Chantier Politique

31 octobre 2016

Numéro 25

Non à la violence contre les femmes et les jeunes filles! Non à la violence contre toute la société! Femmes à la tête de la lutte pour y mettre fin!

Manifestation à Montréal contre les agressions envers les femmes, le 26 octobre dernier

  Des manifestations partout au Québec pour dire non à la violence contre les femmes! Non c'est non!


Non à la violence contre les femmes et les jeunes filles! Non à la violence contre toute la société! Femmes à la tête de la lutte pour y mettre fin!

Le Parti marxiste-léniniste du Québec (PMLQ) se tient au côté des jeunes filles, des femmes et de leurs familles, et des employés de l'Université de Laval qui vivent aujourd'hui des moments difficiles dans un contexte de chaos et d'anarchie que confronte la société entière. Il salue leur courage immense dans la mêlée.

De nombreux événements se sont déroulés au cours des dernières semaines qui ont soulevé la colère populaire : agressions dans des résidences étudiantes, abus et violence de l'intimité de jeunes filles, situation insoutenable des centres d'hébergement pour femmes violentées qui se voient obligés de refuser des milliers de femmes qui demandent refuge faute de ressources, suicides chez des jeunes autochtones de 10, 12 et 14 ans et il y a un an, la tragédie des femmes autochtones de Val d'Or.

Immédiatement des manifestations ont été organisées et se sont tenues cette semaine dans au moins 5 villes du Québec pour mettre sur la place publique l'opposition à la violence sexuelle et à la culture du viol. Elles expriment les aspirations de toutes et tous à une société humaine libérée de toute violence contre les femmes et d'attaques contre leur droit de pouvoir vivre en sécurité et en paix. L'irresponsabilité des gouvernements, la couverture médiatique inacceptable, les coupures des programmes pour les femmes ont été dénoncées.

Les femmes et leurs organisations de défense, le Regroupement québécois des centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, les maisons d'hébergement pour femmes violentées et de nombreuses autres dénoncent depuis longtemps le programme d'austérité du gouvernement Couillard qui s'attaque directement aux conditions de vie, de travail et de sécurité des femmes et de tous. Elles exigent des investissements afin d'avoir toutes les ressources nécessaires pour prendre soin des femmes et des enfants abusés. Il y a à peine un an, le 19 octobre 2015, dix mille femmes avaient pris la rue à Trois-Rivières exigeant la fin des programmes d'austérité des gouvernements, des coupures en santé, en éducation et dans les programmes sociaux, la fin de l'hypersexualisation des femmes et des jeunes filles, la garantie du droit au logement, la fin à la violence contre les femmes et les enfants, la fin de la guerre et de la militarisation. Le 4 octobre dernier, les femmes tenaient des vigiles pour honorer la vie des femmes et filles autochtones disparues et assassinées et exiger des mesures immédiates de justice et de prévention.

Un problème sérieux que confrontent les jeunes filles et les femmes est que la solution apportée par les gouvernements dont le gouvernement Couillard est l'augmentation des pouvoirs policiers, le profilage, la délation. Apporter la sécurité est primordial, mais celle-ci se garantit dans la défense des droits de toutes et tous, pas en les attaquant.

L'Assemblée nationale a adopté le 20 octobre à l'unanimité une motion reconnaissant l'importance de la prévention, de la conscientisation et exigeant une stratégie gouvernementale pour prévenir et contrer les violences sexuelles. Mais c'est cette même Assemblée nationale qui a été détruite en tant qu'autorité publique qui défend l'intérêt public.  Elle est l'instrument d'attaques brutales contre les femmes, les jeunes, les travailleurs et la société tout entière avec l'imposition du programme d'austérité antisociale des libéraux et des gouvernements antisociaux précédents au profit des intérêts monopolistes privés. Les manigances, les lois et les mesures prises bloquent l'espace par lequel les femmes et l'ensemble du peuple peuvent contrôler la direction de l'économie, de la culture, des affaires politiques et de leur vie même.

Pour avancer la lutte pour mettre fin à toute forme de violence, pour stopper la dégénérescence alarmante de la société, les femmes doivent accélérer leurs efforts et leurs luttes pour bâtir une autorité publique qui défend l'intérêt public. Elles doivent diriger leurs batailles dans le sens de stopper ceux qui ont usurpé le pouvoir pour imposer la domination des intérêts privés étroits à la société humaine. Il faut le renouveau démocratique, le renouveau des institutions démocratiques pour que le peuple prenne le contrôle de l'économie et de la vie politique, culturelle et sociale pour y donner l'orientation et une direction qui défend les droits de toutes et tous.

Justice pour toutes et tous ! Des investissements massifs dans les programmes sociaux ! Notre sécurité est dans la lutte à la défense des droits de toutes et tous !

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Des manifestations partout au Québec pour dire non à la violence contre les femmes!
Non c'est non!

Mercredi 26 octobre, des manifestations ont eu lieu à Québec, Montréal, Saguenay, Chicoutimi, Gatineau et Rouyn-Noranda en solidarité avec les victimes de violence sexuelle et pour dénoncer la violence contre les femmes. Non c'est non ! et On vous croit ! ont crié les manifestants partout au Québec.


Sherbrooke

 À Sherbrooke, les manifestants se sont rassemblés au marché de la gare et se sont rendus sur les marches de l'hôtel de ville. Des dizaines de personnes se sont réunies à l'Université du Québec en Outaouais. Plus de 200 personnes ont marché dans les rues de Saguenay. À Chicoutimi, les marcheurs se sont rendus devant le poste de police de l'arrondissement. Un peu plus tôt le 21 octobre, une cinquantaine d'étudiantes et d'étudiants de l'Université d'Ottawa ont participé à un rassemblement devant le pavillon Tabaret pour dénoncer la culture du viol.


À Québec, Marjorie Champagne, porte-parole de la Marche contre la culture du viol à Québec a déclaré : « L'élément commun, c'est la vulnérabilité de ces femmes-là qui est souvent utilisée pour tenter de discréditer le discours des femmes qui osent dénoncer leur agresseur. Ce qui arrive dernièrement, c'est qu'on tente de minimiser cette violence-là que les femmes ont vécue. »

Les événements survenus dans une résidence de l'Université Laval à Québec, l'implication possible d'un député de l'Assemblée nationale, les révélations des abus sexuels et la disparition de femmes autochtones à Val D'Or, des propos et reportages médiatiques inacceptables sur la question des viols ont provoqué une vaste colère populaire.


Montréal

À Montréal, une foule composée principalement de plus d'un millier de femmes mais aussi des amis, de nombreux parents et personnes plus âgées a tenu un rassemblement à la Place Émilie-Gamelin. Plus de 10 oratrices ont tour à tour dressé un portrait des conséquences insoutenables que vivent les personnes violentées, des injustices sociales et discriminatoires dont elles sont victimes de même que de l'irresponsabilité des gouvernements et des institutions envers elles et envers toute la société.

« On veut un renouveau de solidarité des luttes des femmes et des victimes de violence sexuelle. Nous, on vise à renverser cette honte-là que peuvent ressentir les femmes qui sont agressées. » a-dit l'organisatrice de la marche. « Les femmes autochtones disent depuis longtemps qu'elles sont touchées par la violence sexuelle et par les acteurs des institutions étatiques. Lors du mouvement on a saisi les failles du système judiciaire. Les choses ne bougent pas. L'inertie gouvernementale, du milieu universitaire, et de toutes les autres institutions de la société n'est plus acceptable.

« Il n'y a pas de compromis à faire pour notre bien-être, notre sécurité et notre émancipation à tous dans notre société. Les ressources manquent. Nos gouvernements ont le devoir d'investir en prévention, en formation, en soutien aux groupes communautaires, en ressources spécialisées; nos ressources juridiques doivent être revues pour qu'elles soient plus proches des problématiques de violence sexuelle. J'espère qu'à partir d'aujourd'hui, un changement va venir dans notre société. »

La journaliste Sue Montgomery a indiqué : « Ce n'est pas une lutte de femmes. C'est la lutte de notre société. »  S'adressant aux femmes qui ont subi des violences sexuelles elle a dit : « Vous n'êtes pas seules. On est tous ensemble pour éradiquer la violence sexuelle dans notre société. Nous devons nous appuyer. Nous devons dénoncer parce que cela coûte tellement à la société en termes de dépression, maladie mentale, médication, perte d'emploi, décrochage scolaire, suicide. Une femme sur trois dans ce pays va vivre la violence sexuelle dans sa vie ; c'est épidémique. »


Mélanie Lemay, fondatrice du Mouvement contre les violences sexuelles, a également pris la parole avec ses collègues Arianne et Kimberly. Elles ont dénoncé le concept de « victime parfaite » que le système de justice et de police tente d'imposer dans le public comme critère d'évaluation de la crédibilité d'une victime d'agression sexuelle. Par exemple, avoir des marques de l'agression sur son corps, avoir contacté la police et l'ambulance dès la fin de l'agression, ne pas se laver, etc., ce qui la rendrait crédible. Sans compter toutes les questions portant sur la façon dont la victime est habillée et son style de vie. La victime parfaite cela n'existe pas, ont-elles souligné.

Mélanie a aussi souligné les inégalités entre les femmes mêmes dans le traitement des plaintes : « Je suis une femme privilégiée, j'ai un entourage qui me croit. J'ai parlé tellement fort, qu'on m'a cru. J'ai eu droit à une éducation. J'ai la capacité d'avoir de l'argent et j'ai un moyen de subsistance. J'ai un statut de citoyenneté canadienne. Mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Il y a des femmes qui sont plus à risque, celles qui n'ont pas leur voix comme les femmes autochtones qui sont 3,5 fois plus susceptibles de subir une agression sexuelle, les travailleuses du sexe c'est 40 fois plus. Il faut s'unir et être solidaires à ces personnes. On vous croit ! »

D'autres femmes des organisations de la Fédération des femmes du Québec, du
Regroupement québécois des centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, de Québec inclusif, Stella, Projet Montréal et du NPD ont également pris la parole pour dénoncer les conditions de vulnérabilité des femmes non seulement sur le plan financier, mais également de par leurs conditions de femmes immigrantes, lesbiennes, racisées, travailleuses du sexe, ou de leur position face au pouvoir et à l'autorité, etc. Les services d'immigration ont été particulièrement visés, mettant les femmes immigrantes en position de vulnérabilité face à leur employeur. Elles vivent sous la menace d'être déportées si elles portent plainte. Il faut briser le silence, la culture du silence.

C'est Viviane Audet de Femmes autochtones du Québec qui a parlé la dernière en dénonçant le fait que les femmes autochtones qui ont osé dénoncer les abus à Val d'Or ont été attaquées dans leur réputation alors que les policiers sont devenus les victimes. Elle a pointé du doigt la grande part de responsabilité des gouvernements qui doivent combler les besoins à court et à long terme. « Des budgets doivent être donnés. Il faut la prévention. On vous croit », a-t-elle lancé en langue innue que tous ont répété d'une même voix, avant d'entamer un chant au son des tambours.

Les manifestants ont par la suite marché dans les rues de Montréal appuyés par les salutations des passants et les klaxons d'automobilistes.

Non à toutes formes de violence contre les femmes !


Marche dans les rues de Montréal


Rassemblement devant l'Université d'Ottawa, à Ottawa




De haut en bas: Rouyn-Noranda,  Chicoutimi et Québec

(Photos: Chantier politique, Louis-Pierre Cossette, Point d'appui, Sherbrooke Express)

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