Le ministre Blais sera responsable de l'application du projet de loi. Il est aussi ministre responsable de la reconnaissance et du financement de plus de 320 organismes de défense collective des droits. Ces organismes craignent, avec raison, que le ministre les force à participer aux programmes du projet de loi pour obtenir leur subvention.

Les fausses préoccupations

Le ministre Hamad, auteur du projet de loi, a défendu celui-ci de la façon suivante: « Le principe de ça, là, c'est que la société, le contribuable, le payeur de taxes québécois fait un effort envers les personnes, un geste de solidarité, de partage, de générosité. Puis ça, en passant, ça fait notre marque de commerce. De l'autre côté, on demande à l'autre personne de faire un effort pour elle. » En d'autres mots, si la personne n'a pas d'emploi c'est sa faute. L'état de l'économie n'a rien à faire avec ça ! Si pour assurer que les sans-emploi agissent de façon responsable, il faut la délation et couper les vivres, nous le ferons !

Ce qui signifie, si on comprend bien l'arrogance libérale, que dans l'économie au service des intérêts privés, même les arrangements qui maintiennent les gens juste au-dessus du niveau de la famine doivent être détruits. C'est le gouvernement qui détruit ces arrangements, mais il blâme les « contribuables » pour sa propre offensive antisociale qui est cruelle au point d'oser s'en prendre à ceux qui sont déjà les plus vulnérables comme s'ils vivaient aux crochets de la société !

Pour sa part, François Blais, qui a remplacé le ministre Hamad, a déclaré : « La question qui se pose alors est la suivante : a-t-on moralement le droit dans une société libre et démocratique d'exiger d'un demandeur à l'aide de dernier recours, sans aucune contrainte à l'emploi connue, qu'il se plie à un exercice de la sorte ? » Le ministre joue avec les grands mots pour éviter de poser le problème que le gouvernement se doit de reconnaître que dans le système qu'il représente les pauvres sont de plus en plus pauvres (et les riches de plus en plus riches) et qu'il se doit de s'assurer que les conditions de vie de tous sont maintenues à un niveau décent (et non de famine) et ne doit certainement pas abaisser leurs conditions encore plus sous aucun prétexte quel qu'il soit.

Les politiques sociales doivent défendre les droits

La direction de notre économie par le gouvernement Couillard qui se place à la merci des monopoles mondiaux qui réclament que toutes les ressources naturelles, financières et humaines soient mises à leur disposition pour « créer de l'emploi », est un obstacle à la résolution des problèmes dont celui de la négation du droit à un moyen de subsistance. La voie au progrès réside dans l'affirmation des droits de tous comme moteur de développement de la société.

Les politiques sociales doivent être basées sur la définition moderne que le droit à un moyen de subsistance est un droit fondamental et inaliénable que les gouvernements ont le devoir de réaliser. De là nous regardons tout le produit social disponible, pas seulement les revenus gouvernementaux mais toute la richesse qui est créée, et nous trouvons ce qui est nécessaire pour garantir que tous aient de quoi se loger, se nourrir, se vêtir, se soigner et s'éduquer.

Le projet de loi sur l'aide sociale doit être retiré. Notre sécurité est dans la défense des droits de tous. Défendons le droit à un moyen de subsistance ! Cessez de vous en prendre aux plus vulnérables et élevez leur niveau de vie immédiatement!

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L'état des travaux sur le projet de loi 70 de l'aide sociale du gouvernement Couillard

Le projet de loi 70 Loi visant à permettre une meilleure adéquation entre la formation et l'emploi ainsi qu'à favoriser l'intégration en emploi a été déposé il y aura bientôt un an, le 10 novembre 2015 par Sam Hamad, alors ministre du Travail, de l'Emploi et de la solidarité sociale.

Du 27 janvier au 17 février 2016, la Commission de l'économie et du travail a tenu des consultations particulières au cours desquelles 28 organismes ont été entendues alors qu'un total de 82 mémoires ont été déposés dont la majorité sont opposés au projet de loi. Il a fallu 6 séances de l'Assemblée nationale pour adopter le principe le 10 mars par un vote de 78 pour, 28 contre et 0 abstention. Depuis, du 14 mars au 22 septembre, la Commission a tenu 30 séances d'étude et ce n'est pas terminé. Dans ces séances, les médias rapportent que le ministre Blais fait de l'obstruction à divulguer des informations, statistiques, ou encore à révéler les intentions réglementaires qu'il aura le pouvoir d'utiliser contre les bénéficiaires de l'aide sociale. Pour sa part, le gouvernement a évoqué vouloir prendre les moyens pour forcer son adoption. Le 28 septembre, pour éviter le bâillon, une entente sur une date butoir a été conclue entre le gouvernement et le Parti québécois et Québec solidaire. L'entente « prévoit que l'étude détaillée sur le projet de loi en cours se terminera au plus tard la première semaine de novembre pour que le vote sur le projet de loi se tienne d'ici le 24 novembre, avant la semaine intensive des travaux de l'Assemblée nationale. »

Dès son dépôt, un tollé d'opposition au projet de loi 70 s'est fait entendre d'un bout à l'autre du Québec par des milliers de personnes et des centaines d'organisations communautaires, de défense de droits, d'organisations syndicales, de professeurs, de personnalités politiques et culturelles, pour ne nommer que ceux-ci. Il y a eu des pétitions, des occupations de bureaux, des prises de position et des marches pour dire Non au projet de loi 70 et exiger son retrait. Ces actions se poursuivent.

Le peuple du Québec n'accepte pas qu'on s'attaque aux plus vulnérables, ni la logique qu'il faut les contraindre et que la société peut les abandonner. Le projet de loi qui s'en prend aux personnes recevant de l'aide sociale est en contradiction avec tous celles et ceux qui ont à coeur la défense des droits des plus vulnérables, et cela comprend les femmes, les travailleurs, les jeunes et tous ceux qui se battent pour la justice sociale.

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