Volume 2 Numéro 94 - 20 juin 2014

Actualités

Les travailleurs manifestent à l'échelle du Québec
contre le projet de loi sur les régimes de retraite
du secteur municipal


Devant l'hôtel de ville de Montréal le 17 juin 2014

Le 17 juin, des milliers de travailleurs ont manifesté à travers le Québec contre le projet de loi du gouvernement Couillard sur les régimes de retraite du secteur municipal, répondant ainsi à l'appel de la Coalition syndicale pour la libre négociation. Ils ont participé à de bruyantes pauses de 15 minutes de 14h à 14h15 pour faire entendre leur colère. Le projet de loi 3, la Loi favorisant la santé financière et la pérennité des régimes de retraite à prestations déterminées du secteur municipal, est une restructuration antiouvrière majeure des régimes de retraite des employés municipaux. Entre autres choses, elle impose un partage 50-50 des coûts des régimes et le remboursement 50-50 des déficits actuariels qui étaient à la charge des municipalités, en incluant tant les travailleurs actifs que les retraités. La loi prévoit que les municipalités pourront décider de suspendre l'indexation des prestations aux retraités et elle abolit l'indexation automatique des prestations de retraite pour les travailleurs actifs.

Dans les nombreuses municipalités, les organisateurs de la Coalition ont pris la parole.

« Nous prenons 15 minutes pour essayer de comprendre ensemble pourquoi le gouvernement, avec le projet de loi 3, a choisi la confrontation. Quinze minutes pour tenter de comprendre pourquoi le gouvernement anéantit la libre négociation en fixant d'avance les résultats d'une mascarade plongeant tout le monde - policiers, pompiers, cols bleus, cols blancs, employés de transport - dans le même bain, malgré plus de 120 conventions collectives complètement différentes. »

« Quinze minutes à se demander pourquoi le gouvernement a adopté intégralement les positions des maires Coderre et Labeaume, les nouveaux noyaux d'une Union des municipalités du Québec dont certains membres ont laissé se gaspiller davantage en collusion et en corruption que toutes les sommes qu'on pourrait rêver de récupérer sur le dos d'honnêtes travailleurs et travailleuses! »

« Les élus sont ceux qui cotisent le moins à leur fonds de pension et ils se le votent eux-mêmes! Même chose pour leurs salaires! En contrepartie, ils nous refusent le simple droit de négocier. Pourquoi une loi bulldozer qui va à ce point trop loin? Pourquoi saccager les relations de travail? Pourquoi avoir choisi la confrontation? Quinze minutes pour y penser ensemble, ce n'est pas de trop, parce qu'on n'a pas encore compris... »

Le Comité intersyndical du Montréal métropolitain (CIMM) condamne également le projet de loi. Il le considère comme une attaque sans précédent aux droits des travailleuses et des travailleurs des municipalités et une violation du droit à la libre négociation et des ententes négociées.

Après avoir exprimé leurs préoccupations quant au dossier des régimes de retraite lors de leur rencontre avec le maire de Montréal, le 1er mai dernier, les membres du CIMM déplorent que leurs interventions demandant d'arriver à des ententes librement négociées dans le dossier du déficit des régimes de retraite n'aient pas été entendues. Ils font valoir que celles-ci ont été négociées et convenues tant par les employeurs que les salariés, et acceptées en remplacement d'augmentations de salaires.

À Montréal ils étaient près d'un millier devant l'Hôtel de ville à manifester le 17 juin dernier. Ils ont allumé un feu et brûlé symboliquement leurs casquettes, un feu qui a été éteint par la suite par les pompiers présents à la manifestation.

Les médias monopolisés ont sauté sur l'occasion pour créer la diversion habituelle sur la prétendue violence des travailleurs. Aucun journaliste n'a parlé de cette attaque brutale contre les régimes de retraite des travailleurs, contre les retraités et le droit de négocier comme étant la véritable violence.

Le premier ministre Couillard en a remis. «Quels que soient les auteurs, tout acte de violence ou de destruction de propriété doit être condamné, personne n'est au-dessus de la loi. C'est d'autant plus préoccupant quand il s'agit de personnes qui sont elles-mêmes chargées de l'application des lois», a déclaré le premier ministre, en point de presse à l'Assemblée nationale.

«On ne rehausse pas son discours ou son message de cette façon, c'est clair», a-t-il ajouté.

Le maire de Montréal Denis Coderre a quant à lui qualifié cette manifestation d'« inacceptable ». « Je demande aux syndicats d'arrêter de faire ce genre de choses et d'agir de façon responsable », a-t-il dit en ajoutant qu'il allait discuter avec les dirigeants et s'assurer que la sécurité des citoyens ne sera pas compromise si d'autres actions sont à prévoir.

« Est-ce que les syndicats vont payer? On a une convention collective, quand on signe, il faut qu'on respecte. Des pauses syndicales, ça n'existe pas à la police. On va faire toutes les vérifications », dit le maire.

Les travailleurs ont rejeté avec mépris ces propos et affirmé qu'ils poursuivraient leur lutte contre ce projet de loi et à la défense de leurs régimes de retraite. Les politiciens des veulent prétendre qu'il y a consensus sur l'offensive antisociale. Il veulent pouvoir prétendre que «tout le monde est d'accord pour dire que nous vivons au-dessus nos de moyens», et c'est pourquoi ils crient à «la violence» dès que les travailleurs défendent leurs droits. Le mensonge à propos de l'économie et qui est responsable et les accusations de «violence» contre quiconque s'y oppose ne passeront pas!

 




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