Volume 2 Numéro 106 - 3 septembre 2014

Tous à la défense du droit à une retraite en sécurité


Le projet de loi 3, une loi d'extorsion


Manifestation d'employés municipaux contre le projet de loi 3 devant l'Assemblée nationale
à Québec le 20 août dernier (Photo: SCFP)

Le projet de loi 3, la Loi favorisant la santé financière et la pérennité des régimes de retraite à prestations déterminées du secteur municipal, est une attaque frontale contre les travailleurs et la société dans son ensemble. Le gouvernement doit la retirer et défendre le droit de tous à une retraite en sécurité.

Cette loi aura entre autres pour effet d'appauvrir les aînés en permettant la coupure de l'indexation de leurs rentes. Si cela passe, qu'est-ce qui empêche alors la Régie des rentes de couper l'indexation de ceux qui sont sur la Régie des rentes ou encore de la réduire ? Déjà l'État fédéral a repoussé graduellement l'âge de la retraite à 67 ans au lieu de 65 ans sans même invoquer quelque raison de difficulté financière que ce soit. L'État québécois avec sa Régie des rentes a de son côté augmenté les pénalités pour ceux qui retirent leur rente à 60 ans.

Avec le projet de loi 3, le gouvernement retire quelque chose qui est déjà acquis à des gens qui n'ont plus de revenu de travail et qui sont vulnérables à la hausse du coût de la vie. C'est certain qu'en brisant le régime de négociation sur la question des régimes de retraite, on ouvre la porte pour pouvoir attaquer les aînés partout: qui sont donc les prochains aînés sur la liste ?

Le gouvernement dit agir au nom de la capacité des contribuables, mais les contribuables ce sont des gens qui vont prendre leur retraite à un moment donné. Avec cet argument, le gouvernement cherche aussi à se laver les mains de la perte de milliards de dollars par le placement aventurier des fonds de retraite des travailleurs. Une poignée d'escrocs de la finance ont empoché tout cet argent avec un tour de prestidigitation.

Il faut bien saisir qu'on fait face à un détournement de fonds très important. Non seulement avec les congés de cotisation que les villes se sont donnés dans le passé mais on a l'exemple de la ville de Québec où les surplus de caisse ont été utilisés pour baisser le compte de taxes des contribuables. Cet argent qui n'est plus dans les caisses ne produit plus rien.



La cause des déficits des caisses de retraite des municipalités

Le projet de loi 3 du gouvernement Couillard

Le gouvernement doit défendre le droit à
une pension, pas le bafouer

La Caisse de dépôt et placement du Québec(CDPQ) reçoit les argents de plusieurs régimes de retraite. La Régie des rentes (20 %) et le RREGOP (50 %), le fonds de pension des employés de l'État, représentent à eux seuls plus de 70 % des dépôts à la Caisse de dépôt qui au 30 juin 2014 valait 214 milliards $.

Cet été, la CDPQ a eu la permission d'augmenter la proportion de ses placements à l'étranger.

Le 2 juin, le dirigeant de la CDPQ Michael Sabia a dit vouloir que davantage de ressources financières des caisses de retraite et d'assurances soient utilisées pour spéculer sur le marché étranger et mis au service des grandes entreprises pour les aider à jouer sur le marché mondial.

Il a dit: « C'est notre responsabilité, notre devoir de devenir une organisation mondiale capable d'aller chercher les rendements là où ils se trouvent et de servir de pont, vers le monde, pour l'économie québécoise. »

En 2008, des dizaines de milliards de dollars sont partis en fumée dans les papiers commerciaux dont la CDPQ était un des plus gros acheteurs. L'État n'a pas jugé bon de protéger l'épargne-retraite de millions de Québécois (pas seulement les syndiqués mais tous ceux qui cotisent à la RRQ par exemple). L'État intervient de plus en plus pour servir de pont aux entreprises sur le marché mondial en mettant dans leurs mains toutes nos ressources, y compris l'argent des fonds de retraite. Les défenseurs des contribuables et de l'équité sont ceux-là mêmes qui ont créé la crise et créent maintenant un mélodrame pour tenter de profiter du mal qu'ils ont fait.

Si on considère la logique municipale, on voit que les fusions municipales ont servi à regrouper les ressources matérielles, humaines et financières. Des gros maires, des grosses villes. Les villes deviennent de grands centres d'attraction du grand capital. Les compressions dans les bénéfices à la retraite, les travailleurs qui paient davantage, libèrent des fonds énormes qui sont mis à la disposition des monopoles. Sabia dit qu'il faut internationaliser davantage l'économie du Québec. Cela se fait avec de gros joueurs, pas avec des petits.

La lutte des travailleurs municipaux est importante et tous doivent l'appuyer. Les travailleurs savent bien qu'après les employés municipaux viendront les travailleurs du secteur public, les employés de l'État québécois.

Tous et toutes pour une retraite en sécurité !
Ne touchez pas aux retraites !

Manifestation à la défense des régimes
de retraite des employés municipaux


Montréal
Le samedi 20 septembre à midi
Parc Lafontaine (Sherbrooke et Parc La Fontaine)
Organisée par la Coalition syndicale pour la libre négociation
Information: 438-882-3756

 




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