Volume 2 Numéro 19 - 11 février 2014


Un mois d'auditions publiques
sur le projet de loi nº 60

On s'approche maintenant de la fin du premier mois des auditions publiques sur le projet de loi 60, la Charte affirmant les valeurs de la laïcité et de neutralité religieuse de l'État ainsi que d'égalité entre les femmes et les hommes et encadrant les demandes d'accommodement, lesquelles ont débuté le 14 janvier. En date du 11 février, 52 interventions ont été faites aux auditions publiques et 17 autres sont prévues au calendrier d'ici le 20 février. Ensuite il y a deux semaines de relâche. À ce rythme, avec plus de 200 mémoires soumis à la Commission en plus des demandes d'intervention non accompagnées de mémoires, les auditions devraient se poursuivre jusqu'au-delà du mois d'avril. Les auditions pourraient être interrompues par la tenue d'une élection provinciale qui fait l'objet d'intenses rumeurs en ce moment.

Parmi les intervenants qui sont passés devant la Commission jusqu'à maintenant, on compte des individus parlant en leur propre nom, notamment une forte proportion d'enseignants, et des organisations diverses, organisations de promotion de la laïcité, de défense des droits des femmes, des droits sociaux et des minorités nationales, de représentants de juristes, sociétés d'histoire, etc.

 

   
Discussion sur le projet de loi
nº 60 sur la charte des valeurs

Les interventions sont de caractère divers, plusieurs discutent de la question de la laïcité de l'État au Québec, cherchent à lui donner une définition et discutent de ses origines et cherchent à voir ce que cela doit signifier dans la façon dont l'État se conduit. En général, le gouvernement et les partis politiques représentés à la Commission de même que les médias essaient de ramener le débat à une compilation de ceux qui sont pour et ceux qui sont contre la Charte. Et même là, la question est de plus en plus réduite à pour ou contre le port de signes dits religieux par les employés de l'État et comment la Charte va influencer le résultat des élections si celles-ci sont déclenchées.

Chantier politique n'approuve pas du tout cette façon de réduire la discussion à des objectifs étroits. Les audiences doivent être l'occasion d'avoir une discussion élargie et informée sur les questions fondamentales concernées et de tester les dogmes reçus. C'est seulement ainsi que tous ensemble on ouvrira la voie au progrès du Québec.



Une manifestation à Montréal réclame
50 000 logements sociaux en cinq ans
  


Le 9 février en début d'après-midi, près de 500 personnes ont marché dans les rues de Montréal pour exiger le financement de 50 000 logements sociaux en cinq ans au Québec. Des activistes en provenance de Québec, de l'Estrie, de la Mauricie, de la Montérégie, de l'Outaouais, de Montréal et de l'Abitibi-Témiscamingue répondaient ainsi à l'appel du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)qui réitère sa demande à l'approche du budget ou du possible déclenchement d'élections générales au Québec.

«Le gouvernement du Québec aurait les moyens de financer la réalisation de 50 000 nouveaux logements sociaux, s'il acceptait de mettre fin à des privilèges fiscaux qui ne profitent qu'aux mieux nantis et aux grandes entreprises», dit François Saillant, le coordonnateur du FRAPRU. Il propose notamment de réinstaurer la taxe sur le capital, abolie en 2011, dans le seul cas des banques et des autres institutions financières. Selon le FRAPRU, cette mesure, accompagnée d'un léger rehaussement du taux d'imposition de ces institutions, permettrait de dégager 600 millions $ de revenus additionnels par année. Ce serait suffisant pour faire passer le nombre de logements sociaux financés annuellement par le gouvernement québécois de 3000 à 10 000.

Pour témoigner de l'ampleur de la crise du logement, on a donné la parole à Bruce Gervais, coordonnateur de l'Association des locataires de l'Abitibi-Témiscamingue. « Chez nous, le taux de vacance des appartements se situe entre 0 et 1 %. Dans une ville comme Rouyn-Noranda par exemple, il y a 3500 logements à peu près. Donc, quand le taux est à 0,4 %, ça veut dire qu'il y a cinq logements de disponibles et ce ne sont pas les plus beaux ni les mieux chauffés », a-t-il expliqué.

Devant la perspective de déclenchement d'élections hâtives, possiblement avant le budget, Véronique Laflamme, organisatrice au FRAPRU, met pour sa part en garde les partis politiques contre la tentation de passer les problèmes de logement sous silence: « Le FRAPRU ne permettra pas que les partis ferment délibérément les yeux sur les besoins des 480 000 ménages locataires québécois qui consacrent plus que la norme de 30 % de leur revenu en loyer, dont 228 000 ménages qui en engloutissent plus de la moitié au détriment de leurs autres besoins essentiels.»

Puis le cortège s'est mis en branle pour emprunter la rue Sainte-Catherine. Les manifestants se sont arrêtés devant les trois banques ayant réalisé les plus importants profits l'an dernier pour y apposer, de manière symbolique, des avis de cotisation.

La manifestation s'est terminée devant les bureaux de la première ministre Pauline Marois au coin des rues McGill et Sherbrooke. L'organisatrice du FRAPRU a mentionné que l'organisme examinera de près le budget fédéral qui est dévoilé aujourd'hui, le 11 février. Le FRAPRU espère qu'Ottawa fera davantage d'efforts pour épauler le gouvernement du Québec en matière d'habitation et qu'il assurera la sauvegarde du parc de logements sociaux actuel.


À Montréal le 9 février 2014

CALENDRIER D'ÉVÉNEMENTS



  
    






Lisez Le chantier politique
Site web:  www.pmlq.qc.ca   Courriel: bureau@pmlq.qc.ca