Volume 2 Numéro 73 - 7 mai 2014

Manifestations du Premier Mai

Les travailleurs s'engagent à faire échec au programme d'austérité des monopoles et de leurs gouvernements

Plus de 5000 personnes ont pris part à la manifestation du Premier Mai à Montréal qui s'est tenue en soirée sous le thème: « Contre les politiques d'austérité, contre-attaquons ! » Au Québec cette année, le Premier Mai a eu lieu 3 semaines après l'élection générale du 7 avril où les forces de l'establishment fédéral ont manoeuvré pour obtenir un gouvernement libéral majoritaire. Elles disent maintenant que les Québécois ont « rejeté la souveraineté » et « choisi l'économie » et par « économie » on entend l'ordre du jour d'austérité. En ce Premier Mai, les travailleurs ont exprimé leur ferme rejet de cet ordre du jour et leur détermination à le bloquer.

À la tête de la marche venaient les travailleurs des postes qui se battent contre la destruction du service postal par le gouvernement Harper et les dirigeants de Postes Canada et défendent le service postal public. Suivaient les travailleurs de Radio-Canada dénonçant le démantèlement de cette institution publique et demandant un moratoire sur les compressions budgétaires que le gouvernement Harper a annoncées pour la société d'État. Ils étaient suivis des fonctionnaires québécois et d'autres travailleurs du secteur public et des travailleurs du secteur manufacturier, métallos, construction, pâtes et papiers, travailleurs de plusieurs petites usines manufacturières de Montréal. Les étudiants étaient présents de même que des activistes de nombreuses organisations communautaires qui défendent les plus vulnérables de la société, des organisations à la défense d'un statut pour tous et plusieurs autres. Le Parti marxiste-léniniste du Québec (PMLQ) y avait un contingent regroupé autour de sa bannière appelant à une nouvelle direction pour le Québec, à arrêter de payer les riches et augmenter les investissements dans les programmes sociaux. Les activistes du PMLQ ont distribué la déclaration du Premier Mai du parti qui appelle les travailleurs à faire échec au programme d'austérité néolibéral et à bâtir l'alternative prosociale. La déclaration a eu un très bon accueil.

La manifestation était sobre et militante, les travailleurs sont déterminés à mener la bataille qui est devant eux.

À Québec environ 300 personnes ont marché jusqu'à l'Assemblée nationale pour protester contre le programme d'austérité du gouvernement du Québec. La marche était organisée par la Coalition pour la justice sociale. Les participants avaient surtout à l'esprit le budget que se prépare à déposer le gouvernement libéral majoritaire avec ses nouvelles compressions dans les services publics. « Il n'y a plus de place pour faire des coupures dans les services publics », a dit un participant. « Nous savons qu'avec le discours sur l'austérité ils vont mettre le fardeau sur le dos des pauvres et des vulnérables, ceux qui ont déjà de la difficulté à subvenir à leurs besoins. »

Une représentante de la CSN a dit que la centrale fera tout en son pouvoir pour faire échec au programme d'austérité. « Ça va être un été chaud, ça va être un automne chaud et ça va être plusieurs années qui vont être chaudes. Ce n'est pas vrai qu'on va accepter ce discours-là. »








Ce que les travailleurs avaient à dire

Les activistes du PMLQ ont discuté avec les travailleurs présents à la manifestation du Premier Mai de la lutte pour faire échec au programme d'austérité des monopoles et des gouvernements à leur service. Voici ce que les travailleurs avaient à dire.

Un travailleur de la construction

C'est important d'être ici à cause de toutes les politiques régressives des gouvernements. Je suis ici pour exprimer ma solidarité, c'est notre journée, c'est la journée des travailleurs de partout dans le monde et on exprime notre solidarité avec eux. Les travailleurs de la construction sont directement affectés par les attaques du gouvernement Harper contre l'assurance-emploi. Les travailleurs de la construction travaillent par contrat, ils font souvent de l'assurance-emploi entre deux emplois et avec les changements ça devient de plus en plus difficile de se qualifier. Avec les nouvelles règles, les travailleurs doivent garder pendant six ans les preuves des recherches d'emploi qu'ils ont faites. Ils peuvent se faire demander n'importe quand de produire ces documents de leurs recherches d'emploi et s'ils n'ont pas de preuve qu'ils ont fait des recherches pour telle ou telle année, ils peuvent être pénalisés et forcés de rembourser leurs prestations pour ces années-là.

L'assurance-emploi c'est une des principales raisons pour lesquelles nous les travailleurs de la construction sommes ici ce soir et il y en a d'autres. Regarde les coupures qu'ils ont faites aux postes, à Radio-Canada, en plus de ça il y a la question des pensions. Les gouvernements veulent s'asseoir avec les villes pour examiner les déficits des régimes de retraite. Je pense qu'ils vont s'attaquer aux fonds de pension du secteur public et au nôtre après. Nous savons que les employeurs ont pris des congés de cotisation quand les choses allaient bien et qu'il y avait des surplus dans les fonds. Aujourd'hui ils disent qu'ils n'ont pas les moyens de maintenir les fonds de pension parce que leur déficit est trop élevé et ils mettent le fardeau sur nous alors que c'est eux qui ont pris des congés de cotisation. Quand les choses allaient bien et que les fonds de pension faisaient des surplus, ils auraient dû mettre de l'argent de côté dans une caisse de contingence en prévision des jours difficiles.

Une travailleuse des postes

Aujourd'hui c'est la journée internationale des travailleurs. Nous les travailleurs des postes sommes parmi ceux qui sont le plus attaqués en ce moment au Canada. Avec ce que Harper est en train d'essayer de faire aux postes, nous sommes aux premières lignes des attaques mais aussi de la lutte. Mais la première chose pour moi ce soir est que c'est la journée internationale des travailleurs et nous sommes ici pour exprimer notre solidarité avec les travailleurs du monde. Nous devons nous mobiliser pour stopper les plans d'austérité des divers gouvernements, que ce soit au fédéral ou au provincial. Nous voulons que notre lutte mène à la défaite du gouvernement Harper lors de la prochaine élection fédérale et le plus tôt sera le mieux.

Un machiniste

Nous sommes ici ce soir pour montrer que nous nous tenons debout pour défendre nos droits contre le programme d'austérité des gouvernements. Nous devons montrer que nous sommes debout face aux attaques de la droite. On voit ce que le gouvernement Harper est en train de faire avec ses attaques contre les travailleurs, la loi C-525, la loi C-377. Il y a des travailleurs ici qui sont attaqués directement et qui se font enlever des droits qu'ils ont gagnés par des batailles qui ont duré des décennies. On voit ce qui vient juste d'arriver avec l'élection au Québec, on va avoir les mêmes résultats avec Couillard. Nous allons nous tenir debout et nous battre contre ces choses-là, c'est pour ça qu'on est ici ce soir.

Un métallo

Nous sommes ici ce soir parce que les métallos sont de toutes les batailles contre les mesures d'austérité, contre les coupures dans les services publics et contre la privatisation. Maintenant, avec l'élection des libéraux, nous avons des gouvernements qui ont des politiques conservatrices à Ottawa et à Québec. C'est pour s'opposer à ça qu'on est ici dans la rue ce soir.

Un travailleur des pâtes et papiers

Nous sommes ici ce soir pour représenter les travailleurs. On se bat pour eux à chaque jour et c'est bon de le faire savoir avec cette marche. Nous devons défendre nos droits contre les lois antiouvrières du gouvernement Harper, contre les attaques contre les pensions, toutes ces choses-là. Ces attaques-là ne viennent pas seulement des gouvernements mais de nos employeurs dans l'industrie. On voit ce qui se passe, à chaque année ils essaient de venir en chercher plus dans ce qui nous appartient, par exemple les avantages sociaux. Chaque année ils nous arrivent avec quelque chose de nouveau. Ils sont en train de devenir plus rusés dans leur manière de s'attaquer à nos droits. Harper lui-même est plus futé maintenant, il passe ses lois tranquillement une par une en prenant son temps. Dans les pâtes et papiers, les employeurs ferment des usines et plus ils en ferment plus ça devient difficile pour les syndicats parce qu'on perd des membres.

Une travailleuse de Radio-Canada

À mon avis Radio-Canada est un des derniers bastions de la démocratie, de l'intégrité dans le traitement de l'information et aussi de sa qualité. Je trouve dangereux qu'on veuille démanteler cette institution d'information et de culture ou qu'on menace de la démanteler. Ça ne me surprend pas que le gouvernement Harper agisse comme ça parce que c'est un gouvernement qui veut mettre la clé dans toutes les institutions où il y a des débats qui remettent en question les pouvoirs en place. Nous sommes tous perdants en tant que citoyens dans cette situation. C'est pour ça que je suis ici ce soir.

Une enseignante du secondaire

Nous sommes ici pour nous battre contre l'austérité, surtout dans le secteur public. Nous voulons défendre le bien commun, le bien public; ce n'est pas le moment maintenant de l'austérité, mais de l'investissement dans le secteur public. L'austérité n'est pas la façon de relancer l'économie. Pendant l'élection, ils nous ont parlé de création d'emplois, de relancer l'économie puis, une fois le gouvernement en place, ils coupent les emplois, ils coupent les salaires, le discours est différent. C'est lequel des discours qui était le vrai alors ? Pour relancer l'économie, nous devons investir dans les programmes sociaux et les services publics surtout l'éducation. J'ai lu dans le journal ce matin que de tous les pays occidentaux ce sont les États-Unis et le Canada qui arrivent les premiers du point de vue de l'accroissement du fossé entre les riches et les pauvres. L'austérité va juste empirer le problème.

Un étudiant d'université

J'avais espoir après mes études de travailler au ministère des Relations internationales, mais ça ne va pas être possible à cause du gel de l'embauche dans la fonction publique que le gouvernement Couillard a annoncé. Je suis ici pour exprimer ma solidarité avec tous les travailleurs, nous devons nous tenir debout face aux mesures d'austérité parce que ce n'est pas la bonne façon de traiter de problèmes systémiques. Ce n'est pas par la mort qu'on redonne la vie. Même le Fonds monétaire international qui est au coeur des politiques d'austérité a été obligé d'admettre que les mesures d'austérité ont aggravé le mal qu'elles se proposaient de guérir.





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