Volume 2 Numéro 4 - 17 janvier 2014

Les chantiers de l'histoire


9 janvier 1927
Incendie du Laurier Palace
dans Hochelaga-Maisonneuve


Une plaque commémorative a été apposée sur le
mur de façade du nouveau bâtiment construit sur
l'emplacement même du Laurier Palace.

Le 9 janvier 1927, un terrible incendie se déclare au Laurier Palace, salle de cinéma située sur la rue Sainte-Catherine, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve à Montréal. Soixante-dix-huit enfants de 4 à 16 ans mourront, la plupart par piétinement à cause de la panique.

Des enquêtes sont menées par la Cour du Coroner, par le Bureau des magistrats de la police et par une Commission royale d'enquête afin de faire la lumière sur l'accident.

Le 30 août 1927, la commission conclut: « Non seulement le théâtre admettait-il des enfants non accompagnés de moins de 16 ans, mais on cherchait à les attirer. [...] La panique fut la cause principale du décès des 77 enfants qui périrent écrasés et asphyxiés dans le tournant des escaliers du balcon. »

Ameen Lawand, propriétaire, Michel Arie, gérant, et Camille Buzzy, contrôleur des billets, furent tous trois déclarés coupables d'homicides involontaires par la Cour d'Assises Criminelles en octobre 1927. Lawand fut condamné à deux ans de prison, Arie et Buzzy à un an chacun.

(Sources : Le Devoir, Archives de Montréal)

10 janvier 1910
Première parution
du quotidien Le Devoir


Première page du Devoir, 10 janvier 1910

Le 10 janvier 1910 paraît la première édition du Devoir, fondé par Henri Bourassa, petit-fils de Louis-Joseph Papineau. En 1899, Henri Bourassa démissionnait de son poste de député pour marquer son opposition à l'appui de Wilfrid Laurier, alors premier ministre du Canada, à la participation du Canada à la guerre des Boers. Il se fait réélire en 1900, toujours avec le Parti libéral. En 1908, il se lance en politique provinciale et est élu avec la Ligue nationaliste canadienne.

Le 10 janvier 1908, il fonde, avec des amis, la Publicité Limitée, précurseur du Devoir. Son programme est :

« enseigner au peuple canadien-français un patriotisme raisonné et agissant [...], former une classe dirigeante capable d'éclairer et de guider le peuple [...], créer et alimenter une opinion publique forte et libre [...], arrêter l'envahissement des fausses doctrines sociales et religieuses [...] par des réformes réelles et nécessaires qui prouvent au peuple que le catholicisme n'est l'ennemi d'aucun progrès véritable. »

(Sources: Le Devoir, Wikipédia, Les Cahiers du journalisme)

Janvier 1900
Des Québécois sont envoyés en Afrique du Sud
dans le contingent canadien pour servir
les ambitions coloniales de l'Angleterre

Au mois de janvier 1900, mille soldats du Royal Canadian Regiment sont envoyés par le premier ministre Laurier pour aider l'empire britannique à consolider son pouvoir colonial en Afrique du Sud dans la guerre des Boers. Deux des huit compagnies de 125 hommes sont recrutées au Québec. Des émeutes éclatent à Montréal à cause de l'opposition à la participation du Canada à cette guerre.

À la fin de cette guerre, plus de 7 300 soldats et 16 infirmières du Canada avaient embarqué pour l'Afrique du Sud et près de 270 y avaient perdu la vie, dont 12 Québécois.


À gauche: Monument au Carré Dorchester à Montréal. À droite, monument dans le Vieux-Québec où on peut lire:

« À ces fils de Québec qui ont donné leur vie dans l'Afrique du Sud en combattant pour l'Empire,A.D. 1899-1902 »

(Sources : Forces.gc.ca, GrandQuebec, UdeLaval)

1er janvier 1959
Triomphe de la Révolution cubaine

Le 1er janvier 2014 marque le 55e anniversaire de la Révolution cubaine. C'est le 1er janvier 1959 que le dictateur Batista, à la solde des États-Unis, est forcé de quitter le pouvoir et le peuple cubain, guidé par Fidel Castro, prend alors en main son avenir.

Depuis, les différentes administrations américaines qui se sont succédé ont imposé un blocus à Cuba, dénoncé ces 22 dernières années par une majorité de plus en plus grande des pays représentés à l'ONU. Cette année c'est 188 des 193 pays de l'ONU qui ont exigé la levée du blocus. Obama est pointé du doigt pour avoir renforcé le blocus, les amendes imposées à 30 entreprises américaines et étrangères pour leurs relations avec Cuba ayant atteint 2 446 milliards $ entre janvier et septembre 2013.

Le 1er janvier dernier, la commémoration de cet anniversaire a eu lieu à Santiago de Cuba où, voilà 55 ans, le commandant en chef Fidel Castro a dédié la révolution au bien-être du peuple. Devant des milliers de personnes, le président Raúl Castro a affirmé : « La révolution se poursuit, sans compromis avec personne, si ce n'est avec le peuple à qui elle doit sa victoire. »

Du 27 au 29 octobre cette année va se tenir la Troisième Rencontre de solidarité internationale avec Cuba à La Havane. Chantier politique appelle ses lecteurs à profiter de l'occasion pour aller à Cuba et exprimer leur appui au droit de Cuba de décider de son avenir et de s'opposer aux tentatives incessantes des États-Unis de l'annexer.


La Caballeria, cavaliers cubains brandissant le drapeau de la patrie sur une terre appartenant à une compagnie fruitière américaine. Photographie prise en 1960 par le célèbre photographe cubain Raúl Corrales Forno.

(Sources Le Marxiste-Léniniste, ONU, The Telegraph)

1er janvier 1804
Haïti proclame son indépendance

Le 1er janvier 1804, l'Acte de l'Indépendance de la République d'Haïti est promulgué, proclamant l'indépendance de l'État haïtien. Haïti devient ainsi la première république ayant défait à la fois le pouvoir colonial français et l'esclavagisme. Toussaint Louverture et Jean-Jacques Dessalines sont les dirigeants haïtiens qui, avec le peuple, ont établi la notion moderne des droits des citoyens, droits établis sur la base d'être un être humain et de l'appartenance au corps politique haïtien.


Jean-Jacques Dessalines et le
drapeau haïtien en 1804

La bataille pour affirmer la souveraineté du peuple haïtien n'a pas cessé depuis. Les puissances impérialistes, États-Unis et France en tête, avec la condamnable complicité du Canada, nient le droit de la République haïtienne de construire son avenir sans ingérence extérieure. Les Haïtiens, 210 ans après la proclamation de leur indépendance, s'organisent encore pour se défaire des soldats, des polices et des chantages économiques qui sont là pour lui nier leur droit d'être.

Le 1er janvier 2014, le journal Haïti Liberté présentait l'appel de la Coordination Dessalines en Haïti aujourd'hui:

À bas Martelly !
À bas la Minustah !
À bas l'occupation !
Aucune élection possible sous l'occupation !
Vive le peuple haïtien !

(Source: Le Marxiste-Léniniste, Haïti Liberté)

12 janvier 2010
Tremblement de terre en Haïti

Le 12 janvier 2010, le peuple haïtien fait de nouveau la preuve de sa grande résistance et de son courage en affrontant les conséquences d'un tremblement de terre d'une magnitude de 7 à 7,3 sur l'échelle de Richter. Plus de 200 000 personnes y ont trouvé la mort, des centaines de milliers d'autres ont été blessées et près de 2 millions d'Haïtiens sont devenus sans foyer. La rapide mobilisation internationale, dont celle des peuples du Canada et du Québec, s'est vite heurtée aux intérêts mesquins de pays comme les États-Unis, la France et le Canada.

Après avoir orchestré le coup d'État en 2004, forçant l'exil du président Jean-Bertrand Aristide, ces trois pays et d'autres puissances ont militarisé l'aide en Haïti et intensifié leur pillage de son économie. Le 10 janvier dernier, Frédéric Boisrond, sociologue québécois d'origine haïtienne, a dit que l'aide humanitaire représente avant tout des occasions d'affaires pour les entreprises des pays donateurs, puisque dépensée au Canada. Selon lui, près de 90 % de l'aide demeure dans l'économie canadienne.

Le peuple haïtien, avec le même esprit qu'en 1804, poursuit ses efforts pour se relever de la catastrophe naturelle et se défaire de ceux qui refusent l'affirmation de son droit d'affirmer sa maîtrise de la destinée de son pays.

(Source: Wikipedia, Canada Haïti Action)





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