Volume 2 Numéro 86 - 2 juin 2014

Actualités

Des actions à travers le Québec pour
exiger un plan de lutte à la pauvreté


À Québec le 29 mai 2014

Le 29 mai, soit à quelques jours du prochain budget du Québec et à quelques mois de l'échéance du Plan d'action gouvernemental pour la solidarité et l'inclusion sociale 2010-2015, des actions se sont tenues partout au Québec pour exiger des mesures concrètes pour l'élimination de la pauvreté. Les manifestants répondaient à l'appel du Collectif pour un Québec sans pauvreté. À cette occasion, on a fait retentir les cloches pour rappeler au gouvernement sa responsabilité.


À Montréal

À Montréal, des manifestants se sont réunis devant la Place-des-Arts. « Les gens se mobilisent pour réaffirmer que la pauvreté est inacceptable, qu'il est nécessaire et urgent de travailler à son élimination et qu'il est possible de construire une société plus juste », a déclaré Serge Petitclerc, porte-parole du Collectif.

On estime que plus d'un million de personnes vivent en situation de pauvreté au Québec. Parmi elles, 842 000 n'arrivent même pas à couvrir leurs besoins de base. « Cette pauvreté ne touche pas tout le monde. De nombreuses femmes se retrouvent à l'aide sociale lorsqu'elles tombent malades ou pour assumer un rôle de proche aidante. D'autres s'y retrouvent parce que leurs diplômes ne sont pas reconnus ou parce que le sexisme combiné à l'âgisme les excluent du marché du travail, ou encore parce qu'elles se retrouvent seules cheffes d'une famille monoparentale. Le gouvernement doit assurer à toutes un revenu minimal permettant de couvrir l'ensemble de ses besoins de base en abandonnant son approche clientéliste qui pénalise et laisse inévitablement des gens de côté », d'ajouter Alexa Conradi, présidente de la Fédération des femmes du Québec.

Une forte proportion des étudiants inscrits à temps plein vit en situation de pauvreté. « Année après année, les étudiants et étudiantes québécois doivent consacrer plus d'argent pour couvrir leurs frais de scolarité et leurs besoins de base, besoins qu'ils et elles comblent en travaillant ou en s'endettant. Le nombre d'heures travaillées pendant les études et le surendettement d'un nombre important d'étudiants et étudiantes est inquiétant. Ceci a un impact certain sur leur réussite et leur persévérance scolaires, leurs conditions de vie et leurs projets de vie après les études », d'affirmer Jonathan Bouchard, président de la Fédération étudiante universitaire du Québec.


Manifestations pour des mesures de lutte à la pauvreté à Sherbrooke (gauche) et Saint-Félicien, devant les
bureaux du premier ministre Philippe Couillard, le 29 mai 2014.

« Il est tout simplement faux de dire que l'État québécois ne peut pas en faire plus pour lutter contre la pauvreté et pour garantir des services publics de qualité à la population. Il existe différents moyens pour augmenter les revenus de l'État. Le mouvement syndical en propose plusieurs, et depuis longtemps, comme l'établissement d'un palier d'imposition supplémentaire pour les plus riches ou la lutte à l'évasion fiscale. Tout ça, c'est une question de volonté politique », a dit pour sa part Danielle Casara, présidente du Conseil régional FTQ Montréal métropolitain.

Le Collectif demande un plan d'action en mesure :

- d'assurer à tous et toutes un revenu suffisant pour couvrir l'ensemble de leurs besoins de base;

- d'augmenter le salaire minimum afin de permettre aux gens travaillant à temps plein de sortir de la pauvreté;

- de réduire les inégalités socioéconomiques entre les plus pauvres et les plus riches;

- de viser le changement des mentalités et de contrer les préjugés envers les personnes en situation de pauvreté;

- d'améliorer l'accès, sans discrimination, à des services publics universels et de qualité.

Pour le Collectif, ces cinq revendications devraient constituer le coeur d'une politique sociale renouvelée, digne des engagements qu'a pris le Québec en signant différents pactes et chartes concernant les droits humains. « Le prochain budget du Québec peut améliorer la vie des gens les plus pauvres du Québec, mais il peut également l'empirer. Nous avons hâte de voir de quel bois se chauffe ce gouvernement ! », de conclure M. Petitclerc, porte-parole du Collectif.

(Sources des photos: Facebook, EstriePlus, L'Étoile du Lac, FAFMRQ)

 




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