Volume 2 Numéro 7 - 23 janvier 2014

Le Comité des arrêtés de Sherbrooke
s'indigne de la décision du juge Boisvert

Non à la persécution politique
au nom de la loi et l'ordre !

Le PMLQ prend fermement position contre la persécution politique à laquelle on assiste depuis deux ans contre ceux qui ont pris part au mouvement de protestation contre la hausse de 75 % des frais de scolarité au printemps 2012. Dans un communiqué du 20 janvier, le Comité des arrêtés de Sherbrooke dénonce la décision du juge Alain Boisvert de la cour municipale de Sherbrooke rendue le 16 janvier dernier dans le dossier de Nicolas Lachance-Barbeau, un étudiant de Sherbrooke accusé d'avoir organisé une manifestation au printemps 2012. Il est le premier étudiant au Québec à être condamné à payer une amende de 3765 $, soit la plus imposante amende émise lors des événements de 2012. L'ancien étudiant, qui travaille aujourd'hui dans le milieu communautaire, a été accusé d'avoir organisé une manifestation et d'avoir « occupé la chaussée ».

Un rassemblement a eu lieu devant l'hôtel de ville de Sherbrooke lundi matin pour protester contre ce jugement.

« Nous dénonçons le fait que cette décision fait porter à un seul individu la responsabilité imputée à une action collective dans un contexte de crise sociale exceptionnelle », dit le Comité des arrêtés dans son communiqué. Il rappelle aussi que la constitutionnalité de l'application de l'article 500.1 du Code de la sécurité routière dans le cadre de manifestations, sur lequel s'appuie ce jugement, est actuellement contestée par de nombreux groupes sociaux.

« Il est important de soulever qu'une telle décision a des conséquences majeures sur l'individu visé, qui subit un stress financier et psychologique, en plus d'avoir pour effet de décourager d'éventuelles mobilisations citoyennes, dit le Comité. Il faut aussi souligner que ce jugement s'inscrit dans un courant de répression judiciaire du mouvement étudiant à la grandeur du Québec. »

« C'est un message qui décourage très nettement la participation citoyenne pour revendiquer certaines idées et manifester son désaccord vis-à-vis certaines décisions politiques. C'est une arme légale qui mise sur la peur », a dit à la Presse canadienne Alex Gagnon, coporte-parole du Comité des arrêtés de Sherbrooke.

Le Comité des arrêtés fait un appel aux dons afin de garantir la défense des personnes arrêtées dans le cadre de la grève étudiante à Sherbrooke. Pour ce faire, il faut communiquer avec le comité à l'adresse suivante : fonds.arretes@gmail.com. Entre 80 et 100 personnes sont visées par divers recours juridiques à Sherbrooke, selon le comité.

Le Comité des arrêtés est un groupe de citoyens de divers horizons (université, cégep, communautaire, syndicat, autres) qui se sont réunis afin d'amasser des fonds et de centraliser les ressources pour la défense des personnes accusées et/ou arrêtées durant la grève étudiante de 2012 à Sherbrooke. « Notre objectif premier est de permettre aux personnes judiciarisées lors de ce mouvement social d'envergure d'obtenir un soutien financier et une représentation adéquate », dit le Comité.

Rappelons que, incapable de justifier son refus de discuter avec les jeunes qui s'étaient gagné l'appui de la vaste majorité de la population dans l'affirmation de leur droit d'apporter des solutions aux problèmes de la société, le gouvernement libéral avait d'abord recouru à une campagne de dénigrement des étudiants, puis à une violence policière débridée. Mais rien ne fit et le gouvernement Charest, plongé dans la crise, a dû convoquer une élection générale qui a mené à la défaite des libéraux et de Jean Charest personnellement.


(Source : Association pour une solidarité syndicale étudiante)





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