Volume 2 Numéro 65 - 21 avril 2014


De la boîte à courriel

Le problème des promesses électorales
en matière d'économie

Les promesses électorales en matière d'économie sont un des traits essentiels des élections dans le système actuel et l'élection du 7 avril n'y fait pas exception. Philippe Couillard s'est fait le champion déclaré de l'économie et sa campagne a été marquée par des visites éclairs dans différentes régions avec amples promesses économiques. Aux gens du Lac Saint-Jean (il était lui-même candidat dans Roberval), il a promis la relance de l'industrie forestière par l'accroissement de l'investissement de fonds publics dans l'industrie et s'est engagé à créer un ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs. Aux gens de l'Abitibi et de la Côte Nord, il a promis le «Plan Nord +» en faisant miroiter la multiplication de l'investissement privé qui se produira par la magie d'un changement de gouvernement et l'accélération des projets de fonds publics dans les infrastructures pour servir les investisseurs privés. Dans les deux cas, il a joué sur l'insécurité économique que vivent les régions pour mousser son élection et a repris le vieil arsenal de la basse politique en disant aux électeurs du Lac Saint-Jean que d'avoir un premier ministre dans la région veut dire qu'ils auront l'oreille du gouvernement.

Les promesses électorales ne laissent rien dans les mains des électeurs parce qu'elles sont faites avec impunité. Il n'y a pas de mécanisme qui donne au peuple le pouvoir d'élaborer le contenu, de préciser ce que ces promesses veulent dire. L'élection n'est pas organisée pour qu'on fasse le bilan de ce qu'a fait le gouvernement, sans parler des problèmes auxquels la société est confrontée et qui ont besoin de solution. Chose tout aussi importante cependant, ces promesses économiques sont un saut dans l'inconnu en ce qui concerne les retombées qui sont promises, que ce soit l'investissement privé, les emplois et le développement économique des régions. La seule chose qui est certaine est que les fonds publics seront détournés à coups de milliards de dollars pour attirer et servir les investisseurs monopolistes. Ça, ça n'est pas une promesse.

Dans ses visites Couillard a blâmé le Parti québécois pour l'incertitude économique qui frappe les régions minières. Il a parlé du PQ qui a « joué les matamores » devant les minières et il a promis que les libéraux vont « refaire le pèlerinage » auprès des investisseurs internationaux. Or, l'Institut de la Statistique du Québec a révélé en février 2014 que les investissements miniers ont connu un recul pour la première fois en dix ans en 2013, pour s'établir à 3,25 G$, soit une baisse de 36,7 %. Pour 2014, le niveau des investissements s'annonce similaire à 2013, selon les intentions exprimées par les compagnies minières. Plus de 95% des investissements réalisés en 2013 ont été effectués dans le triangle minier formé des régions de l'Abitibi-Témiscamingue, de la Côte-Nord et du Nord-du-Québec. Toutes ces régions affichent toutes des baisses par rapport à 2012.

La promesse électorale est un aveu d'absence de contrôle sur les conditions économiques et du désir de les transformer dans un sens qui soit favorable au peuple. On ne fait que se positionner pour obtenir le résultat électoral recherché et on a tout l'appareil gouvernemental et médiatique pour imposer le diktat qu'on ne peut rien faire d'autre que de payer les riches. Couillard n'a rien à dire au sujet de la construction d'une économie qui ne serait pas soumise aux aléas des marchés mondiaux et qui trouverait sa force motrice dans la satisfaction des besoins du peuple et il ne va pas démissionner si son plan ne produit pas la stabilité promise aux régions.

La période qui vient constitue un grand chantier de travail pour nous pour démontrer qu'une économie prosociale est possible et nécessaire.





Lisez Le chantier politique
Site web:  www.pmlq.qc.ca   Courriel: bureau@pmlq.qc.ca