Chantier Politique

23 juin 2017

Numéro 19

Fête nationale du Québec et Solstice d'été à la veille de Canada 150

Des journées de célébration et de réflexion




 La Fête nationale du Québec
Le samedi 24 juin
www.fetenationale.quebec


Pow Wow international de Wendake
Du vendredi 30 juin au dimanche 2 juillet
Cercle de danse de Wendake, 100, boulevard Bastien, Wendake
Pour la liste complète des Pow Wow cliquer ici.


Pow Wow du Solstice d'été d'Ottawa
Du mardi 20 juin au dimanche 25 juin
Parc Vincent Massey, Territoire anishinabe algonquin non-cédé, Ottawa

Le gouvernement du Québec présente sa
« Politique d'affirmation du Québec et de relations canadiennes »

L'Accord du Lac Meech version réchauffée - de la tragédie à la farce


Fête nationale du Québec et Solstice d'été à la veille de Canada 150

Des journées de célébration et de réflexion


  Célébrations du Solstice d'été à Val d'or
(L'Écho abitibien)

Le 21 juin, les peuples autochtones tiennent des célébrations à l'échelle du pays pour marquer le Solstice d'été, une occasion connue officiellement depuis 1996 comme la Journée nationale des autochtones. Le Solstice d'été, le jour le plus long de l'année, est le moment où depuis les temps immémoriaux les peuples autochtones se rassemblent et commémorent l'événement.

Ces dernières années, la Journée nationale des autochtones a été aussi l'occasion pour les Premières Nations, les Métis et les Inuits de mener des actions pour affirmer leurs droits face aux arrangements coloniaux que le gouvernement fédéral continue d'imposer. Cette année n'a pas fait exception. Alors que le gouvernement marque Canada 150 sur un ton de célébration au moment où il impose un État policier pour tenir en échec la lutte du peuple pour ses droits, les Canadiens disent clairement que « Nos foyers sont en terre autochtone » et réclament que justice soit faite. Alors que le gouvernement Trudeau déclare que les questions constitutionnelles et historiques sont hors de notre portée, les peuples autochtones dénoncent le masquage de l'injustice historique et font valoir le besoin de réparations en pratique et non en mots seulement.

Le 24 juin, le peuple québécois célèbre sa Fête nationale. Au Québec, la célébration du Solstice d'été est « une manifestation d'échange et d'amitié entre les nations qui peuplent le Québec ». Les nations autochtones organisent un « Solstice des nations » comprenant une Cérémonie du feu pour le rapprochement des peuples vivant sur le territoire québécois » afin que « les braises de ce feu allument le feu de joie du Grand spectacle de la Fête nationale du Québec, sur les plaines d'Abraham ».


Ludger Duvernay et les membres de la société « Aide-toi, le ciel t'aidera » instituent le 24 juin comme Fète nationale du Québec. (www.fetenationale.qc.ca)

Il est bon de se rappeler cet objectif aujourd'hui alors que les pouvoirs de police de l'État reviennent à ce qu'ils étaient lorsque les Britanniques ont noyé dans le sang la nation naissante du Québec en 1837-1838. Sur la base de cette répression, ils ont créé ce qu'on appelle les institutions démocratiques où ce sont les mêmes pouvoirs de police qui ont défini les droits et le processus électoral qui prive toujours le peuple du pouvoir de se gouverner

Le patriote Ludger Duvernay était l'éditeur et le rédacteur du journal patriote La Minerve. Sous sa direction, la société qu'il a fondée a organisé, le 24 juin 1834, le banquet dans le jardin de l'avocat MacDonnell pour instituer la fête nationale des Canadiens de toutes origines. Aujourd'hui, nous disons des Québécois de toutes origines. Ce fut la première célébration tenue par le peuple de la nation naissante du Québec, où Duvernay, les patriotes, les députés patriotes et leur parti reconnaissaient le peuple en tant que « source primitive de toute autorité légitime ». Ils reconnaissaient donc la souveraineté du peuple

Cette célébration nationale inaugurée par Ludger Duvernay et les députés du Parti patriote tombait le même jour que la fête de la Saint-Jean Baptiste mais les deux événements étaient très différents. En fait, la fête de la Saint-Jean Baptiste avait été créée il y a fort longtemps par le roi de France et le haut clergé catholique dans les colonies de l'empire de la France pour s'opposer à la fête civile du solstice d'été le 21 juin, que célèbrent les nations autochtones.

Avec le Concile de Trente (1545-1563), l'Église avait tenté de christianiser cette coutume de la célébration de la lumière autour d'un grand feu de joie pour lui substituer une représentation de soumission en la personne de saint Jean, « l'agneau de Dieu ». Dans cette même lignée, en 1702, monseigneur de Saint-Vallier, dans son Catéchisme du diocèse de Québec à l'intention des Canadiens, signalait que l'Église catholique au Nouveau Monde (entendre dans les colonies de l'empire français) dit qu'il s'agit d'une cérémonie parfaite pourvu qu'on en bannisse les danses et les superstitions, sous-entendues les croyances des nations autochtones. Et ce n'est qu'en 1908 que le pape Pie X, supportant la division du peuple canadien en soi-disant « Canadiens-français » et « Canadiens-anglais » que voulait imposer l'empire britannique, décréta saint Jean Baptiste patron des « Canadiens-français ». Soixante ans plus tard, le 24 juin de 1968 et 1969, en pleine période de résurgence du mouvement pour l'indépendance du Québec et de la souveraineté du peuple, ce symbole de la division et de la soumission fut écarté de la scène et le peuple dansa à nouveau autour d'un grand feu de joie.

La célébration de la Fête nationale du peuple du Québec inclut la célébration des patriotes qui ont lutté pour l'indépendance face à l'Angleterre au milieu du 19e siècle, les Nelson, De Lorimier, Côté, Chénier, Duvernay, O'Callaghan, et plusieurs autres. Elle inclut la célébration de tous ceux qui ont épousé et continuent d'épouser la cause des patriotes du Québec et en particulier ceux qui sont résolus à élaborer un projet d'édification nationale conforme aux exigences de notre temps.


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Le gouvernement du Québec présente sa
« Politique d'affirmation du Québec et de relations canadiennes »

L'Accord du Lac Meech version réchauffée
- de la tragédie à la farce

Le 1er juin, le gouvernement Couillard a annoncé sa « Politique d'affirmation du Québec et de relations canadiennes ». Cette politique soi-disant nouvelle est une version réchauffée du « fédéralisme renouvelé » de Bourassa d'il y a 30 ans. Elle n'a d'autre but que de renforcer le statu quo en vertu duquel le Québec est intégré dans les institutions d'État anglo-canadiennes qui privent le peuple de son droit de gouverner. Cela n'empêche pas le gouvernement Couillard de prétendre qu'il vient d'inventer « la toute première politique du genre » et que son objectif est d' « affirmer le caractère national du Québec et son expression entière au Canada ».

L'essence de la politique c'est que nous sommes Québécois, et c'est notre façon d'être Canadiens. Selon le gouvernement, la politique va être mise en oeuvre en deux étapes. La première sera une période de « dialogue » avec les institutions de la société civile au Québec et au Canada pour promouvoir le « caractère national du Québec » et la contribution du Québec à la Confédération canadienne. Cette période de dialogue serait suivie d'une réouverture des pourparlers constitutionnels entre le Québec, les provinces et le gouvernement fédéral en vue de l'adoption des revendications que le gouvernement du Québec avait présentées à l'occasion de l'Accord du Lac Meech.

L'Accord du Lac Meech a mis la table pour cette tragédie pour le peuple où les changements constitutionnels allaient être décidés en secret et imposés par les gens au pouvoir afin de servir leurs propres intérêts, sans que le peuple ait aucun rôle à jouer. Il a été bloqué à la dernière minute le 22 juin 1990 par le député autochtone du Manitoba Elijah Harper, ce qui a mené à une crise politique pour l'élite dominante et son système. Cet accord a échoué, doit-on rappeler au premier ministre Couillard, mais son gouvernement ne s'acharne pas moins à ce que l'histoire se répète, comme une farce cette fois-ci.

Le premier ministre Justin Trudeau a tout de suite jeté une douche froide sur le projet. En conférence de presse à La Malbaie le 8 juin, il l'a écarté du revers de la main. « Je suis fier de cette réflexion qui nous amène à réfléchir à comment les Québécois peuvent encore plus se sentir chez eux au sein du pays », a-t-il dit. Il a ajouté que cela ne passe pas par des pourparlers constitutionnels. « On ne rouvre pas la Constitution », a-t-il dit.

Pendant ce temps, le ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne Jean-Marc Fournier, qui pilote le dossier, a dit :

« Monsieur le premier ministre, les moments que nous partageons aujourd'hui marquent une étape importante dans l'histoire de notre nation et ils donnent un nouvel élan à nos relations canadiennes.

« Je suis Québécois, et j'en suis fier.

« Je suis Québécois, et c'est ma façon d'être Canadien.

« Il y a dans cette expression tout le sens et l'essence de la participation du Québec à la fédération canadienne depuis ses premiers jours.

« Il y a dans cette formule l'expression de la pluralité d'appartenances qui caractérise notre identité :

« - une allégeance au Québec et une appartenance au Canada. »

Comprenne qui peut ce charabia sur l'appartenance et l'histoire, et « notre façon d'être Canadiens », il reste que le gouvernement du Québec ne traite pas de la question constitutionnelle sur une nouvelle base historique. Les torts historiques laissés par la Confédération et la Constitution doivent être réparés par la reconnaissance du droit du Québec à l'autodétermination, par la reconnaissance des droits ancestraux des peuples autochtones et par des relations de nation à nation et par l'enchâssement des droits de citoyenneté sur une base moderne.

Pour que cela se réalise, il faut élire une assemblée constituante afin qu'elle rédige une constitution moderne qui repose sur les principes modernes de citoyenneté et de droits et qui est adoptée par référendum. Les gens ne doivent pas permettre aux partis politiques et aux institutions de l'État de s'ingérer pour créer de l'hystérie contre les propositions qui enchâssent les droits des nations et investissent le peuple de la souveraineté. Au contraire, les gens doivent s'informer eux-mêmes et discuter largement de ces propositions et des principes qui sont en jeu. Les institutions actuelles qui sont qualifiées de démocratiques mais qui reposent sur ce qu'on appelle les « accommodements raisonnables » et l'assujettissement des droits du peuple aux « limites raisonnables » définies par les pouvoirs de police ne sont pas acceptables.

Tant que le gouvernement du Québec ne traitera pas de la question dans la perspective de réparer les torts historiques d'une façon qui correspond aux demandes de notre époque, mais va persister à mettre de l'avant des motivations étroites et intéressées, cette initiative va être un échec cuisant. Chose certaine, le gouvernement du Québec n'a ni le droit ni le mandat de signer la Constitution anti-peuple « rapatriée » de 1982 dans le dos du peuple. Couillard ferait bien d'y penser à deux fois.

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