Volume 2 Numéro 76 - 12 mai 2014

Début des consultations sur les conventions
collectives dans le secteur public

Améliorer les conditions de travail
et défendre les services publics

En point de presse le 11 mai, les organisations membres du Front commun ont annoncé qu'elles entreprennent la consultation de leurs membres en vue du renouvellement des conventions collectives dans le secteur public qui viennent à échéance le 31 mars 2015. Ce sont quelque 400 000 travailleurs du secteur public, santé, services sociaux, éducation, enseignement supérieur et fonction publique qui seront visés par les négociations. Les travailleurs vont préparer leurs demandes au moment où le gouvernement Couillard a annoncé un véritable saccage des services publics pour réduire les dépenses de 3,9 milliards $ en un an.

Les demandes des travailleurs du secteur public seront axées sur l'amélioration des salaires des employés de l'État et l'amélioration de leurs conditions de travail en général.

Les représentants du Front commun disent vouloir s'attaquer au problème de l'attraction et de la rétention de la main-d'oeuvre dans le secteur public qui devient encore plus aigu du fait des prises de retraite massives qui s'amorcent.

« Au cours des prochaines années, environ 35 % des employés de l'État seront éligibles à la retraite, a dit Louise Chabot, porte-parole du Secrétariat intersyndical des services publics (SISP). Nous assisterons au plus grand renouvellement de main-d'oeuvre de l'histoire de nos services publics. Ce renouvellement s'effectue à une période où, en fonction du déclin démographique, la population active du Québec diminue. Tous les secteurs d'emploi, tant publics que privés, seront en concurrence les uns les autres pour attirer les travailleuses et les travailleurs dont ils ont besoin. Déjà, nous constatons d'importantes pénuries de main-d'oeuvre dans nos réseaux et d'inquiétants taux de roulement. En fonction de la dégradation des conditions de travail du secteur public, qui voudra encore y travailler ? Sans personnel pour donner les services à la population, c'est l'avenir du secteur public québécois qui est en jeu. »

Les salaires

Sur la question des salaires, les représentants du Front commun citent l'Institut de la Statistique du Québec qui en novembre dernier a évalué à 8,3 % le retard de la rémunération globale du secteur public par rapport aux travailleurs du secteur privé occupant des emplois comparables et aux employés de la fonction publique fédérale ou municipale. En fait, selon l'ISQ si l'on compare la rémunération globale de la fonction publique québécoise avec celle des travailleurs syndiqués du secteur privé, alors le retard se situe à environ 20 %.

Les travailleurs du secteur public font valoir depuis longtemps que la faible rémunération dans le secteur entraîne une pénurie de main-d'oeuvre et la prolifération subséquente des agences privées de placement dans le secteur public.

Les représentants entendent soumettre à leurs membres une proposition d'augmentation salariale de 4,5 % par année pendant les 3 prochaines années qu'ils jugent nécessaire pour combler le retard salarial des employés du secteur public, les protéger de la hausse du coût de la vie et faire en sorte que ce retard ne se recrée pas en cours de convention.

Précarité de l'emploi

Les représentants du Front commun entendent aussi soumettre des propositions pour réduire la précarité d'emploi dans le secteur public. Ils rappellent qu'environ 35 % des employés du secteur public ont des emplois à statut précaire et gagnent en moyenne 25 000 $ par année. Le gouvernement fait une propagande continuelle pour masquer l'existence et l'augmentation de l'emploi à statut précaire dans le secteur public afin d'abaisser encore plus les conditions et de justifier la privatisation des services.

Mal-financement des services publics

Des propositions seront aussi mises de l'avant pour s'attaquer aux problèmes de financement des services publics. On visera notamment le gaspillage des fonds publics par la sous-traitance, les partenariats public-privé et le recours aux agences de personnel qui, en plus de coûter plus cher que le travail confié aux employés du secteur public et la livraison publique des services, sont source de perte d'expertise et de corruption. « En plus de provoquer une immense perte d'expertise dans nos réseaux, le recours au secteur privé ouvre la voie à de trop nombreux cas de copinage, de collusion et de détournement de fonds », lit-on dans le communiqué émis à la conférence de presse.

Les représentants du Front commun rejettent la prétention du gouvernement de vouloir s'attaquer au problème de la productivité dans le secteur public en s'en prenant aux travailleurs alors que c'est lui qui mine la productivité en augmentant constamment le nombre de cadres qui imposent de plus en plus de contrôles administratifs aux employés au lieu de les laisser faire leur travail.

« Comment se fait-il qu'au cours des dix dernières années, le nombre de cadres ait cru deux fois plus rapidement que le nombre de salarié-es dans le secteur de la santé et des services sociaux, et quatre fois plus rapidement en éducation, demande Francine Lévesque, vice-présidente de la CSN ? Comment se fait-il qu'on multiplie les contrôles administratifs du travail que nous effectuons ? Il n'est pas normal qu'un employé des services publics doive consacrer jusqu'à 30 % de son temps de travail à remplir des rapports et des statistiques à l'attention de ses supérieurs. Qu'on laisse les employés de l'État faire ce pour quoi ils sont payés : donner des services à la population, plutôt que de nourrir un nombre croissant de gestionnaires. »

Les représentants du Front commun proposent enfin qu'il y ait débat public sur le financement des services publics qui examine notamment la question d'assurer des revenus supplémentaires à l'État en examinant de nouvelles sources de revenus qui pourraient être explorées sans appauvrir les travailleurs et les membres les plus vulnérables de la société.

Le Front commun regroupe le Secrétariat intersyndical des services publics, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ).





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