Volume 2 Numéro 87 - 3 juin 2014

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Le gouvernement Couillard présente
son budget 2014-2015 demain le 4 juin

Le gouvernement libéral de Philippe Couillard présente son budget 2014-2015 demain le 4 juin. Le ministre des Finances, Carlos Leitão, prononcera le discours du budget à 16 heures. Le président du Conseil du trésor et ministre responsable de l'Administration gouvernementale et de la Révision permanente des programmes, Martin Coiteux, déposera le budget de dépenses 2014-2015 le même jour. Le gouvernement entend faire adopter le budget avant l'ajournement de l'Assemblée nationale qui est prévue en ce moment pour la mi-juillet.

On sait déjà que ce sera un budget d'austérité néolibérale marqué par de vastes coupures dans les programmes sociaux et les services publics pendant que le déversement des fonds publics dans les coffres des monopoles, y compris pour la livraison des services publics, va s'accentuer.

« Ce budget de transition permettra de concrétiser les engagements que nous avons pris envers les citoyens du Québec, a déclaré le ministre Leitão dans un communiqué du ministère des Finances daté du 26 mai. Les mesures qu'il contiendra permettront plus spécifiquement de redresser les finances publiques et de relancer l'économie. J'invite tous les Québécois à s'informer sur le contenu du budget lorsqu'il sera déposé. »

L'idée que ce sera un budget de transition se réfère au discours du gouvernement à l'effet qu'il se doit d'effectuer des coupes immédiates de 3,7 milliards $ dans les dépenses de programmes (le « trou budgétaire » qu'il dit avoir trouvé pour 2014-2015 au lendemain de l'élection) afin d'en arriver à l'équilibre budgétaire en 2015-2016, tout en procédant à des changements structurels dans la façon dont les dépenses sont faites et les services publics dispensés. Le discours inaugural du premier ministre Couillard a présenté certaines des façons dont il dit qu'elles marqueront des changements structurels, comme la livraison des services de santé par les monopoles privés sous le manteau de l'assurance-maladie et un financement des services publics qui se fera toujours plus sur la base de ce qu'il appelle l'efficacité et la productivité des services.

Le gouvernement considère que de déposer les crédits budgétaires le jour même du dépôt du budget est un signe de rigueur dans le traitement des fonds publics.

« Nous serons cohérents en déposant le budget de dépenses en même temps que le budget du Québec. Il nous faut agir avec rigueur et responsabilité dans la gestion de nos finances publiques, c'est ce à quoi s'attendent les Québécois », souligne le ministre Coiteux dans le même communiqué.

Le gouvernement parle de rigueur et de responsabilité uniquement quand il se réfère aux compressions de dépenses dans les programmes sociaux et les services publics. Le peuple québécois est considéré comme étant imputable de chaque dépense que le gouvernement consent à faire dans les services. Les travailleurs et les membres les plus vulnérables de la société sont considérés comme des consommateurs qui abusent des fonds publics et de l'économie. Les monopoles, eux, sont considérés comme les producteurs et les créateurs de la richesse et ils ne sont imputables de rien.

En préparation du budget, le gouvernement Couillard a poursuivi sur son thème que les sacrifices qui seront imposés au peuple doivent être faits pour que les services soient là pour les générations futures. C'est un exercice pénible mais nécessaire, dit-il, pour que le Québec puisse reprendre le contrôle de ses finances.

«Ce qui va nous permettre de continuer au cours des prochaines années à soutenir les personnes vulnérables et nos programmes sociaux, c'est d'avoir des finances équilibrées, a dit Philippe Couillard en visite au Lac-Saint-Jean en fin de semaine dernière. Si on fait déficit après déficit, on ne pourra plus se les payer. Il y a un passage obligé, qui est un passage exigeant, mais il n'y a pas d'option. On est devant des milliards de déficits et on doit se redonner la liberté de nos choix. »

Déjà, des travailleurs de plusieurs secteurs et des organisations populaires ont dit qu'ils n'acceptent pas de subir l'austérité et rejettent la fraude à l'effet que le gouvernement agit pour leur bien en démantelant les services et en aggravant les conditions de vie et de travail des travailleurs et de leurs communautés. En témoignent les points de presse tenus à la fin mai par les travailleurs de la santé de la Côte-Nord en prévision du budget.

La présidente de la Fédération de la santé du Québec, Claire Montour, y déclarait notamment lors de son passage à Sept-Îles:

« Notre réseau public de santé ne peut plus encaisser de nouvelles coupes budgétaires sans conséquences graves pour les patients. Les travailleuses et travailleurs de la santé ont atteint un tel état d'épuisement, à force de tenir le réseau à bout de bras, qu'ils ne peuvent plus à eux seuls assurer la responsabilité de la qualité des soins à la population. Non seulement le gouvernement doit renoncer à toute nouvelle coupe dans le secteur de la santé, mais il doit nécessairement hausser de façon significative le budget en santé si l'on veut assurer une qualité de soins et de services. Ceux qui laissent croire qu'on peut continuer à couper sans affecter les soins, ou même qu'il faut imposer de telles compressions budgétaires pour assurer l'avenir du réseau, trompent odieusement la population et mettent eux-mêmes en péril notre système public de santé.»

 




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