Volume 2 Numéro 90 - 13 juin 2014

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La publication du Rapport sur le marché locatif illustre la nécessité de poursuivre la lutte pour le droit au logement

La publication récente du Rapport sur le marché locatif de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) pour le printemps 2014 illustre la nécessité de poursuivre la lutte pour le droit au logement. Le rapport révèle entre autres une baisse du taux de logements inoccupés dans les régions métropolitaines de Québec et de Montréal ainsi que la persistance d'une pénurie extrême de logements locatifs dans les centres urbains de l'Abitibi, de même qu'à Sept-Îles.

Les statistiques révèlent que dans la région de Québec, le taux de logements inoccupés, qui était de 2,2 % au printemps 2013, est maintenant retombé à 1,8 %. Il est de 1,5 % dans les grands logements de trois chambres à coucher et plus. « Or, la construction de logements locatifs est en baisse de 18 % depuis le début de 2014, ce qui ne laisse rien augurer de bon pour les prochaines années », précise Véronique Laflamme, organisatrice du FRAPRU dans la région de la Capitale nationale.

Dans la région métropolitaine de Montréal, le taux de logements inoccupés est passé de 3,0 % à 2,7 %. Le FRAPRU admet que la rareté n'y est pas encore alarmante, sauf pour les logements familiaux de trois chambres à coucher et plus où le taux descend à 2,1 %, alors qu'il était à 3,4 % à pareille date l'an dernier. Le coordonnateur du FRAPRU François Saillant estime toutefois qu'il pourrait à nouveau baisser dans les prochaines années, compte tenu de la faible construction de logements locatifs sur l'île même de Montréal : « Au cours des cinq premiers mois de l'année, à peine 392 logements locatifs, incluant un bon nombre de logements coopératifs, ont été mis en chantier sur toute l'île de Montréal. C'est encore moins qu'à Québec. Durant la même période, pas moins de 2940 unités de condominiums ont été mises en chantier sur l'île. »

Malgré une amélioration sensible de la situation, la rareté de logements continue à sévir à Val-d'Or et Rouyn-Noranda où les taux de logements inoccupés sont respectivement de 0,6 % et de 1,2 %. Dans les deux cas, ce sont les logements familiaux qui sont les plus rares, le taux de logements inoccupés de appartements de trois chambres à coucher et plus étant de 0,2 % à Rouyn-Noranda et de 0,3 % à Val-d'Or. À Sept-Îles, le taux général est monté à 1,1 %, mais il n'est toujours que de 0,3 % dans les grands logements.

Le coût du logement a augmenté significativement depuis la parution du premier rapport du printemps de la SCHL, en 2007. À l'échelle du Québec, le loyer moyen est passé de 588 $ à 689 $, pour une hausse de 17,2 %. Dans l'ordre, c'est dans les régions de Québec (735 $), Gatineau (722 $) et Montréal (721 $) où le coût moyen des logements est le plus élevé.

Entre avril 2013 et avril 2014, les loyers des logements déjà existants ont augmenté de 2,3 % à l'échelle du Québec, l'augmentation étant de 2,6 % dans le cas de Montréal. Les hausses ont été encore plus importantes à Amos (4,9 %), Granby (4,6 %), Sept-Îles (4,3 %) et Val-d'Or (3,4 %). Mentionnons que toutes ces hausses sont supérieures aux recommandations faites par la Régie du logement.

À trois semaines du 1er juillet, jour habituel de déménagement, le FRAPRU invite les locataires qui ne se sont pas encore trouvé de logement d'entrer sans tarder en contact avec les services d'urgence mis en place par certaines municipalités. Dans le cas de Montréal, le numéro d'urgence est toujours le (514) 868-4002. À Québec, il faut appeler au (418) 780-5211. Dans le cas de Rouyn-Noranda, il faut téléphoner au (819) 795-7145. Dans tous les autres cas, c'est l'Office municipal d'habitation de la municipalité qui doit être contacté.


Un rassemblement à Ottawa pour exhorter
les gouvernements à régler une crise imminente
du logement coopératif


Lors d'une manifestation précédente pour le droit au logement à Ottawa le 3 décembre 2013

Le 4 juin, plus d'une centaine de membres des coopératives d'habitation du Canada se sont donné rendez-vous sur la Colline du parlement à Ottawa pour exhorter tous les ordres de gouvernement à régler la crise des coopératives d'habitation provoquée par l'expiration de l'aide fédérale au logement qui menace le logement de milliers de Canadiens à faible revenu.

Des députés fédéraux se sont également joints aux manifestants. À mesure qu'expireront les accords fédéraux sur le logement d'ici 2020, les suppléments au loyer disparaîtront pour plus de 50 000 Canadiens à faible revenu vivant dans 2 200 coopératives d'habitation accueillant une clientèle à revenu mixte.

« Les gouvernements, y compris le gouvernement fédéral, peuvent rectifier la situation en travaillant avec nous à protéger les logements coopératifs existants des personnes vulnérables, a déclaré la présidente de la Fédération de l'habitation coopérative du Canada (FHCC) Anne Davidson. Ils détiennent tous la clé pour nous aider à régler la crise des coopératives d'habitation. »

« La solution est simple, a expliqué le directeur général de la FHCC, Nicholas Gazzard. Il faut que les gouvernements se concertent pour nous aider à protéger les logements existants des personnes vulnérables, qui comprennent des personnes âgées, des autochtones et des travailleurs pauvres. La solution peut passer par des programmes de supplément au loyer à long terme et à frais partagés que mettront en oeuvre les provinces et les territoires, de même que les municipalités ici en Ontario. »

« À Toronto, des milliers de membres de coopératives sont inquiets, en particulier des aînés dont le revenu est fixe », a déploré Tom Clement, directeur général de la Co-operative Housing Federation of Toronto. « Ils s'inquiètent de voir les gouvernements se soustraire à la responsabilité qui leur incombe d'aider les personnes les plus vulnérables de nos communautés coopératives. »

« L'aide fédérale au logement n'est pas un luxe, c'est une nécessité. Si nous n'avons pas l'aide dont nous avons besoin, certains d'entre nous pourrions nous retrouver à la rue », a conclu Krystyl Randall, membre d'une coopérative d'habitation d'Ottawa.

 




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