Volume 2 Numéro 92 - 18 juin 2014

Actualités

Une centaine de manifestants réclament des budgets
pour l'achat de terrains pour le logement social

Le 16 juin à 17 h, une centaine de manifestants ont participé à un souper spaghetti devant l'hôtel de ville à Montréal pendant que les élus étaient réunis en conseil. L'action organisée par le FRAPRU réclame de l'administration municipale une politique d'achat et de réservation de sites spécifiquement dédiés au logement social.

C'est dans une atmosphère conviviale que les manifestants ont dénoncé le manque de logements sociaux à Montréal et la lenteur avec laquelle ceux-ci sont réalisés. Comme ils l'ont mentionné, la Ville et les arrondissements accommodent les promoteurs et les propriétaires immobiliers, en leur accordant les dérogations de zonage nécessaire pour construire leurs projets de condos, mais laissent les populations vulnérables de Montréal à la merci de la « gentrification » qui mine particulièrement le parc locatif des quartiers centraux.

Ils ont rappelé que 2/3 des ménages montréalais sont locataires, qu'en moyenne, leur revenu est de moins de 35 000 $ par année et que 40,3 % d'entre eux doivent consacrer plus de 30 % de leur revenu pour se loger. Selon eux, si les coopératives et les organismes d'habitation à but non lucratif avaient accès à des sites réservés, à l'abri de la spéculation immobilière, ils pourraient construire leurs logements plus rapidement et ainsi répondre aux besoins des ménages à faible et à modeste revenu de la métropole.

Ils ont également dénoncé la trop faible construction de logements locatifs. Dans son dernier rapport, la Société canadienne d'hypothèque et de logement (SCHL) indiquait qu'à peine 89 logements locatifs ont été mis en chantier entre janvier et avril 2014, contre 1916 condos. Selon la porte-parole du FRAPRU Marie-José Corriveau, « si la tendance se maintient, Montréal pourrait connaître à nouveau une pénurie de logements locatifs ». On se souviendra que la SCHL révélait la semaine dernière que dans la région métropolitaine, le taux d'inoccupation de ce type de logements est retombé à 2,7 % ce printemps et à 2,1 %, dans le cas des logements familiaux de trois chambres à coucher et plus.

« La rareté des logements a des effets graves et durables sur les locataires à faible et à modeste revenu », a pour sa part insisté Valérie Simard, organisatrice au POPIR-Comité Logement, un des groupes organisateurs de l'action. « On l'a vu depuis le début des années 2000; les locataires subissent des augmentations abusives de loyer, de la discrimination au moment de la recherche d'un logement, surtout les familles immigrantes; ça mène inévitablement à une augmentation du problème de surpopulation dans les logements, du nombre de sans-logis et à une aggravation de l'itinérance », a-t-elle ajouté.

Après le souper spaghetti, des délégués de l'organisme ont questionné le maire Coderre sur ce qu'il entend faire pour faciliter l'accès aux sites pour les projets coopératifs et sans but lucratif et pour accélérer la construction de logements sociaux. La délégation du FRAPRU qui rencontrera le responsable de l'Habitation à la Ville, Russel Copeman, au début du mois de juillet, compte aussi obtenir des engagements en ce sens dans le prochain budget de Montréal.


La Fédération des femmes du Québec réclame une commission d'enquête nationale sur l'assassinat et la disparition des femmes autochtones

À l'instar de nombreux organismes, la Fédération des femmes du Québec (FFQ) réclame une commission d'enquête nationale sur l'assassinat et la disparition des femmes autochtones. Le 16 juin à midi plusieurs femmes ont tenu une action éclair devant le complexe Guy-Favreau. Les nombreux appuis des travailleurs et travailleuses du centre-ville traduisaient la préoccupation grandissante de la population face à ce drame.

Selon les données recueillies par les Soeurs par l'esprit de l'Association des femmes autochtones du Canada, 1186 femmes autochtones ont disparu ou ont été assassinées au Canada entre 1980 et 2012. Ces chiffres établissent également aussi que la situation s'est aggravée au cours des dix dernières années. Un rapport de la Gendarmerie royale du Canada confirmait récemment une grande partie de ces données. Le rapport de la GRC montre également que les femmes autochtones représentent 4,3 % des femmes au Canada, mais 16 % des femmes tuées. Cette surreprésentation des femmes autochtones se confirme aussi chez les victimes de violences; elles seraient trois fois plus nombreuses à subir des violences que les femmes non autochtones.

Pour la FFQ, la tenue d'une commission d'enquête nationale sur l'assassinat et la disparation des femmes autochtones est importante pour comprendre les causes de ces violences à l'endroit des femmes autochtones et pour identifier les pratiques que l'État et ses institutions doivent mettre en place pour en finir avec cette situation. Elle estime qu'une telle commission permettra à l'État et à la société de comprendre pourquoi les femmes autochtones sont ciblées de la sorte. « Cette commission doit nous permettre non seulement d'identifier les causes de ces violences, mais aussi de faire des liens entre cette problématique et, par exemple, les luttes historiques des peuples autochtones pour l'autodétermination », a souligné Alexa Conradi, présidente de la FFQ.

Dans le communiqué de presse émis pour l'occasion la FFQ soutient que: « Dès le début du colonialisme, les autorités s'en sont prises aux femmes autochtones, perçues comme étant trop libres et respectées. On a introduit l'inégalité juridique entre hommes et femmes autochtones avec l'adoption de la Loi sur les Indiens. Les méthodes de la colonisation (déplacement des populations, pensionnats, contrôle des pratiques culturelles, missionnariat) ont entraîné la marginalisation de nombreuses femmes autochtones dans leur propre communauté et dans l'ensemble de la société où elles continuent d'être victimes de préjugés et de dévalorisation. En voulant assimiler les autochtones, nous avons fini par détruire les cultures, les langues et les institutions autochtones et par nous approprier les terres et ressources. Même aujourd'hui, il y a plus d'enfants retirés de leurs familles et communautés qu'à l'époque connue comme le Big Scoop. Les tissus sociaux affaiblis et déstabilisés, les femmes autochtones sont vulnérables aux prédateurs non autochtones et à la violence intracommunautaire. »

« La discrimination systémique dont les femmes autochtones sont victimes participe activement à la vulnérabilité d'un bon nombre d'entre elles, qui se retrouvent en dehors de leur communauté et qui connaissent des situations d'itinérance ou de grande pauvreté favorables aux violences envers les femmes », ajoute Mme Conradi.

L'action éclair du 16 juin, poursuit le communiqué, s'inscrit dans une volonté de se solidariser avec les femmes autochtones et d'augmenter la pression sur le gouvernement conservateur pour qu'il tienne une commission d'enquête nationale sur les causes de ces meurtres. Au-delà de la justice, la FFQ souhaite que cette commission d'enquête nationale participe aux processus de réconciliation et de réparation amorcés par le gouvernement et la société autour des pensionnats pour autochtones. Cette démarche doit s'inscrire dans la continuité et permettre à la société dans son ensemble à faire face à son histoire.

 




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