Chantier Politique

20 décembre 2018

Numéro 13

Une lutte sans relâche des travailleurs marque l'année 2018 au Québec

Ensemble, multiplions les efforts à la défense
des droits de tous et toutes!

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À vous la parole
Une année marquée par la solidarité
- Clément Masse -
Une demande inacceptable aux cols blancs d'Aéroports de Montréal
- Yvon Barrière -

Mise au point
Le programme du governement Legault pour remplacer les immigrants par
des travailleurs étrangers temporaires est inacceptable


Nouvelles
Les négociations entre l'Alliance de la fonction publique du Canada
et le Conseil du Trésor sont dans une impasse


Événements importants
L'état des droits aujourd'hui
Commémoration en l'honneur des activistes et
défenseurs des droits humains

Vigoureuses actions pour dénoncer les déportations des
réfugiés haïtiens 

Annonce


Une lutte sans relâche des travailleurs marque l'année 2018 au Québec

Ensemble, multiplions les efforts à la défense
des droits de tous et toutes!


Manifestation le 20 novembre  2018 en appui aux travailleurs de l'aluminerie
d'ABI à Bécancour

En 2018, les travailleurs du Québec ont donné le ton pour que les travailleurs et le peuple rejettent l'offensive antisociale des riches et de leur gouvernement, défendent leur dignité et leurs droits et ne permettent pas que quiconque soit abandonné à son sort.

L'année 2018 a débuté avec le lockout des travailleurs de l'aluminerie ABI à Bécancour décrété par les propriétaires Alcoa/Rinto et, à l'orée de 2019, ce lockout persiste toujours. Les travailleurs d'ABI ont lutté et luttent encore sans relâche pour leur droit de négocier leurs conditions selon les revendications qu'ils mettent de l'avant. Ils affrontent à la fois le diktat du cartel de propriétaires et un gouvernement qui aide les propriétaires en les libérant de leurs responsabilités de payer leur bloc d'électricité pendant toute la durée du lockout. Face à ce cartel mondial, les travailleurs d'ABI et le Syndicat des Métallos ont entrepris de mobiliser la force des travailleurs du Québec et de plusieurs endroits au Canada et dans le monde pour les appuyer et lancer le clair message que le diktat de ces grands intérêts privés, appuyés par les gouvernements, ne sera pas accepté.

Les travailleurs de la construction ont poursuivi leur lutte courageuse contre l'imposition d'un régime policier dans l'industrie qui veut les forcer au silence et les criminaliser. Pendant ce temps, leurs conditions se détériorent, notamment leurs conditions de santé et de sécurité qui sont aussi celles du public.

Les infirmières du Québec ont mené des luttes courageuses pour briser le silence sur leurs conditions de travail et les conditions des patients qui se détériorent. Elles ont affronté l'omerta qui leur est imposée par le gouvernement et les administrations des établissements par des actions, des points de presse et d'autres interventions publiques.

Les travailleurs et travailleuses des postes dénoncent, avec l'appui massif des travailleurs et de la population, la loi de retour au travail du gouvernement Trudeau qui nie lâchement leur droit de négocier leurs conditions et les force à retourner au travail dans des conditions non sécuritaires et de plus en plus précaires auxquelles ils voulaient précisément s'attaquer par la négociation et leurs grèves tournantes.

Par leur lutte, les travailleurs font leurs réclamations à la valeur qu'ils produisent et rejettent le statut de « coût » pour la société et de simple groupe de lobbying ou d'intérêts spéciaux. C'est la position à laquelle les riches et leur gouvernement les réduisent et réduisent toute section du peuple qui présente ses revendications afin d'affirmer ses droits. C'est précisément en se battant pour leurs droits qu'ils sont capables de révéler ces fraudes, y compris la fraude d'un « Québec ouvert aux affaires » qui ne se ferait qu'au détriment des droits et du bien-être de tous.

Pendant l'année 2018, les femmes du Québec ont poursuivi leur lutte contre toutes les violences perpétrées contre elles et contre l'offensive antisociale des grands intérêts privés et des gouvernements qui frappe les femmes avec une violence extrême. Les étudiants ont poursuivi leur lutte pour leurs droits, terminant l'année avec des grèves pour la rémunération de leurs stages. Les Premières Nations ont poursuivi la lutte pour leurs droits ancestraux et issus de traité et la lutte s'est intensifiée par des actions multiples au Québec et dans le reste du Canada pour que cessent les assassinats et les disparitions des femmes et jeunes filles autochtones et pour que les gouvernements assument leurs responsabilités face à cette violence.

Des dizaines de milliers de personnes ont participé à des marches et d'autres actions à la défense de l'environnement qu'ils ont associées aux conditions de vie et à l'économie et au besoin de bâtir le pouvoir du peuple de décider lui-même de la direction de cette économie et des autres affaires qui le concernent.

C'est dans l'optique d'intensifier le travail et la lutte organisés pour la défense des droits de tous et de toutes que tous ensemble nous terminons 2018 et nous préparons à aborder la nouvelle année.

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À vous la parole

Une année marquée par la solidarité


Visite d'une délégation de l'Alliance de la fonction publique du Canada le 8 décembre 2018

L'année 2018 a été marquée par la solidarité. Nous avons commencé notre conflit au début de l'année. Et c'est un des plus gros exemples de solidarité que nous ayons vus au Québec.

Nous en sommes maintenant à environ 320 sections locales de syndicats qui nous appuient financièrement. Il y a des sections de l'Alliance de la fonction publique, de la CSN, de la Centrale des syndicats du Québec, de l'Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l'aérospatiale, et plusieurs autres. Chaque fois qu'une section locale nous appuie financièrement, nous plastifions son logo et nous le mettons sur notre tableau sur notre ligne de piquetage. Nous avons reçu de l'appui financier de sections locales de plusieurs endroits au Canada, de même que d'Australie et des États-Unis.

Je pense que cet élan de solidarité est le fait marquant de notre conflit. L'aspect de l'aide financière sensibilise l'ensemble des travailleurs. Ces gens-là qui nous donnent de l'argent sont allés en assemblée. Ce n'est pas facile parfois de demander à nos membres d'aider financièrement les groupes en conflit. Souvent les gens n'ont pas les structures syndicales qui sont faites pour que les exécutifs puissent donner de l'argent alors ils doivent aller devant leurs membres. Alors qu'on ait toutes ces sections locales qui sont allées devant leurs membres et que les membres aient accepté de nous aider, ça montre qu'ils ont été sensibilisés à notre conflit. Les gens sont personnellement touchés parce qu'ils prennent de l'argent dans leurs poches pour nous appuyer. Et parfois, ce sont des montants importants qui sont donnés, des dons de 10 $ à 20 $ par travailleur par semaine.

Je pense que c'est un mouvement qui va se poursuivre. Nous allons finir notre combat à un moment donné et quand il va y avoir un autre groupe de travailleurs qui sont en difficulté, cela va être plus facile de convaincre les gens d'appuyer ce groupe financièrement. Il est en train de se créer un mouvement dans ce sens-là.

Nous avons aussi apprécié le geste de Québec solidaire qui s'est mobilisé tout de suite au début du conflit en déposant une motion à l'Assemblée nationale en février, qui reconnaissait que le lockout a des impacts négatifs sur les travailleurs et sur l'économie de la région et demandait la reprise des négociations. La motion a été adoptée à l'unanimité. Ce n'était pas un geste électoral parce qu'on n'était pas encore en élection à ce moment-là.

Ce conflit a un impact économique important. On le voit aux réactions des intervenants économiques comme les maires, les préfets des Municipalités régionales de comté, les gens qui siègent sur les conseils qui s'occupent de l'économie régionale. Ils sont inquiets de l'impact du conflit sur les sous-traitants, les fournisseurs ou les commerces.

On s'aperçoit aussi qu'on vend notre électricité à du monde qui ne respecte pas le Québec. Cela fait plusieurs fois qu'Alcoa fait des menaces au gouvernement et le gouvernement n'a jamais été capable de signer des contrats qui les obligent à respecter les Québécois. On le voit parce qu'ils ont signé un contrat qui leur permet de ne pas payer leur électricité parce qu'ils nous ont mis en lockout. Le gouvernement ne ferait pas la même chose envers nous. Il ne nous permettrait pas de ne pas payer nos impôts parce qu'il s'est produit quelque chose dans notre vie. On ne parle pas ici d'un tremblement de terre ou d'un autre événement qui est hors de notre contrôle. Alcoa a signé un contrat avec le gouvernement en vertu duquel ils ont un bloc d'énergie qui leur est réservé, mais le gouvernement leur permet de ne pas le payer et de se soustraire à leurs obligations parce qu'ils nous ont mis en lockout. Le rapport de force est complètement déséquilibré. Cela est aussi un fait marquant de l'année. Le gouvernement doit penser aux travailleurs quand il négocie des contrats.

Un autre fait marquant c'est que, de plus en plus, les compagnies demandent des concessions. Anciennement, on arrivait à la table de négociation, le syndicat présentait ses demandes et l'employeur disait oui ou non. Maintenant c'est souvent l'employeur qui arrive avec plein de demandes, sur le régime de retraite, sur le mouvement de main-d'oeuvre et sur d'autres aspects. C'est un phénomène qu'on vit chez nous et qui se vit ailleurs. Souvent ce que les travailleurs essaient de faire c'est de maintenir leurs conditions. On est tout le temps en train de se battre pour garder ce qu'on a. Les compagnies agissent en général de la même manière maintenant. Ce n'est pas parce qu'elles ne font pas d'argent. Ce ne sont pas des compagnies qui sont en faillite. Regardez ce qui se passe à l'aéroport de Montréal. Ils font de l'argent en masse, mais ils essaient d'en faire encore plus en offrant le travail en sous-traitance.

On voit aussi de plus en plus de longs conflits, qui ne sont pas des grèves mais des lockouts décrétés par les entreprises.

Après près d'un an de lockout, nous demandons toujours une convention collective négociée qui va nous permettre de rentrer la tête haute.

Clément Masse est le président de la section locale 9700 du Syndicat des Métallos à ABI Bécancour.

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Une demande inacceptable aux cols blancs d'Aéroports de Montréal

Il se mène présentement une lutte difficile dans laquelle sont engagés 93 employés qui font partie de l'Unité des cols blancs d'Aéroports de Montréal, qui est affiliée à l'Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC). Ce sont des préposés à l'accueil et à l'information, des agents d'administration et de sécurité. Ce sont des employés qui travaillent au niveau administratif.

Auparavant, l'aéroport était administré sous juridiction fédérale, au sein du ministère des Transports. Depuis 1992, Aéroports de Montréal (ADM) est devenue une OSBL, une organisation sans but lucratif. L'Alliance de la fonction publique a amené les cols blancs à l'Alliance il y a environ 15 ans. Nous avons découvert, lors de la première négociation, un article de la convention qui existe depuis environ 1992, soit avant que les cols blancs soient syndiqués avec nous. Il s'agit de l'article 44, qui stipule grosso modo qu'à service égal, et à coût moindre, l'ADM se réserve le droit d'aller en sous-traitance. Elle doit le faire en collaboration et en partenariat avec le syndicat. Elle ne l'a pas fait.

Nous sommes persuadés qu'en catimini, sans nous le dire, l'ADM est allée en appel d'offres pour aller en sous-traitance. Cet appel d'offres a été officiellement lancé en août 2018 et le 28 novembre dernier, l'ADM nous a signifié qu'elle voulait avoir une contre-offre de nous qui équivaudrait à leur appel d'offre à la sous-traitance. Elle a fait un appel d'offre en deux volets, un qui vise 11 de nos employés et le second qui vise 82 employés, pour un total de 93. ADM demande une réduction de salaires et d'avantages sociaux de 28 % en ce qui concerne les 11 employés, et de 33 % en ce qui concerne les autres. Ce qui veut dire une baisse d'ensemble de 30 %. ADM nous demande de faire une contre-offre là-dessus.

Nous considérons en ce moment tous les aspects juridiques de ce dossier, nous déposons des plaintes et des griefs. Nous disons aussi à l'administration qu'elle fait beaucoup d'argent, qu'elle cherche à avoir la meilleure image possible au niveau des passagers et de l'expérience-client, et pour cela il faut des gens d'expérience. Les employés que nous représentons ont une moyenne de 12 à 15 ans d'expérience. Ils parlent deux, trois et même quatre langues.

Ces employés se sentent en désarroi, personne ne s'attendait à cela et l'administration veut qu'on lui présente une contre-offre le ou avant le 28 décembre 2018. Elle nous a donné 30 jours pour répondre. Cela n'a pas de sens et est contraire à toute logique. L'ADM va bien, sa dernière année financière est une des meilleures de son histoire.

Nous avons tenu une manifestation le dimanche le 16 décembre devant l'aéroport international Pierre-Elliot-Trudeau à laquelle une centaine de travailleurs ont participé pour protester contre cette demande injustifiée de l'administration. À part nos employés, il y avait d'autres travailleurs de l'aéroport, notamment des pompiers, des représentants de l'Alliance de la fonction publique et plusieurs représentants du Syndicat des Métallos. Il faut savoir que les Métallos ont tout près de 2000 membres qui travaillent à l'aéroport au niveau de la restauration, du taxi, ou comme bagagistes. Tous ces travailleurs-là nous appuient.

Quel est l'ordre du jour réel de l'ADM dans cette affaire ? Je ne pense pas que c'est le 1 million $ qu'ils disent vouloir économiser avec leur demande. Il me semble qu'ils veulent simplement fonctionner avec de la sous-traitance à tous les niveaux. C'est très mauvais pour le service. Dans leur objectif pour 2018-2019, ils parlent de créer une expérience-client agréable. On est loin de là vraiment avec ce qu'ils font à ceux qui fournissent le service.

C'est important de rejeter une telle diminution de salaires et d'avantages sociaux parce que, comme on le voit également avec la lutte des travailleurs d'ABI, accepter de telles choses ne ferait qu'ouvrir une porte à une ingérence sans scrupule et brutale des gestionnaires. Juste en bonis pour le conseil de gestion et le président, ils se sont versés 1 million de dollars en un an, le même montant qu'ils disent vouloir économiser en diminuant les salaires et les avantages sociaux de nos employés de 30 %.

Nous avons reçu un appui unanime des affiliés de la FTQ. Nous apprécions aussi beaucoup l'appui qui nous est donné sur les réseaux sociaux où les travailleurs appuient le combat des cols blancs de l'AFPC contre l'ADM. Nos membres ont besoin de tout l'appui possible pour qu'ils puissent se tenir debout devant cette adversité.

Yvon Barrière est le vice-président exécutif régional de l'AFPC-Québec.

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Mise au point

Le programme du governement Legault pour remplacer les immigrants par des travailleurs étrangers temporaires est inacceptable

Le gouvernement de François Legault a déclaré son intention d'intensifier le recours aux travailleurs étrangers temporaires en même temps qu'il mène une attaque contre l'immigration en disant que les Québécois sont anti-immigrants. En fait, il s'agit d'intensifier le recours à une catégorie de travailleurs, dont tous les droits en tant que travailleurs et êtres humains sont bafoués, pour abaisser les conditions de vie et de travail de l'ensemble des travailleurs.

Le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) est un programme fédéral qui comprend les sous-programmes suivants : le Programme d'aides familiaux résidants (PAFR), le Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) et une catégorie appelée Autres travailleurs étrangers temporaires (ATET).

Il est vraiment insidieux de la part du gouvernement Legault d'incorporer les travailleurs étrangers temporaires dans son plan d'immigration parce qu'ils ne font pas partie de la politique d'immigration du Canada. L'objectif officiel du programme est de répondre aux besoins dits temporaires en main-d'oeuvre en tant que dernier recours lorsqu'il n'y a pas de personnes ayant un statut de citoyen canadien ou de résident permanent pour pourvoir certains postes. En fait, les travailleurs étrangers temporaires viennent travailler au Canada depuis des décennies dans les emplois les moins rémunérés et dans les pires conditions, mais un frauduleux statut temporaire leur est donné pour les maintenir dans ces conditions et rendre très difficile leur accès à la résidence permanente.

Un article du 7 décembre du Devoir cite le directeur du Service d'orientation et d'intégration des immigrants au travail (SOIT), Jean-Claude Gélinas, à ce sujet : « On n'a pas de suivi concernant les travailleurs temporaires. Ces gens-là n'ont droit à aucun service. » Sans le travail acharné des organisations de défense qui prennent en main de défendre leur dignité et leurs droits de travailleurs, leurs seuls liens seraient avec leur employeur et l'agence qui les a recrutés.

C'est inacceptable. Nous allons poursuivre ce dossier pendant la nouvelle année.

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Nouvelles

Les négociations entre l'Alliance de la fonction publique du Canada et le Conseil du Trésor
sont dans une impasse

L'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) et le Conseil du Trésor négocient maintenant depuis juin 2018 et, selon le président national du syndicat Chris Aylward, les discussions ont été « essentiellement improductives ». Dans le bulletin du 10 décembre de l'Alliance, les dernières offres du gouvernement sont qualifiées d'« offensantes » et les négociations sont rompues.

On lit dans le bulletin :

« Après des mois de piétinement et d'offres insultantes, les équipes de négociation représentant 90 000 fonctionnaires ont déclaré l'impasse et demandé la mise sur pied d'une commission de l'intérêt public pour faire avancer les négociations. »[1]

Les négociateurs du syndicat mentionnent que le gouvernement propose 0,75 % d'augmentations salariales annuelles pendant quatre ans, ce qui est bien en dessous du taux d'inflation, et refuse que les augmentations s'appliquent rétroactivement dès le début de la période couverte par la convention collective. Il demande également que la nouvelle entente entre en vigueur seulement 365 jours après sa signature, ce qui se traduira essentiellement par un gel salarial de deux ans pour les membres de l'AFPC.

Aylward écrit : « Le gouvernement de Justin Trudeau n'est pas fichu de nous faire une offre sérieuse, alors que nos membres attendent toujours d'être payés correctement, presque trois ans après le lancement de Phénix. C'est scandaleux ! Il y a plus de six mois que nous essayons de convaincre le gouvernement de négocier de manière juste et respectueuse — de toute évidence, c'est l'impasse. »

Cette ronde de négociation mobilise quatre unités de négociation qui représentent 90 000 fonctionnaires : Services des programmes et de l'administration (PA), Services techniques (TC), Services de l'exploitation (SV), Enseignement et bibliothéconomie (EB).

En plus de la dispute sur les salaires qui selon le syndicat sont un sujet de grandes préoccupations, les travailleurs ont aussi des revendications concernent l'amélioration de la conciliation travail-vie personnelle, la charge de travail, les congés et le recours aux agences de placement temporaire.

Le communiqué de l'AFPC se termine avec ces mots : « Nous sommes contrariés et nous ne laisserons pas le gouvernement s'en tirer ainsi. Chaque jour, les membres de l'AFPC vont travailler, ne sachant pas s'ils seront payés correctement. Leurs conditions de travail doivent refléter leur dévouement et la valeur de leur travail. Nous ne baisserons pas les bras tant que nous n'obtiendrons pas des conditions de travail dignes de nos membres. »

Note

1. Cette commission de trois personnes est composée d'un président qui est nommé par la Commission des relations de travail et de l'emploi dans le secteur public fédéral (CRTESPF) et de représentants qui sont nommés par le gouvernement et le syndicat. Une fois que la Commission d'intérêt public a entendu les soumissions des deux parties sur les enjeux, elle émet son rapport final, lequel comprend ses recommandations de règlement qui ne sont pas exécutoires et doivent être soumises au président dans les 30 jours.

Sept jours après que cette commission ait soumis son rapport, le syndicat peut appeler le premier vote de grève.

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Événements importants

L'état des droits aujourd'hui


Diane Johnston s'adresse aux participants au nom du PMLQ.

Le dimanche 16 décembre, le Parti marxiste-léniniste du Québec a organisé une réunion en commémoration du 70e anniversaire de l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme et sur sa signification aujourd'hui. Les participants ont discuté de cette question en partant du présent, de comment les problèmes se posent dans le monde réel aujourd'hui et non comme des aspirations sans cesse illusoires qui permettent à ceux qui commettent la violation des droits de s'en tirer à bon compte.

Au nom du PMLQ, Diane Johnston a donné le ton en disant que « nous devons examiner sérieusement ce que les conditions économiques, politiques et sociales nous disent ». Elle a donné des exemples de ce qui se produit aux États-Unis et ici au Canada, où des milliers de personnes cherchent refuge à cause du chaos et de l'instabilité qui règnent dans leur pays et qui font face à l'armée et à la police qui ont reçu le pouvoir d'appliquer un ordre du jour décidé par une petite élite au pouvoir. Au Canada, le gouvernement Trudeau se prépare à adopter le projet de loi C-59 qui permettra la criminalisation de ceux qui se battent pour les droits tels que le droit à un environnement sain, à vivre dans la paix et la sécurité, ou le droit du peuple au Canada et ailleurs de décider de ses propres affaires et de vivre en paix et en sécurité.

Jennie-Laure Sully et Frantz André, porte-paroles du Comité d'action des personnes sans statut (CAPSS), ont traité de la sérieuse situation à laquelle les réfugiés haïtiens font face à cause des actions du gouvernement canadien. Le Canada continue de déporter un grand nombre de demandeurs d'asile haïtiens bien que Justin Trudeau ait déclaré en janvier 2017 que les réfugiés sont les bienvenus au Canada.


La porte-parole du CAPSS Jennie-Laure Sully parle de la lutte historique du peuple haïtien pour sa libération, en particulier du rôle que les femmes y ont joué. 

Lors d'un échange très animé, le porte-parole du CAPSS Frantz André explique la lutte du comité pour obtenir un moratoire sur la déportation des réfugiés haïtiens.

Une discussion très animée a suivi les présentations à laquelle tous ont participé, au sujet des conditions dont souffrent les travailleurs vulnérables aux mains des trafiquants de personnes et certaines des plus grandes compagnies au Québec qui les utilisent comme main-d'oeuvre à bon marché, violant leurs droits avec impunité. Les participants ont résolu de développer leur enquête sur ces enjeux pour faire en sorte que le travail qui est nécessaire pour défendre leurs droits soit intensifié.

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Commémoration en l'honneur des activistes
et défenseurs des droits humains

Le dimanche 9 décembre 2018, à l'occasion de la Journée internationale des droits de l'homme, le Centre d'appui aux Philippines a organisé un événement dans le quartier de Côte-des-Neiges, à Montréal, afin de célébrer « ceux qui se sont battus pour les droits humains fondamentaux aux Philippines, comme partout dans le monde. »

L'événement a été organisé pour honorer la mémoire des milliers d'activistes et de défenseurs des droits humains dévoués qui ont donné leur vie pour leur peuple et pour que règnent la vérité, la justice et une société plus humaine. C'était aussi une célébration de la vie, des héros et des héroïnes qui refusent d'être soumis face à la répression, aux menaces d'emprisonnement et de torture, et persistent à consacrer leur temps, leurs talents et leur vie à la cause de la justice sociale et aux changements fondamentaux dans leur pays respectif. L'événement comprenait de brefs discours, la lecture de poèmes et la prestation de chansons par des artistes locaux.

Marie Boti, au nom du Centre d'appui aux Philippines, a chaleureusement salué tout le monde. Un message a ensuite été lu sur la situation particulièrement dangereuse qui règne aux Philippines où le gouvernement Duterte, au pouvoir depuis 2016, mène trois guerres. La première, la guerre contre la drogue, a entraîné la mort de plus de 20 000 personnes, principalement des jeunes et des pauvres, par les soi-disant forces de l'ordre, depuis l'arrivée au pouvoir de Duterte en 2016. La seconde, la guerre contre les musulmans, a eu comme conséquence que 75 % des forces armées du pays ont été concentrées sur l'île de Mindanao pour écraser la résistance du peuple au pillage de leurs ressources et aux attaques contre leurs écoles et leurs communautés. La troisième guerre de Duterte est la guerre contre les forces révolutionnaires du pays parmi lesquelles le gouvernement inclut toutes les forces démocratiques nationales, y compris les défenseurs de la paix et les consultants impliqués dans les négociations de paix.

Les participants ont appris qu'à l'heure actuelle, il y a plus de 540 prisonniers politiques aux Philippines, dont la quasi-totalité sont détenus sous des chefs d'accusation inventés de toutes pièces. 


Maria Lorena Barros (illustration : Lorena Barros par England Hildago)

Les participants, tenant dans leurs mains de grandes images de ces personnes ciblées, ont prononcé de brefs discours sur la vie de certains de ces héros et héroïnes décédés aux Philippines, victimes des régimes Marcos et Duterte. L'une d'entre elles, Maria Lorena Barros (18 mars 1948 - 24 mars 1976) est une héroïne du mouvement féministe philippin. Elle a fondé MAKIBAKA, une organisation de femmes militantes juste avant que la loi martiale ne soit déclarée sous la dictature de Ferdinand Marcos. Elle est entrée dans la clandestinité et a ensuite été capturée, devenant une prisonnière politique reconnue. Elle s'est échappée pour se réfugier dans les régions rurales en tant que combattante et a été tuée lors d'une embuscade militaire à l'âge de 28 ans.

Jennie-Laure Sully, défenseure des droits des femmes, a présenté au nom du Comité d'action pour les personnes sans statut (CAPSS) un aperçu des 4 héroïnes courageuses de l'histoire haïtienne qui ont pavé la voie au progrès de leur pays. Elles sont Anacaona, Yvonne Hakim-Rimpel, Yanick Rigaud et Sonia Pierre.


De gauche à droite : Anacaona, Yvonne Hakim-Rimpel, Yanick Rigaud et Sonia Pierre

Anacaona, reine du peuple Taino, fut assassinée par les conquistadors espagnols en 1503 après avoir été capturée et avoir refusé de devenir une concubine. Yvonne Hakim-Rimpel, née à Haïti en 1906, était journaliste et s'est battue contre la dictature de Duvalier. Yanick Rigaud, une jeune communiste, a été tuée en 1969 par les sbires de Duvalier. Sonia Pierre, une avocate, s'est battue contre la République dominicaine qui privait ses citoyens d'origine haïtienne de leur citoyenneté.

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Vigoureuses actions pour dénoncer les déportations des réfugiés haïtiens


Montréal, 2 décembre

Le dimanche 2 décembre, des dizaines de personnes dont un grand nombre de la communauté haïtienne, se sont rassemblées devant les bureaux de circonscription du premier ministre Justin Trudeau au 1100 boulevard Crémazie Est à Montréal. D'un groupe de 50 personnes au tout début, le rassemblement a pris de plus en plus d'ampleur, les gens de la communauté appelant activement leurs amis et familles à joindre la manifestation. Le contingent a rapidement grossi pour atteindre le nombre de 200 personnes qui ont manifesté contre la déportation des demandeurs d'asile haïtiens.

Pendant deux heures et malgré une pluie glacée, ils ont scandé avec rythme et vigueur les slogans « Arrêtez les déportations ! », « Non aux déportations ! », « On travaille ici, on reste ici », arborant de multiples pancartes qui réclament justice pour les personnes sans statut d'origine haïtienne. Étaient aussi présents des représentants du NPD, de Québec solidaire ainsi que des activistes du Parti marxiste-léniniste du Québec.

La manifestation a été organisée face à la situation inhumaine qu'impose le gouvernement canadien aux demandeurs d'asile haïtiens. Elle faisait également partie des actions organisées le 21 juillet et 4 août derniers pour exiger un moratoire immédiat sur les déportations et la fin de celles-ci. À cause de la situation dangereuse qui prévaut actuellement en Haïti, le gouvernement invite les Canadiens à éviter de s'y rendre. Cependant, pour les demandeurs d'asile, il n'y aurait pas de problème. Un jour, le gouvernement déclare que les déportations doivent être interrompues et un autre il décide de les poursuivre. Si c'est dangereux pour les Canadiens, pourquoi n'est-ce pas dangereux pour les demandeurs d'asile ?  Le gouvernement canadien joue un rôle hypocrite et inacceptable de deux poids deux mesures. C'est pourquoi la manifestation du 2 décembre ainsi que les autres dénoncent le gouvernement canadien, exigent un moratoire immédiat et d'un an ainsi que la fin des déportations.


Manifestation le 2 décembre devant le bureau de circonscription du premier ministre Justin Trudeau pour s'opposer à la politique de deux poids deux mesures du gouvernement envers les demandeurs d'asile haïtiens.


Manifestation à Montréal le 21 juillet devant les bureaux d'Immigration Canada pour dénoncer le gouvernement canadien et exiger un moratoire immédiat contre les déportations


Manifestation du 4 août devant les bureaux d'Immigration Canada suite à la décision du gouvernement de créer le ministère de la « sécurité frontalière et de la réduction du crime organisé » faisant un faux lien entre les réfugiés et le crime organisé.

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Annonce

Avec ce numéro, Chantier politique termine sa publication pour 2018. Celle-ci reprendra le 10 janvier 2019. L'équipe de la rédaction vous souhaite de très belles fêtes!

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