Volume 2 Numéro 66 - 22 avril 2014

L'Assemblée nationale reprend ses travaux le 6 mai

Suite à l'élection du 7 avril qui a produit un gouvernement libéral majoritaire, l'Assemblée nationale reprendra ses travaux le 6 mai prochain, avec la composition suivante: 70 députés du Parti libéral du Québec, 30 du Parti québécois, 22 de la Coalition Avenir Québec et 3 de Québec solidaire. Demain le 23 avril, le premier ministre Philippe Couillard annoncera la composition de son Conseil des ministres. Le lendemain, il rencontrera Stephen Harper, le premier ministre du Canada.

M. Harper a déclaré à la presse que les Québécois « veulent un gouvernement qui soit axé sur l'économie et la création d'emplois ajoutant: « Nous partageons ces priorités et nous attendons avec impatience de travailler avec ce nouveau premier ministre. » Pour sa part, M. Couillard a promis de faire du Québec « un leader et un partenaire très actif au sein de la fédération canadienne ». « Nous croyons que notre pleine participation à la fédération canadienne contribue au succès du Québec », a-t-il dit.

Il faut se rappeler que Harper avait nommé Philippe Couillard à un poste dans l'appareil fédéral en juin 2010, deux ans après qu'il eut quitté le gouvernement Charest. M. Couillard avait été nommé membre du Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité (CSARS), un organisme qui surveille les activités du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS).


À quoi peut-on s'attendre avec
la réouverture de l'Assemblée nationale?

Pendant la campagne, Philippe Couillard s'est engagé à présenter un nouveau budget 2014-2015 à la session qui vient, quelque part en juin. Son budget, a-t-il dit, sera à l'enseigne de la relance économique et de la gestion rigoureuse des dépenses.

Le premier ministre a prévenu que le Québec va vraisemblablement faire face à un trou budgétaire plus grand que celui qu'avait prévu le gouvernement du Parti québécois dans sa présentation de son budget 2014-2015, maintenant rendu caduque par sa défaite électorale. C'est le genre d'excuse qu'utilisent les gouvernements quand ils arrivent au pouvoir pour justifier les compressions dans les programmes sociaux et les services publics et renier leurs promesses, telle que celle d'abolir la taxe santé instituée par les libéraux.

Le gouvernement du PQ avait établi à 2,5 milliards $ le déficit budgétaire pour l'année 2013-2014, mais le premier ministre Couillard prédit qu'il se chiffrera plutôt autour de 3,3 milliards $. Faisant à son tour du déficit la cause célèbre, hors contexte, sans dire où va l'argent public qui cause le déficit, sans dire qu'une bonne partie sert à payer les riches et non pas à soutenir les programmes sociaux, le premier ministre a maintenu néanmoins sa promesse originale de produire un budget sans déficit pour l'année 2015-2016.

Pendant la campagne électorale, le Parti libéral s'est engagé à réduire les dépenses du gouvernement de près de 1 milliard $ dans l'année qui vient. Il prévoit trouver plus de 900 millions $ à couper dans ce qu'il appelle la bureaucratie dans l'éducation, la santé et les sociétés d'État. Selon le cadre financier présenté par le Parti libéral durant la campagne, cela comprend des coupures de 100 millions $ dans la santé, 22,5 millions $ dans l'éducation, 200 millions $ dans les sociétés d'État et 600 millions $ en coupures non identifiées qui, selon le premier ministre, seront trouvées par des mesures de révision de programmes.

En plus des coupures immédiates, le Parti libéral a annoncé une réduction de 10 % ce qu'il appelle la bureaucratie dans le secteur de la santé, ce qui sera fait notamment en ne comblant pas les départs à la retraite. Comme il est de mise chez les gouvernements de l'offensive antisociale, le gouvernement Couillard déclare faire une distinction entre le personnel d'encadrement et le personnel directement affecté aux services. Il affirme qu'il « e touchera pas aux services » et qu'il va même les augmenter. C'est cette même logique que donne actuellement le gouvernement Harper pour décimer la fonction publique fédérale.

En éducation, le PLQ a promis l'abolition de 620 postes sur cinq ans au ministère et dans le réseau.

En plus, M. Couillard parle de mesures dites de relance économique. Les deux mesures qui sont mentionnées en ce moment sont la mise en place d'un crédit d'impôt pour la rénovation domiciliaire et l'augmentation des investissements dans les infrastructures, notamment dans le Plan Nord appelé maintenant « Plan Nord + ».

Le premier ministre affirme aussi que la croissance économique au Québec va reprendre dès la première année de son mandat parce que les investisseurs internationaux vont voir que le Québec est à nouveau ouvert aux investissements maintenant que le Parti québécois a été défait.

Mis à part les questions économiques, on s'attend à ce que le gouvernement Couillard fasse adopter le projet de loi 52 sur les soins de fin de vie qui avait été présenté par le gouvernement du Parti québécois.

La question de la Charte des valeurs pourrait refaire surface dès cette session, le Parti libéral ayant parlé de faire adopter une version « moins contraignante » de la charte qui reposerait sur un consensus des partis à l'Assemblée nationale. « Nous allons légiférer sur cette question, avait dit Philippe Couillard pendant la campagne. Et, en fait, on y retrouvera les éléments qui font consensus, qu'on aurait pu adopter déjà auparavant, sur l'encadrement des accommodements, le visage découvert, la question de la neutralité de l'État dans la Charte des droits, la protection de notre patrimoine historique, dont notre patrimoine religieux, et les dispositions spécifiques sur la lutte contre l'intégrisme. »

Mesures antiouvrières

Il faut se souvenir aussi que la loi spéciale de retour au travail contre les 77 000 travailleurs en grève de la construction du secteur industriel, commercial et institutionnel arrive à terme le 30 juin prochain. Elle avait été adoptée le 30 juin dernier pour briser la grève de ces travailleurs contre les demandes de concessions des entreprises (les autres secteurs de la construction avaient signé de nouvelles conventions). Elle reconduisait leur convention collective pour un an avec une augmentation de salaire de 2 %. Les travailleurs vont se retrouver en position de grève légale à ce moment-là (et les employeurs en position de lockout) si une nouvelle convention collective n'est pas signée d'ici-là.

Pour masquer la corruption et la collusion qui existe entre lui, les entreprises et les firmes de génie-conseil et attaquer la syndicalisation dans le secteur, le Parti libéral accuse les travailleurs de la construction de faire de l'intimidation et de la violence. C'est inacceptable.

Il faudra voir aussi comment va se jouer pendant la session la question de l'intégrité alors que la Commission Charbonneau poursuit ses travaux et que l'ombre de l'Unité permanente anti-corruption (UPAC) plane sur l'assemblée.

L'assermentation des députés libéraux s'est faite au milieu d'une campagne médiatique selon laquelle d'anciennes hautes personnalités et d'anciens ministres du Parti libéral seraient dans la mire de l'UPAC pour financement illégal du Parti libéral.





Lisez Le chantier politique
Site web:  www.pmlq.qc.ca   Courriel: bureau@pmlq.qc.ca