Volume 2 Numéro 26 - 25 février 2014


Deuxième Colloque des partis émergents

Les partis émergents s'opposent à leur marginalisation et demandent des changements immédiats à la loi électorale


Les chefs des partis participants au 2e Colloque, de gauche à droite: Frank Malenfant, Parti des sans parti; Hugo St-Onge, Bloc Pot; Patricia Domingos, Parti Équitable; Pierre Chénier, Parti marxiste-léniniste du Québec; Guy Boivin, Équipe Autonomiste; et Paul Biron, Parti unité nationale

Le 2e Colloque des partis émergents s'est tenu le 22 février au cégep Maisonneuve, à Montréal. Six partis y ont participé, les mêmes qui avaient participé au premier tenu à Québec le 2 novembre dernier (voir le reportage dans le numéro du 4 novembre 2013 de Chantier politique. Ce sont: Bloc Pot, Équipe Autonomiste, Parti Équitable, Parti des sans parti, Parti unité nationale et Parti marxiste-léniniste du Québec, qui était l'organisation hôte cette fois-ci. D'autres partis qui n'ont pu être présents au colloque ont demandé à être tenus au courant des développements.

Le thème de la journée était le processus électoral et la Loi électorale du Québec et l'expérience qu'en ont les partis émergents. Les participants ont échangé leurs opinions et formulé des propositions sur les changements à apporter au processus électoral et à la Loi électorale pour contrer la discrimination dont sont victimes les partis émergents et les électeurs dans le processus électoral. Rappelons que le colloque considère comme parti émergent tout parti politique autorisé par le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) qui n'a pas de représentation à l'Assemblée nationale. Il y a présentement 20 partis autorisés par le DGEQ au Québec, dont 16 partis émergents.

Le format de la journée avait été organisé de telle sorte que le matin était consacré aux échanges entre les partis après que chacun d'entre eux eut présenté ses points de vue et la partie publique avait lieu dans l'après-midi.


Des résolutions

Après une période d'échanges des plus vivantes entre les partis, le colloque a adopté les résolutions suivantes:

1. Le 2e Colloque des partis émergents réuni à Montréal le 22 février déclare ce qui suit:

Les partis suivants: Bloc Pot, Équipe Autonomiste, Parti Équitable, Parti marxiste-léniniste du Québec, Parti des sans parti et Parti unité nationale, demandent la publication d'un fascicule par le DGEQ présentant:

- les noms et logos de tous les partis autorisés aux élections

- le programme de chacun des partis présenté par eux-mêmes avec le même espace alloué dans le fascicule pour chacun des partis.

Les partis demandent que le fascicule soit distribué dans chaque foyer, à tous les électeurs.

Sur cette résolution, un projet de modification à la Loi électorale sera aussi préparé par un membre de Équipe autonomiste. Après approbation des partis présents au Colloque, le projet de modification sera présenté à un député pour qu'il soit présenté à l'Assemblée nationale.

Un lieu d'échange interne sera aussi initié par le Parti des sans parti pour que les partis communiquent entre eux entre les colloques.

2. Le 2e Colloque demande que la validation des signatures d'électeurs dans la Déclaration de candidature soit faite sur la base que le signataire est électeur résidant dans la circonscription et non pas qu'il doit être sur la liste électorale permanente.

3. Le prochain colloque des partis émergents aura lieu le samedi 17 mai. L'hôte sera le Bloc Pot.

Une discussion franche et vive

La discussion a abordé plusieurs sujets. Les participants ont fait valoir que la discrimination que le processus électoral et les médias exercent contre les partis émergents est la manifestation d'un problème avec la démocratie au Québec, puisque les électeurs n'ont même pas le droit de savoir qui se présente, candidats ou partis, ce qu'ils ont à dire, et l'impression est donnée qu'il y a seulement quatre partis au Québec. Dans ces conditions, parler d'un vote informé est impossible au départ.

Les partis ont donné plusieurs exemples des embûches qui sont faites à leur participation aux élections par la Loi électorale. Ils ont parlé des problèmes rencontrés dans le processus menant à la reconnaissance officielle des candidats. Ainsi, tous les candidats doivent recueillir l'appui de 100 électeurs de la circonscription sur la Déclaration de candidature. Mais voilà qu'un grand nombre des signatures ainsi recueillies sont rejetées, ou bien parce que le nom du signataire ne se trouve pas sur la liste électorale permanente, même s'il est bel et bien électeur et habite dans la circonscription, ou bien parce qu'il ne signe pas son nom exactement comme il est écrit sur cette liste (ex. : St-Cyr ou St Cyr).

Comme l'a dit un représentant d'un des partis, « ce qui est censé être une expression d'appui populaire est transformé en un exercice bureaucratique ». « C'est une discrimination pas juste contre nous, mais contre l'électeur lui-même », a dit un autre.

La question de l'inégalité des ressources pour les candidats et les partis a aussi été abordée. La Loi électorale parle de libre participation des électeurs au choix du gouvernement et d'équité et de transparence pour tous les partis dans le processus électoral, mais la réalité est toute autre, ont dit les partis. Sans l'égalité des ressources, par exemple en ce qui concerne l'accès des électeurs à l'information et l'accès des partis et candidats aux médias, comment peut-on même parler d'égalité politique ? C'est la richesse, le pouvoir et le privilège qui dominent sans partage.

C'est dans ce sens que les partis demandent la production d'un fascicule par le DGEQ dans lequel un espace égal est accordé à un message écrit par chaque parti et qui est envoyé à chaque foyer. C'est une façon de faire une brèche contre l'inégalité des ressources, mais évidemment pas la seule. On a discuté par exemple du temps d'antenne, que tout temps d'antenne mis à la disposition des partis devrait être mis en temps égal à la disposition de tous.

Les participants se sont aussi arrêtés sur le besoin de consolider le travail des partis émergents. Quelle forme servira le mieux les besoins actuels, au niveau où le travail en est rendu, pour percer le mur de la marginalisation dans le processus politique au Québec ? Les partis apprécient pouvoir garder toute leur indépendance et en même temps travailler ensemble sur les décisions qu'ils ont prises en commun. Comment se tenir en contact entre les colloques ? Les partis vont continuer à y réfléchir et ce colloque a adopté la proposition du Parti des sans parti sur la préparation d'un site Google d'échange entre les partis.

Dans l'élan des discussions et des résolutions, plusieurs autres projets et suggestions d'actions possibles ont été présentés pour garder l'initiative entre nos mains: faire circuler une pétition via Avaaz pour l'obtention du fascicule présentant le programme de tous les partis; publier les résolutions adoptées pour les présenter aux électeurs que chaque parti rencontrera durant les élections; produire notre propre fascicule présentant les partis émergents (avec nom et logo du parti et le programme, avec le même espace alloué à chaque parti) qui serait disponible sur nos sites respectifs, envoyés dans nos réseaux et remis en main propre. Le fascicule devra évidemment porter l'autorisation de l'agent officiel des partis, pour être conforme à la Loi électorale.

Visiblement, il ressort de ce deuxième colloque que les partis émergents sont déterminés à obtenir des changements concrets qui rendront le paysage politique au Québec plus favorable à leur participation et plus à l'avantage des électeurs.

À la fin de la rencontre, les partis et participants étaient fiers d'avoir tenu ce 2e colloque, riche en échanges, et d'avoir pu adopter des résolutions qui mettent sur la table du travail commun à faire.


Les participants au Deuxième Colloque des partis émergents à Montréal le 22 février dernier


À titre d'information

Les 20 partis politiques autorisés par
le Directeur général des élections du Québec

Voici la liste des 20 partis politiques autorisés par le DGEQ et la date de leur autorisation.



 

  
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