3e Colloque des partis
émergents
Les partis émergents discutent de leur
participation
à l'élection et demandent une rencontre
avec le DGEQ pour apporter des
changements
au processus électoral
Le 3e Colloque des partis émergents, les
partis non représentés à
l'Assemblée nationale, s'est tenu à Montréal le
samedi le 17 mai. Le
Bloc Pot en était le parti hôte. Les six partis qui ont
participé aux
deux premiers colloques y étaient présents encore une
fois. Ce sont: le
Bloc Pot, l'Équipe autonomiste, le Parti des sans-parti, le
Parti
équitable
du Québec, le Parti marxiste-léniniste du Québec
et le Parti Unité
nationale. S'y est ajouté le parti Mon pays le Québec
représenté par
une délégation dirigée par son chef Claude
Dupré. D'autres partis, a
dit Hugo Saint-Onge, chef du Bloc Pot, dans ses remarques de bienvenue,
ont fait part de leur intérêt pour le travail du colloque.
Sophie
Sénécal,
une organisatrice communautaire à Montréal, a
été l'animatrice du
colloque à l'invitation du parti hôte.
L'ordre du jour comportait deux points
principaux: 1. Tour de table
sur la participation des partis émergents à
l'élection générale du 7
avril; 2. Retour sur les décisions du deuxième colloque,
discussion sur
les objectifs communs et résolutions.
Après une journée de discussions des plus
remplies, le Colloque a
adopté deux résolutions. La première se lit ainsi:
« Il est résolu que
le 3e Colloque des partis émergents demande une rencontre avec
le
Directeur général des élections du Québec
(DGEQ) pour le consulter sur
les problèmes avec le processus électoral
identifiés par le Colloque.
Une lettre sera envoyée à cet effet dans les meilleurs
délais. » La
seconde résolution est de former un comité de travail qui
assurera le
suivi des résolutions adoptées et des
préoccupations exprimées par les
colloques. Les deux résolutions ont été
adoptées à l'unanimité et des
volontaires sont venus de l'avant pour former le comité de
travail.
Table ronde sur
l'élection générale du 7
avril
La
discussion sur la participation des partis émergents à
l'élection du 7
avril a été des plus vives et intéressantes. Il a
été établi qu'au
total les six partis présents aux deux premiers colloques ont
présenté
56 candidats de tous les coins du Québec et
récolté 8283 votes. Les 14
partis non
représentés à l'Assemblée nationale ont
présenté 308 candidats et
récolté 86 979 votes.
Les partis étaient visiblement fiers des
efforts qu'ils ont faits
pour faire connaître leur programme et percer le mur de la
marginalisation qui frappe non seulement les partis émergents,
mais
l'électorat dans son ensemble.
Des partis ont mentionné qu'ils avaient eu
l'intention de présenter
plus de candidats qu'ils ne l'ont fait, mais que la situation leur a
été
rendue très difficile du fait que l'élection a
été déclenchée sans
attendre le délai de quatre ans entre deux élections
pourtant prévue
par la loi sur les élections à date fixe. Ils ont fait
état aussi de ce
qu'ils ont
appelé les embûches bureaucratiques et la lourdeur
administrative du
processus, notamment l'exigence que les 100 électeurs qui
signent la
déclaration de candidature soient inscrits sur la liste
électorale
permanente plutôt que de simplement être citoyens et
résidents de la
circonscription. À cause de cela, des candidats se sont parfois
fait
refuser jusqu'à 40 ou 50
signatures avant que leur déclaration ne soit acceptée.
Ce qui a fait
dire à l'un des participants que les petits partis qui ont
déjà peu de
ressources doivent passer une grande partie de leur temps à
satisfaire
aux exigences bureaucratiques plutôt qu'à présenter
leur programme.
L'inégalité
des
ressources
La question de l'inégalité des ressources
a
été au centre des
discussions une fois de plus. On a parlé
d'inégalité des ressources
financières et de l'inégalité par rapport à
l'accès aux médias. Un des
partis a pris l'initiative d'envoyer des communiqués de presse
à 700
médias pour réaliser que ses communiqués
étaient peu lus par ceux-ci et
cela
n'est pas surprenant quand on pense au contrôle sur les
médias
qu'exercent quelques grands empires. Lorsque des grands médias
ont
mentionné les petits partis pendant l'élection, ont dit
des
participants, c'était fait de façon non sérieuse,
sans discuter de leur
programme et de ce qu'ils apportent comme points de vue dans
l'élection.
Comme l'a mentionné un des participants, si
les grands médias, qui
ont tellement d'influence dans les élections, ne
présentent pas les
partis émergents de façon sérieuse, comment est-ce
que les électeurs
peuvent nous prendre au sérieux. Cela ne fait qu'alimenter
l'idée qu'un
vote pour un petit parti est un vote perdu et que seuls les partis dits
majeurs valent la peine d'être considérés. On a
fait remarquer que
lorsque les petits partis réussissent à se faire
entendre, ils
reçoivent de l'appui pour ce qu'ils ont à dire et que la
question est
d'organiser cet appui pour qu'il joue un rôle effectif dans
l'élection.
On a aussi parlé de l'inégalité des
ressources financières. Le fait
que ce ne soit pas le processus électoral qui soit
financé mais les
partis, et ce, de façon inégale, pose un problème
majeur au travail des
petits partis et aux électeurs eux-mêmes qui n'ont pas
accès à un vote
informé. Pendant les élections, les partis dits majeurs
ont reçu des
sommes
énormes et disproportionnées du DGEQ comparativement aux
montants reçus
par les partis émergents, en plus de la couverture gratuite et
constante des médias monopolisés.
Comme plusieurs l'ont fait remarquer, cela
veut dire que le
processus électoral et les grands médias marginalisent
les petits
partis, leur rendant très difficile d'obtenir des votes, puis
les
partis reçoivent des montants totalement inégaux sur la
base des votes
reçus ! Et là encore ils ne reçoivent pas vraiment
leur argent sur la
base des votes qu'ils
ont reçus. Officiellement le principe du financement est que la
contribution par électeur signifie 1 vote= 1,51 $. Par exemple,
le
Parti libéral du Québec (PLQ) a obtenu 1 757 071 votes
aux élections.
Si on multiplie ce nombre par 1,51 $, il devrait recevoir 2 653 177,21
$ par année. En fait, il recevra pour l'année qui vient
(du 8 avril 2014
au 7
avril 2015) la somme de 3 782 889,09 $ parce que le calcul se fait sur
la base du pourcentage de votes que le parti a reçus par rapport
au
nombre de votes valides (excluant les votes accordés aux
candidats
indépendants et sans désignation) et le montant de
l'allocation est
basé sur le nombre total des électeurs inscrits, qu'ils
aient voté ou
non. Les
électeurs qui n'ont pas voté pour le Parti libéral
ou n'ont pas voté du
tout se retrouvent donc à financer ce parti.
La fraude que
l'élection a donné un mandat au gouvernement
libéral
Les participants ont discuté de la
nécessité
de bâtir les
organisations et les mécanismes qui permettent aux
électeurs de se
donner un contrôle sur le processus électoral tant dans sa
forme que
dans son contenu. Ils ont discuté des coups électoraux
qui sont
organisés, comme dans cette élection du 7 avril où
des forces de
l'establishment fédéral ont
travaillé fort à faire élire les libéraux
comme gouvernement
majoritaire.
« Qui a décidé
que le vote des
Québécois
montre qu'ils veulent le
statu quo ?, a dit un représentant du PMLQ. Pendant toute la
campagne,
Philippe Couillard a dit que si
on vote pour lui, on élimine la possibilité d'un
référendum et le
peuple québécois va connaître la stabilité.
À peine élu, il dit avoir
trouvé un trou de 4 milliards $ dans les finances publiques et
déclare
que le
Québec est en crise financière. La stabilité
promise fera donc place à
l'affrontement pour imposer à la population un programme dit
d'austérité. Personne parmi le peuple ne désire
ça ! ».
Selon le PMLQ, « les électeurs sont
censés
courir tous bords
tous côtés pour essayer
de réagir à ce qui leur est lancé par les partis
dits majeurs, les
grands médias et les firmes privées de sondage, à
l'effet que le choix
serait entre référendum ou économie, ou encore la
Charte, ou encore
l'intégrité. L'élection menée sur une base
aussi diversionnaire est
ensuite
interprétée comme ayant donné un mandat au parti
au pouvoir de faire
tout ce qui lui plaît. Cela n'est pas un mandat populaire, ce qui
veut
dire que le gouvernement sera plongé dans une crise de
légitimité
malgré sa soi-disant majorité. »
Les participants ont apprécié le fait
qu'avec le colloque ils ont en
main une organisation qui se fait son propre point de vue
informé sur
les problèmes du processus électoral en discutant de
manière non
partisane des enjeux qui se posent pour l'intérêt de la
démocratie.
Discussion et
propositions sur les
objectifs communs
Dans
cette partie de l'ordre du jour, on est revenu sur les trois
résolutions adoptées lors du 2e colloque du 22
février dernier, soit:
1. La demande d'un changement à la loi électorale pour
qu'un fascicule
soit produit par le DGEQ donnant place égale au programme de
chaque
parti, écrit par le parti lui-même et distribué
dans chaque foyer; 2. La demande que la validation des signatures
d'électeurs dans la Déclaration
de
candidature
soit faite sur la base que le signataire est électeur
résidant dans la
circonscription et non pas qu'il doit être sur la liste
électorale
permanente; 3. La production d'un site interne de
communications entre les partis émergents.
Pour le premier point, les participants
étaient heureux d'apprendre que Équipe autonomiste, qui
a pris la
responsabilité d'écrire le projet de loi, l'avait
envoyé à Bernard
Drainville, ministre responsable des Institutions démocratiques
et de
la Participation citoyenne dans le gouvernement péquiste, et l'a
par la
suite aussi envoyé aux 125 députés de la
nouvelle Assemblée
nationale élue le 7 avril dernier. La discussion a porté
sur plusieurs
aspects, notamment sur la nécessité d'engager les autres
partis
émergents dans ce travail et d'en informer les électeurs
le plus
largement possible.
Le colloque a résolu de demander une
rencontre avec le DGEQ pour lui
présenter ses propositions de changements au processus
électoral et à
la loi électorale et de lui envoyer bientôt une lettre
à cet effet.
D'autres préoccupations ont été
soulevées au
chapitre des objectifs
communs tel l'accès aux médias ou la difficulté de
se porter candidat à
cause notamment de la lourdeur administrative du processus
électoral et
plusieurs autres qui seront prises en considération dans le
travail à
venir du colloque. En ce qui concerne le site interne de
communications, la tenue précipitée de l'élection
du 7 avril n'a pas
permis qu'il soit développé jusqu'à maintenant,
mais il le sera
dorénavant pour permettre l'échange entre les partis
entre les
colloques.
Le colloque a créé un comité de
travail pour
assurer le suivi entre
les colloques et appliquer les résolutions. Il y a
déjà du pain sur la
planche pour aider le colloque à se préparer à une
rencontre avec le
DGEQ.
Le prochain colloque se tiendra le 6
septembre à
Sainte-Justine-de-Newton située dans la MRC de
Vaudreuil-Soulanges, à
l'extrémité ouest de la Montérégie, et
c'est le Parti équitable qui en
sera le parti hôte.
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