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24 novembre 2016
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Numéro 26
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L'Assemblée nationale adopte le
projet de
loi 70
contre les assistés sociaux
Une loi des privilégiés qui
s'attaque aux
vulnérables

Les camionneurs
affirment leur dignité et leurs droits
• Un convoi de centaines de camions
converge vers l'Assemblée nationale
Mettons fin à toutes
formes de violence contre les femmes!
• Justice pour les femmes autochtones
• Douze jours
d'action pour mettre fin à la violence contre les femmes
L'Assemblée nationale
adopte le projet
de
loi 70
contre les assistés sociaux
Une loi des privilégiés qui s'attaque aux
vulnérables
Le 10 novembre dernier,
l'Assemblée nationale du
Québec a adopté le projet de loi 70 par un vote
de 76 à 26. La Loi, dont le titre est Loi visant
à
permettre une meilleure adéquation entre la formation et
l'emploi
ainsi qu'à favoriser l'intégration en emploi, a
été adoptée
en dépit d'une opposition vaste et exprimée dans des
arguments
très clairs. Les organisations de défense des droits qui
travaillent à chaque jour avec les jeunes, lesquels sont
particulièrement visés par cette loi, et qui connaissent
les
conditions de difficultés extrêmes et même de
détresse que vivent
les jeunes quand ils demandent à être placés sous
l'aide sociale,
ont exprimé une opposition vive et bien articulée. Ils
ont
mentionné entre autres que la Loi vise particulièrement
ceux et
celles qui font une première demande d'aide sociale, qui souvent
sont les plus vulnérables et ont un grand besoin d'aide.
Le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale a
même
refusé d'entendre les propositions mises de l'avant par ces
organisations qui aident les jeunes à se remettre sur pied et
à
trouver un emploi s'ils sont capables de travailler. La Loi
déclare que les jeunes sont « aptes au
travail »
indépendamment de leurs conditions. Si les demandeurs d'aide
sociale ne s'inscrivent pas au programme Objectif emploi
institué
par cette loi ou refusent d'occuper un emploi que le ministre et
ses agents déclarent « convenable », ils seront
punis et
abandonnés encore plus à leur sort. La Loi va leur nier
même
l'aide sociale qu'ils reçoivent à
présent, cette aide qui est bien en-dessous de ce qu'un
être humain a besoin pour vivre.
S'ils ne suivent pas à la lettre le diktat exprimé par
cette loi,
même si celui-ci n'a pas de sens à leurs yeux ou est
même
impossible à appliquer compte tenu de leurs conditions, leur
prestation mensuelle de base de 623 $ pourrait être
ramenée à 399 $ et leurs chèques
pourraient même être
retenus !
Chantier politique dénonce avec la plus
grande
fermeté cette loi qui, au nom de l'intégration des jeunes
assistés sociaux à la vie productive, transforme leur
pauvreté
extrême en pauvreté abjecte et ne fait rien pour changer
les
conditions sociales difficiles dans lesquelles se retrouvent tant
de gens, en particulier les jeunes.
La Loi permet au gouvernement
d'«
épargner »
jusqu'à 50 millions de dollars par année sur le dos
des
bénéficiaires de l'aide sociale et de tous ceux qui en
sont à
leur première demande, en particulier les jeunes, tout en
versant
des millions de dollars aux entreprises qui vont peut-être les
engager et bénéficier directement de la nouvelle loi.
Il est inacceptable que des députés, pour qui
dépenser 600 $ dans une sortie de fin de semaine n'est
rien du tout et dont les conditions de vie n'ont rien en commun
avec celles des jeunes du Québec qui vivent la détresse,
placent
les jeunes dans une situation encore plus difficile. C'est une
question de démocratie élémentaire que ce soit les
gens eux-mêmes
qui sont directement affectés et ceux qui les défendent,
partagent leur vie et luttent pour les sortir de la pauvreté et
du désespoir, qui doivent décider de comment satisfaire
à leurs
besoins.
Pour essayer de justifier son geste arrogant et haineux
contre les jeunes, le ministre responsable a inventé ce qu'il
appelle un « principe d'obligation mutuelle de
réciprocité ». Il reprenait ainsi ce que le
ministre de
l'Emploi et de la Solidarité sociale avant lui déclarait
en
décembre 2015 : « Le principe de ça,
là, c'est que la
société, le contribuable, le payeur de taxes
québécois fait un
effort envers les personnes, un geste de solidarité, de partage,
de générosité. Puis ça, en passant,
ça fait notre marque de
commerce. De l'autre côté, on demande à l'autre
personne de faire
un effort pour elle. ».
Quant au ministre actuel François Blais, il a
déclaré le jour
de l'adoption du projet de loi : « Trois types de
démarche
pourront être entrepris dans le cadre d'un plan
d'intégration à
l'emploi : la recherche active d'emploi, le
développement des compétences et le développement
des habiletés
sociales. [...] Selon le type de démarche convenu, une
généreuse
allocation de participation de 165 $ ou 260 $
est également prévue [sic]. Ce montant s'ajouterait
à la
prestation de base. [...] L'enjeu, c'est le développement de ces
personnes. L'enjeu, c'est le développement du capital humain de
toutes les Québécoises et des Québécois.
Et, oui, s'ils refusent
l'aide proposée, les participants risqueraient une
pénalité
financière pendant une période de temps limitée,
en accord avec
le principe d'obligation mutuelle de
réciprocité. »
Parler des êtres humains
comme d'un «
capital » à être
exploité par ceux qui contrôlent une grande
quantité de richesse
sociale est quelque chose de régressif et contraire à une
vision
moderne des choses en vertu de laquelle les gens ont des droits en
tant qu'êtres humains et ne sont pas du «
capital » pour les
exploiteurs. Parler d'une obligation de réciprocité des
«
jeunes » envers les « contribuables » est
une
vulgarisation des choses qui a été inventée dans
le but de cacher
que le revenu qui est réclamé par l'État aux
travailleurs et aux
autres couches et classes sociales doit être utilisé pour
fournir
des programmes sociaux et des services publics et servir
l'intérêt général de la
société afin que tous jouissent de
conditions décentes qui leur permettent de vivre dans la
dignité
et de développer leurs qualités humaines.
La situation que vivent beaucoup de jeunes et d'autres
membres vulnérables de la société n'est pas une
question de
réciprocité et n'a rien à voir avec la
générosité ou le partage.
Les problèmes proviennent de l'organisation sociale de la
société
et de sa division en classes sociales antagonistes et du fait que
ceux qui ont pour eux le privilège de classe et une grande
quantité de richesse sociale considèrent les
chômeurs, les
pauvres et les laissés-pour-compte comme moins qu'humains, comme
des gens qui ne peuvent pas être exploités et qui vivent
une mort
civile. En faisant de la question une réciprocité entre
le
contribuable et l'assisté social, le gouvernement Couillard fait
disparaître la responsabilité de l'État envers les
membres les
plus vulnérables de la société et nie les
conditions sociales qui
engendrent la pauvreté, le chômage, la
désaffection,
l'aliénation, le désespoir et la mort civile.
Plutôt que de
s'attaquer à ces relations sociales archaïques, on traite
les
gens comme une « catégorie » sujette à
des mesures
punitives. C'est médiéval et c'est inacceptable.
En tant que parti au pouvoir dans le cadre du système
de
cartel de partis de privilège et de pouvoir qui prévaut
à
l'Assemblée nationale, un système au service des
intérêts privés
étroits et du privilège de classe, les libéraux
s'arrogent la
prérogative royale d'abaisser les conditions de vie des jeunes
au
niveau où il leur devient impossible d'exprimer leur
humanité.
C'est d'autant plus honteux que cela se produise dans une
société
où le travail collectif des travailleurs crée tant de
richesse
sociale.
Honte à ce gouvernement qui écrase les
êtres humains et les
condamne à la mort civile ! Non à la Loi
punitive 70 ! Cessez de vous en prendre aux plus
vulnérables ! Élevez leur niveau de vie
immédiatement au
standard nécessaire à une existence humaine digne de ce
nom et
fournissez-leur un avenir !

Les camionneurs affirment leur dignité
et leurs
droits
Un convoi de centaines de camions converge
vers l'Assemblée nationale

Des centaines de camions arrivent à Québec au son des
flûtes et klaxons
Plus de 500 camions,
accompagnés de dizaines de
voitures, ont convergé vers l'Assemblée nationale
le 19
novembre dans ce qui a été le plus grand rassemblement de
camionneurs à Québec depuis plusieurs années.
C'est de manière
disciplinée et ordonnée que les camions ont fait leur
entrée dans
la capitale nationale au son de leurs klaxons. Ces camionneurs
sont venus manifester leur mécontentement face à la
manière dont
le gouvernement libéral de Philippe Couillard et le
ministère du
Transport ont modifié certaines dispositions de la loi sur le
transport relatives aux véhicules lourds. Leur colère
était aussi
dirigée contre la Société d'assurance automobile
du Québec qui
est chargée de l'application des différents
règlements concernant
la circulation routière. Les nouvelles réglementations
établissent une nouvelle ronde de sécurité
obligatoire pour tous
les chauffeurs de véhicules de plus de 4500 kilos. Elles
ont
été imposées, sans même que les gens
directement affectés aient
eu leur mot à dire, aient décidé leur contenu ou
les aient
approuvées.
Les camionneurs demandent entre autres choses le report
jusqu'au 26 mai 2017 de ces réglementations pour que les
travailleurs puissent s'y préparer et ils demandent aussi la
reconnaissance officielle du métier de camionneur par le
gouvernement fédéral. Une pétition circule
à cet effet qui demande au gouvernement fédéral de
reconnaître les camionneur(e)s, toutes compagnies ou provinces
confondues, comme étant des professionnels de la route et de
mettre en oeuvre des standards qui s'appliquent dans tout le Canada.
Toutes les rues environnant l'édifice de
l'Assemblée
nationale étaient remplies de camions poids lourds, dont
plusieurs arboraient l'effigie du rassemblement et son slogan «
Unis pour la cause - Assez, c'est assez ». Selon les
organisateurs et les participants, ce premier rassemblement avait
surtout pour objectif de redonner confiance aux camionneurs
qu'une nouvelle unité est possible. Des camionneurs de toutes
sortes de secteurs et industries du transport se côtoyaient.
Voituriers indépendants, contractuels, chauffeurs
employés de
compagnies de transport ou d'agences, chauffeurs de vrac,
d'autobus et d'autres travailleurs de l'industrie ne faisaient
qu'un. Tous étaient là pour dire au gouvernement que leur
droit
de décider de leurs conditions de vie et de travail leur
revient.

Les porte-paroles du rassemblement Daniel Beaulieu et Lyne Gilbert
saluent avec
enthousiasme les centaines de camions qui passent devant
l'Assemblée
nationale
Le slogan « Assez, c'est assez »,
était le cri de
ralliement pour dire « n'en rajoutez pas, la coupe est
pleine ». Plusieurs discours, notamment, celui de Lyne
Gilbert, porte-parole de l'événement, et de Daniel
Beaulieu, un
des principaux organisateurs du rassemblement, ont traité de
l'importance des camionneurs pour l'économie et du besoin de
défendre le droit de vivre dans le respect et la dignité.
Suzan
Sidwell, une ancienne camionneuse accidentée du travail de
même
que d'autres intervenants du secteur ont aussi pris la parole.
Madame Sidwell a initié une pétition pour faire
reconnaître la
profession par le gouvernement fédéral. Les gens peuvent
la
signer jusqu'au 30 décembre 2016.[1] Les participants ont observé une
minute de silence en l'honneur de tous les camionneurs et
camionneuses du Québec morts au travail cette année.
Le rassemblement s'est terminé dans un climat de ferme
intention de poursuivre le mouvement jusqu'à ce que les
autorités
fédérales, y compris la Chambre des communes,
reconnaissent les
camionneurs comme des professionnels ayant des droits. Cette
reconnaissance doit avoir force de loi et répondre à la
demande
des camionneurs et de leurs familles d'avoir leur mot à dire et
de contrôler les décisions qui affectent leurs conditions
de vie
et de travail.
Note
1. Pétition au ministre des Transports

Mettons
fin à toute forme de violence envers
les femmes
Justice pour les femmes autochtones!
Le 22 novembre en début de soirée, près
de
500 personnes ont tenu une vigile à l'Esplanade de la Place des
arts à Montréal en appui aux
femmes autochtones et à la demande pour une commission
d'enquête publique au Québec sur
les relations entre les forces policières et les
Premières Nations. La vigile avait été
appelée
rapidement suite à la publication du rapport d'enquête du
Service de police de la Ville de
Montréal (SPVM) envers la police de Val d'Or, suite à la
dénonciation publique il y a un an
déjà de femmes autochtones de Val d'Or des abus et
violences sexuelles qu'elles subissent. Le
rapport a suscité beaucoup de rage et de colère dans la
communauté et partout au Québec, aucun policier n'ayant
été accusé. En fait, le rapport signifie
amèrement que les abus, intimidations et violences
sexuelles envers elles vont se poursuivre en toute impunité.
Des femmes
ont pris la parole malgré la peur de représailles et de
marginalisation pour elles et leur
famille. Justice doit être faite. Les organisatrices et
intervenantes ont
dénoncé tour à tour l'inhumanité du
rapport ainsi que la réponse du premier ministre Couillard qui,
au départ, maintient qu'il faut
s'appuyer sur l'enquête fédérale.
Elles ont salué la foule venue en grand nombre malgré un
froid intense et invité tout le monde à signer la
pétition en ligne qui exige la tenue d'une
enquête publique indépendante au Québec que les
femmes autochtones réclament depuis 2015. « Nous on
vous croit », a dit l'une d'entre elles en lien direct avec la
conclusion du rapport qui soulève même des
doutes envers les témoignages de ces femmes violentées.
Ellen Gabriel, activiste mohawk, a pris la parole à la
toute
fin de la vigile. Elle a parlé du rapport rendu public le 16
novembre
dernier de l'observatrice civile indépendante, Me Fannie
Lafontaine,
qui a clairement indiqué qu'il fallait une enquête
indépendante comme
le demandent les femmes autochtones de Val d'Or. « Il y a un
problème
de discrimination raciste et systémique dans notre
système de justice.
La déclaration des Nations unies reconnait le droit à
l'autodétermination des Premières Nations. Fin au
système colonial
contre notre peuple ! La justice doit être faite pour tout le
monde, »
a-t-elle dit, sous un tollé d'applaudissements.
Pour signer la pétition, cliquer ici.

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fin à la violence contre les femmes
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Rassemblement à midi
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