Volume 2 Numéro 59 - 9 avril 2014



Discussion sur les résultats de l'élection du 7 avril

Une défaite ou une victoire?

La pression des médias monopolisés et du système électoral et politique voudrait que tous se prononcent sur le résultat des élections en fonction d'une victoire ou d'une défaite. Il y aurait des gagnants et des perdants. S'obliger à définir des gagnants et des perdants dans le système actuel, c'est s'infliger le rôle de spectateurs pour les quatre prochaines années.

Il est vrai que, sur papier, le Parti libéral du Québec (PLQ) est sorti vainqueur de ces élections en obtenant une majorité de 70 sièges à l'Assemblée nationale. Par contre, quelle est la signification de cette «victoire» libérale? Sans «coup électoral», les cercles dominants sont devant l'impossibilité d'imposer sans équivoque leurs champions. Les élites économiques se sont félicités d'obtenir «enfin de la stabilité» avec l'élection d'un gouvernement libéral majoritaire. Nous verrons bien les développements politiques dans les prochains mois et années, mais une réalité demeure: les politiques néolibérales amènent l'instabilité et le chaos dans la société.

Autant le résultat des élections est négatif pour le Québec, un gouvernement majoritaire libéral, autant il faut faire l'effort d'éviter les conclusions émotives et blâmer le peuple. La réalité est que seulement 30% du total des personnes ayant droit de vote ont voté pour le PLQ, et seulement 47% pour le gouvernement libéral et l'opposition péquiste pris ensemble. C'est ce qu'il faut blâmer et changer, c'est le système politique et électoral qui nous divise et nous impose des institutions antidémocratiques et archaïques.

Ces résultats placent les travailleurs et le peuple devant la nécessité historique de tenir leurs propres discussions selon leurs propres bases. Il nous faut renouveler le système électoral et politique sur la base que les travailleurs et le peuple doivent être maîtres de l'ordre du jour dans la société. La classe ouvrière doit mener l'ensemble du peuple à mettre de l'avant son propre projet d'édification nationale qui place l'humain au centre de l'économie.

Donnons-nous les quatre prochaines années pour en finir avec le système des institutions antidémocratiques et vétustes. Ensemble, bâtissons les Commissions sur l'avenir du Québec!

 


La défaite humiliante du PQ

Le Parti québécois (PQ) a subi une grande défaite à l'élection du 7 avril, ce qui a mené à la démission de la chef du PQ, Pauline Marois, qui a même perdu son siège dans Charlevoix-Côte-de-Beaupré. Pauline Marois était la première femme à occuper le poste de premier ministre dans l'histoire du Québec. Ses 18 mois de gouvernement minoritaire ont aussi été les plus brefs de l'histoire du Québec et c'est Pauline Marois elle-même qui y a mis fin en appelant l'élection. Le PQ a recueilli seulement 25,4 % des voix, le plus faible taux depuis sa première campagne électorale en 1970.

Plusieurs ministres du Parti québécois ont été défaits : Bertrand St-Arnaud (Chambly), Yves-François Blanchet (Johnson), Réjean Hébert (Saint- François), Diane De Courcy (Crémazie), Pierre Duchesne (Borduas) et Élizabeth Larouche (Abitibi-Est).

L'ancien président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) Léo Bureau-Blouin a perdu son siège à Laval-des-Rapides et l'ancienne présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, qui se présentait pour la première fois, n'a pas été élue dans Groulx.

Le PQ a perdu deux sièges sur l'île de Montréal, soit Crémazie aux libéraux et Sainte-Marie-Saint-Jacques à la candidate de Québec Solidaire Manon Massé. Celle-ci l'a remporté sur le candidat libéral avec 91 voix, tandis que le candidat péquiste est arrivé troisième.

À la dissolution de l'Assemblée nationale, le Parti libéral avait 20 circonscriptions sur l'île de Montréal, le PQ et Québec Solidaire(QS) respectivement 6 et 2. Les libéraux en ont maintenant 21, le PQ 4 et QS 3.

Selon le journal La Presse, « Pauline Marois avait misé gros sur la Mauricie et le Centre-du-Québec, où sa caravane s'est arrêtée à maintes reprises. Or, la Mauricie est passée en entier dans le camp libéral et le Centre-du-Québec, à la CAQ.

« Dans le 450, où Pauline Marois a également concentré ses efforts, le PQ a perdu des circonscriptions au lieu d'en gagner. La CAQ s'est emparée de Mirabel, Deux-Montagnes et Chambly, par exemple.

« Au cours de la campagne électorale, Pauline Marois n'a pas mis les pieds dans les régions éloignées, où son parti avait fait un balayage en 2012. Or, les circonscriptions d'Abitibi-Est, de Dubuc, des Îles-de-la-Madeleine et de Roberval (la circonscription de Philippe Couillard) ont basculé dans le camp libéral. »

Selon La Presse, trois prétendants se seraient immédiatement avancés pour remplacer Pauline Marois comme chef du PQ : Pierre Karl Péladeau, Jean-François Lisée et Bernard Drainville.




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Christian Legeais, agent officiel du Parti marxiste-léniniste du Québec