Volume 2 Numéro 67 - 23 avril 2014

Discussion sur le résultat de l'élection du 7 avril

La souveraineté est un élément indispensable
de la stabilité pour le Québec

Un des arguments forts de la campagne électorale qui s'est terminée le 7 avril dernier était que la souveraineté est un élément d'instabilité politique et économique et qu'on peut et doit éviter le sujet à tout prix. Même un enfant verrait qu'on nous cache quelque chose quand on nous dit que l'idée d'avoir le contrôle sur notre économie, nos ressources naturelles et nos institutions politiques est cause d'instabilité. L'instabilité pour qui ? Les crises économiques et l'offensive antisociale minent les conditions de vie et accroissent l'insécurité du peuple depuis des années au Québec. C'est un fait. Pourtant on s'acharne à nous faire croire qu'un peuple qui prend contrôle de ses affaires et qui exige que ses ressources, son travail et ses institutions politiques et sociales servent son bien-être est la chose la plus déstabilisante qui soit.

On nous sert régulièrement l'argument que le Québec s'endette parce que le peuple a des besoins en biens et services qui dépassent ses moyens. Ainsi, couper dans la santé et l'éducation, hausser les frais de tout genre et réduire le bien public serait justifiable. On dit même que les services s'amélioreront. Est-ce vrai que les programmes et les services publics sont la source de l'endettement du Québec ? Le fait d'avoir une population instruite et en santé n'ajoute-t-il pas à notre capacité de créer la richesse ? Que les gouvernements successifs puissent affirmer que le Québec vit au-dessus de ses moyens, que son économie ne peut répondre à ses besoins ou encore que la source de la dette est un mystère est un des exemples réels du manque de contrôle du peuple sur les affaires qui le concernent.

En Montérégie, le besoin de développement des infrastructures industrielles le long de l'autoroute 30 et la nécessité de protéger les zones agricoles sont des questions essentielles pour les gens de la région, pour ne prendre que cet exemple. Qui en bout de ligne va en décider ? Qui va être au centre de telles décisions qui concernent non seulement la Montérégie mais aussi l'ensemble du Québec ? C'est ce contrôle qu'il faut établir et nous devons créer les mécanismes politiques modernes pour y arriver. Savoir ce qui se passe avec l'économie du Québec et de quel plan économique le Québec a besoin, prendre une décision économique qui vise le bien du peuple, c'est ça la souveraineté. Sinon ce sont des intérêts privés qui font ce qu'ils veulent et profitent de la situation.

Comme toute famille qui détermine ses besoins et voit aux conditions nécessaires pour les satisfaire, sans contrôle sur sa vie et sur l'économie, c'est l'instabilité. C'est la même chose pour le Québec. Ces élections ont montré que la souveraineté du peuple sur son économie et sur le Québec vont de pair, ça fait partie intégrale de la raison d'être de la souveraineté du Québec. L'élection d'un gouvernement libéral majoritaire ne change rien au fait que l'électorat désire contrôler ses affaires politiques et exercer pleinement son pouvoir sur les décisions qui le concernent. Loin d'avoir un mandat de faire ce qu'ils veulent, les libéraux vont devoir composer dorénavant avec le fait que le peuple va s'interroger davantage sur les décisions qui sont prises et va demander des comptes.

À mon avis, réfléchir tous ensemble sur ce qui doit être fait pour résoudre les problèmes de l'économie, pour garantir le bien-être du peuple, c'est le début de la stabilité. La stabilité, on l'a d'abord en contrôlant nos discussions et notre réflexion, sans l'atmosphère de menaces et les tentatives de créer la peur, comme on l'a vu dans cette élection.





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