Volume 2 Numéro 105 - 2 septembre 2014

Chantier politique reprend sa publication

Nous voilà de retour comme promis. Il s'est passé beaucoup de choses cet été. Les travailleurs de la santé et des services publics, travailleurs municipaux, pompiers et retraités ont été actifs à défendre leurs droits. En défendant leurs droits ils se font les porteurs d'une société qui doit avoir les plus hautes normes quand il s'agit des soins à donner à sa population: éducation, santé, services publics, sécurité au travail et quiétude à la retraite.

De même, des communautés ont affirmé que les ressources naturelles appartiennent au peuple et que leur exploration et exploitation doivent servir à l'amélioration de notre environnement social et naturel. Les jeunes ont beaucoup discuté de l'avenir du Québec. Ils cherchent les moyens d'unifier le corps politique pour que nous puissions ensemble décider de notre avenir à tous.

D'autre part l'été a aussi été marqué par des affirmations et des gestes de ceux qui prétendent être nos dirigeants mais qui font tout à contre-courant du bien public. Dans leur grand plan dit d'austérité pour «rétablir les finances publiques», nous sommes de simples « contribuables » et nos besoins et revendications sont un fardeau pour la société. Ils nous disent que la seule chance de survie pour le Québec est de mettre toutes nos ressources humaines et naturelles au service de grands intérêts économiques qui eux «créent» la richesse alors que nous ne faisons que «contribuer» à leur grand effort.

C'est vraiment deux conceptions du monde.

Chantier politique est donc au rendez-vous pour fournir information, enquêtes et nouvelles, pour qu'ensemble, calmement, nous soyons en mesure d'ouvrir une voie au progrès de la société. Merci à tous les lecteurs qui nous ont envoyé articles, nouvelles et commentaires au cours de l'été. Continuez à nous écrire sur ce qui se passe dans vos milieux de travail, maisons d'éducation et quartiers ainsi qu'au Québec, au Canada et dans le monde. Cela aide tout le monde à contribuer à l'effort commun pour aller vers un Québec propre à l'être humain.



Défendons le droit à une retraite en sécurité!
Retrait immédiat du projet de loi 3!


Manifestation à la défense des régimes
de retraite des employés municipaux


Montréal
Le samedi 20 septembre à midi
Parc Lafontaine (Sherbrooke et Parc La Fontaine)
Organisée par la Coalition syndicale pour la libre négociation
Information: 438-882-3756



Le projet de loi 3 du gouvernement Couillard

En dépit de l'opposition manifestée par l'ensemble des organisations des employés municipaux et du mouvement ouvrier, le gouvernement Couillard persiste à vouloir adopter à l'automne le projet de loi 3, la Loi favorisant la santé financière et la pérennité des régimes de retraite à prestations déterminées du secteur municipal. Sous couvert d'assurer la pérennité des régimes de retraite du secteur municipal, ce projet de loi constitue une violation du droit des travailleurs à des pensions qui leur assurent une retraite en sécurité et de leur droit de négocier leurs conditions de travail de même que leurs conditions de vie à la retraite. Ces droits leur appartiennent en tant que producteurs de la richesse sociale et des services dont la société dépend pour son existence. Le projet de loi s'attaque de façon particulièrement odieuse aux plus vulnérables parmi eux, aux retraités qui dépendent de leurs revenus de retraite pour vivre. C'est une loi d'extorsion qui arrache par la force une partie de leurs bénéfices de retraite pour la mettre au service d'investissements aventuriers et de programmes d'attraction du grand capital sur lequel le peuple n'exerce aucun contrôle.

Le projet de loi retire du champ de la négociation collective les questions relatives aux régimes de retraite des employés municipaux. Il fixe à 50-50 le pourcentage des taux de cotisation aux régimes de retraite à venir et y interdit toute clause d'indexation automatique. Il brise les contrats existants et impose aux travailleurs et aux retraités de payer 50 % des déficits actuariels prévus qui étaient à la charge des municipalités. Les travailleurs devront rembourser ces déficits à même leurs bénéfices déjà acquis. Pour les retraités, le projet de loi permet aux villes d'annuler l'indexation acquise et il considère ce vol comme un moyen de remboursement des déficits !

Le projet de loi impose la « négociation de bonne foi » qui consiste à déterminer quels bénéfices-retraites seront coupés et permet aussi aux syndicats de sacrifier d'autres avantages acquis dans la convention collective, comme les salaires et les congés payés, pour ramener à un partage 60-40 des déficits (60 % pour les municipalités, 40 % pour les travailleurs). C'est ce qu'ils appellent la « place à la négociation » et le ministre des Affaires municipales Pierre Moreau n'était que trop content de dire qu'il y a des gens qui avaient oublié qu'il y avait possibilité de ramener le partage des déficits à 60-40.

Le projet de loi établit un processus de restructuration prévoyant une période de « négociation » d'une année, pouvant être prolongée pour une période de trois mois renouvelable une seule fois. Les parties peuvent avoir recours à la conciliation et, en cas d'échec des dites négociations, le ministre nomme un arbitre pour régler le différend, lequel arbitre a six mois pour rendre sa décision.

Faut-il rappeler au gouvernement Couillard que même s'il refuse de reconnaître qu'une retraite en sécurité garantie est un droit pour les travailleurs et pour tous les êtres humains, ce droit n'en existe pas moins ? Le nier et le bafouer par le simple fait qu'il en a le pouvoir ne va qu'aggraver la crise politique des institutions démocratiques car celles-ci deviennent un instrument d'extorsion à des fins privées au lieu d'être instruments de défense de droits et d'intérêt public. La pression sur les régimes de retraite vient des grands intérêts monopolistes qui demandent que toutes les ressources de la société soient mises à leur disposition pour servir à leurs aventures de par le monde. Les gouvernements doivent se tenir debout, défendre les droits des membres de la société et construire l'économie qui est nécessaire à l'affirmation de ces droits.

Ce projet de loi doit être retiré immédiatement.

 




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