Volume 2 Numéro 100 - 2 juillet 2014


Actualités

Les centres de femmes du Québec rejettent le programme d'austérité du budget Leitao

L'assemblée générale annuelle des centres de femmes du Québec qui s'est tenue le 10 juin et qui a réuni 300 femmes issues de toutes les régions du Québec a rejeté à l'unanimité le programme d'austérité du budget Leitao. Les participantes considèrent qu'il aggravera l'appauvrissement individuel et collectif, tout particulièrement celui des Québécoises.

Dans le communiqué émis pour l'occasion, elles mentionnent que le budget présenté illustre que le gouvernement Couillard ne respecte pas ses devoirs à l'égard des droits fondamentaux. Elles ajoutent que plusieurs mesures annoncées favoriseront la discrimination de certains groupes sociaux — notamment les femmes et les pauvres — dans l'exercice de leurs droits économiques, sociaux et culturels. « Les nouvelles compressions dans les services publics, le gel de l'embauche notamment dans le réseau de la santé, l'indexation des tarifs de garderie et des services de garde en milieu scolaire, le nombre insuffisant de nouveaux logements sociaux, la baisse des impôts sur le revenu et l'augmentation des taxes à la consommation, toutes ces mesures porteront atteinte à l'exercice des droits de la classe moyenne et des personnes vivant sous le seuil de pauvreté, aux premiers rangs desquels se retrouvent les femmes. »

Le Regroupement des centres de femmes du Québec qui a été fondé en 1985 qui travaille étroitement avec les femmes constate au quotidien « les ravages engendrés par notre organisation économique ». Tous les jours, les centres rencontrent des femmes issues de tous les milieux qui subissent différentes discriminations : dévalorisation et non-reconnaissance des travaux domestiques, salaire inégal à travail égal, violence physique et psychologique, agression sexuelle, pauvreté, etc. « Les centres mesurent bien l'importance des services publics et d'une fiscalité progressive, puisqu'ils voient les conséquences du désinvestissement de l'État à tous les jours ! Déjà débordés par des situations de plus en plus lourdes et nombreuses, ils ne peuvent que crier leur indignation et leur colère face au budget provincial Leitao, un budget allant à l'encontre de la justice sociale », affirme résolument Carole Mathieu, présidente de L'R des centres de femmes du Québec.

« L'État québécois a fait des choix budgétaires qui ne profitent qu'à une minorité, au détriment d'une majorité. Les centres de femmes et leurs alliés sont sur le pied d'alerte. Ils resteront extrêmement vigilants et sont prêts à se mobiliser », souligne l'organisation en conclusion.


Le personnel des CSSS d'Ahuntsic et Montréal-Nord manifeste contre la réduction du soutien
aux plus vulnérables

Le personnel du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) d'Ahuntsic et Montréal-Nord est sorti dans la rue le 25 juin pour dénoncer l'impact des compressions budgétaires sur les services directs à la population. Il mentionne que suite à l'adoption du budget Leitao, pas moins de 15 postes seront abolis, diminuant ainsi considérablement la capacité des équipes en place d'offrir soins et services à la population des quartiers que l'établissement est censé desservir.

Les membres de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) et du Syndicat interprofessionnel d'Ahuntsic et Montréal-Nord (SIAM-FIQ) partagent la même préoccupation. Plutôt que de réduire l'accès aux services et d'allonger les listes d'attente en limitant l'accès au personnel clinique, il faut s'en prendre aux vraies sources de gaspillage, ont dit les syndiqués.

Ils décrient par exemple le caractère contre-productif de la gestion par statistiques qui oblige les personnes qui offrent du soutien à domicile, entre autres, à consacrer beaucoup de temps à rendre des comptes et nécessite l'embauche de plus en plus de cadres chargés de compiler l'avalanche de statistiques qu'on exige des intervenants. « A-t-on vraiment besoin de tant de gestionnaires quand on en arrive à abolir des postes en travail social, en psychologie, en ergothérapie, en organisation communautaire? », s'interroge Marjolaine Gaudreau, présidente locale de l'APTS, qui perd 11 de ses membres dans ces compressions.

« On laisse tomber des clientèles particulièrement vulnérables », déplore-t-elle. Les services de première et deuxième lignes en santé mentale sont en effet durement touchés, tout comme les services destinés aux jeunes et aux gens des milieux moins favorisés.

« Voilà un impact réel et concret du budget Leitao. Contrairement au discours officiel, les coupes annoncées par le gouvernement libéral affectent directement les services à la population. Ici, ce sont des jeunes qui se voient privés de l'expertise d'infirmières en santé scolaire. Lorsqu'on sait que la prévention a pour objectif d'éviter bien des problèmes de santé qui peuvent entraîner des interventions médicales, on ne peut que condamner vertement cette décision. Ce sont les jeunes de tout un quartier qui sont abandonnés par les décisions du gouvernement », s'indigne la présidente du SIAM-FIQ, Julie Duchesneau.

« Nous sommes très inquiètes de l'impact de la fusion des CSSS sur les conditions de travail des professionnelles en soins. Elles sont déjà surchargées et la fusion nous fait craindre un surcroît de travail, dangereux pour leur propre santé. Dans le cas des soins à domicile, le fait de ne pas connaître la clientèle et le territoire va ralentir l'exécution du travail et ainsi, altérer la qualité des services auprès de personnes vulnérables », appréhende Julie Duchesneau.

 




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