Chantier Politique

7 octobre 2016

Numéro 23

Le nouveau chef du Parti québécois sera élu ce soir

Le défi auquel le Parti québécois fait face


Ce soir, vendredi 7 octobre, le nouveau chef du Parti québécois sera élu, ce qui mettra fin à la course à la chefferie qui a été déclenchée suite à la démission de Pierre Karl Péladeau le 2 mai dernier. Quatre candidats s'affrontent, Alexandre Cloutier, Jean-François Lisée, Martine Ouellet et Paul St-Pierre Plamondon. Quelque 73 000 membres du Parti québécois sont appelés à voter, par téléphone ou Internet, selon une formule de vote préférentiel par laquelle le membre est appelé à décliner son premier, deuxième et troisième choix en un seul vote.

Chantier politique considère que l'élection d'un nouveau chef au PQ a son importance. Les Québécois ont toujours souhaité avoir de leur côté un Parti québécois qui les rassemble dans un projet de souveraineté politique et qui n'impose pas l'austérité néolibérale antisociale mais protège les gens, notamment en défendant et en développant les programmes sociaux et les services publics.

L'existence d'un tel parti qui serait un véhicule de la souveraineté et ferait contrepoids à l'offensive antisociale n'est pas sans importance pour les Québécois, et l'on sait aussi que des élections générales se tiendront au Québec d'ici deux ans. Alors la question de défaire le gouvernement antisocial de Philippe Couillard pour donner une direction différente au Québec se pose de manière pressante.

La campagne à la chefferie s'est déroulée dans un contexte où beaucoup ont parlé d'un Parti québécois en perte de vitesse sinon en crise.

À ce sujet, Chantier politique veut faire les commentaires suivants.

On se souvient que suite au référendum de 1995, qui a été défait par une faible marge, le Parti québécois a dit vouloir tendre la main à tous les Québécois pour donner une nouvelle vie au projet de souveraineté. En même temps, le Parti québécois, qui formait alors le gouvernement, a déclaré que les souverainistes s'étaient toujours occupés de politique mais pas assez d'économie et qu'il fallait rétablir l'économie du Québec si le projet de souveraineté devait avoir de l'avenir.

L'appel à tendre la main est resté lettre morte.

La raison en est que le concept de souveraineté qui a été avancé par le PQ est demeuré étroit, réservé essentiellement aux « francophones » au lieu d'être un concept de souveraineté politique du corps politique tout entier, qui renouvelle les institutions démocratiques afin que le peuple soit investi du pouvoir souverain et que la façon même dont les décisions sont prises en société soit transformée. Loin de se mouvoir dans ce sens, le Parti québécois s'est de plus en plus situé sur les mêmes lignes que celles de l'État anglo-canadien soit celles des soi-disant « valeurs » qui sont décrétées d'en haut, qui définissent les « vrais Québécois » au lieu que les droits de tous soient reconnus et qu'on construise le Québec nouveau sur cette base dans ce Québec moderne qui reçoit des gens de partout. Au lieu du concept de souveraineté, c'est le concept d'identité qui a été de plus en plus mis de l'avant, non pas l'identité comme elle se vit et se construit dans la lutte du peuple pour défendre les droits et le bien-être de tous et se bâtir un avenir, mais une identité basée sur la division du corps politique sur la base de la religion, de l'origine nationale, sur la crainte de l'autre: on a vu ce qui en est sorti, l'ingérence du gouvernement dans des domaines qui ne sont pas de son ressort avec notamment la désastreuse Charte des valeurs du gouvernement Marois, et la criminalisation de la conscience.

En 1996, au nom du rétablissement de l'économie et du consensus social, le gouvernement péquiste s'est livré à des attaques sans précédent contre les programmes sociaux et les services publics, des attaques qui ont été reprises de plus belle par le gouvernement libéral suite à l'élection de 2003. En 2014, le Parti québécois revenu au pouvoir depuis 2012, s'est vanté que son budget comprenait les dépenses de programmes les plus basses qu'avaient connues le Québec depuis les derniers 15 ans. Non seulement les Québécois et la société québécoise s'en sont-ils grandement appauvris, mais la base même d'appui parmi le peuple pour ce que le Parti québécois appelle la souveraineté a été érodée. Comment être enthousiaste pour un parti qui vous appelle à le rejoindre dans un projet s'il applique la même offensive antisociale que les autres partis une fois au gouvernement ?

Le Parti québécois et les Québécois dans leur ensemble n'ont pas d'autre choix que de faire le bilan de ces expériences afin de donner une direction différente à la conduite des affaires économiques, politiques et sociales pour qu'on procède à des changements qui bénéficient au peuple.

Il est donc frappant de constater qu'au sein même de cette campagne à la chefferie les mêmes conceptions rétrogrades reviennent, au sujet des soi-disant périls de l'immigration par exemple ou de l'identité et de la sécurité qui sont définies sur la base des conceptions chauvines et guerrières propres à l'État anglo-canadien engagé à pieds joints dans la répression des droits et les préparatifs de guerre. On entend même des voix prétendre que si le Parti québécois n'attise pas lui-même les tensions et ne répand pas les préjugés rétrogrades, alors c'est la « droite » qui va s'en emparer sinon l' « extrême-droite ». Justin Trudeau ne dirait pas mieux.

Est-ce ainsi que le PQ va se renouveler comme doit se renouveler tout parti politique qui désire et se doit d'être au diapason des besoins de l'époque pour servir la cause du bien-être des peuples, de la justice et de la paix ?

Le PQ lui aussi n'a pas d'autre choix que d'engager le peuple dans la définition de son projet d'édification nationale sur la base du besoin de l'époque de résoudre les problèmes de la société d'une manière qui bénéficie au peuple et satisfait à son aspiration au progrès.

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