Volume 2 Numéro 107 - 4 septembre 2014

Une année scolaire qui s'annonce difficile

Il faut se battre pour défendre
nos droits en matière d'éducation

La rentrée scolaire, avec ses 1,1 million d'élèves, est une période remplie d'effervescence. À la légitime fébrilité du retour ou de l'entrée en classe pour les jeunes, leur famille et le personnel scolaire s'ajoutent les préoccupations plus larges: l'avenir du système d'éducation au Québec. La tranquillité d'esprit que tous devraient avoir quant aux soins et services que doivent fournir les écoles aux élèves s'envole facilement dans le contexte des coupures et restrictions budgétaires imposées aux 72 commissions scolaires du Québec et ses près de 103 000 enseignants, professionnels et employés de soutien.

Ces centaines de milliers de personnes que sont les travailleurs de l'éducation et les familles de jeunes auprès de qui ils oeuvrent partagent un même objectif: que le système d'éducation public réponde aux besoins du peuple du Québec d'avoir une jeunesse éduquée, contribuant par ses connaissances et sa créativité à l'épanouissement de la nation dans les secteurs économique, politique, social, culturel et sportif, et ce, au bénéfice de tous les membres de la société.

Cette perspective est bloquée à l'heure actuelle par la vision centrée sur le capital qu'imposent ceux qui exercent un contrôle sur l'économie, à commencer par le gouvernement Couillard et les intérêts qu'ils représentent. C'est là un sérieux obstacle qui est posé devant la classe ouvrière et le peuple. Un système d'éducation moderne servant le droit public ne peut être subordonné aux intérêts privés étroits. Les services dispensés en éducation ne peuvent être tantôt donnés, tantôt retirés selon qu'ils satisfassent ou non les besoins des capitalistes.

La question de freiner, voire retirer, le pouvoir de ceux qui dirigent l'économie en fonction qu'elle réponde à leur soif de profits étroits est à l'ordre du jour pour les travailleurs de l'éducation, leurs organisations et l'ensemble du peuple.


Le cul-de-sac de Couillard en éducation

Le système d'éducation publique au Québec a connu de grands changements dans le milieu des années 1960, suite au Rapport Parent. Cela comprend :

- la création du ministère de l'Éducation du Québec
- la scolarisation obligatoire jusqu'à l'âge de 16 ans
- la création des collèges d'enseignement général et professionnel (cégep) en remplacement des collèges de l'époque dirigés par des religieux
- la formation poussée des enseignants
- l'accès facilité aux universités en dehors de toute appartenance sociale

L'expansion de l'éducation à cette époque était essentielle pour permettre l'accès à l'enseignement et la formation du plus grand nombre possible de jeunes pour satisfaire les besoins des monopoles en main-d'oeuvre qualifiée. Cette époque a aussi été celle des grands projets comme le métro de Montréal, la Baie-James au début des années 1970, l'aéroport international de Mirabel, les Jeux olympiques de Montréal, etc. Afin d'attirer les investissements nécessaires à ces projets, les gouvernements de cette période ont dû créer les arrangements nécessaires en éducation pour pouvoir former rapidement une masse de travailleurs ayant les connaissances et habiletés nécessaires pour effectuer ces travaux.

La classe ouvrière exigeait pour sa part que ses fils et filles aient accès à une instruction et un enseignement qui ne soient plus réservés aux riches.

Le développement du système d'éducation national au Québec a la caractéristique de ne pas être entre les mains de ceux qui y travaillent. Les enseignants, comme l'ensemble du corps politique du Québec, n'ont aucun contrôle sur les décisions fixant leurs conditions de travail - qui sont les conditions d'études des élèves et leur conditions de salaire.

Selon une orientation de l'économie servant le capital privé, l'éducation est considérée comme une dépense et ceux qui travaillent dans les maisons d'éducation se font dire depuis plus de 30 ans qu'il faut y faire des coupures et des compressions.

La classe ouvrière et le peuple ont par contre leurs propres intérêts à défendre quand on parle de système d'éducation du Québec. Ce dernier doit servir les aspirations des travailleurs et de la population à rendre la jeunesse du Québec capable d'élaborer des politiques sociales, économiques et culturelles permettant à tous et toutes d'exprimer leur humanité et de faire leur contribution pour bâtir une nation défendant les droits de tous ceux qui y habitent. Ces exigences d'une éducation moderne demandent que la direction de l'économie serve en premier lieu les besoins d'une nation du XXIe siècle en éducation, santé et programmes sociaux.

Ce n'est pas d'hier que les enseignants revendiquent des conditions de travail et de salaire leur permettant d'être à la hauteur de ce projet d'édification nationale. Les quelques 80 000 enseignantes et enseignants des écoles publiques du Québec se préparent à négocier leur prochain contrat de travail, dû pour 2015. Dans le contexte antisocial, mené cette fois-ci par Philippe Couillard, ils rappellent à la mémoire collective comment leur secteur a été l'objet de coupures dans la période récente et comment le plan de Couillard et son discours pour « Regagner notre liberté de choix pour vivre mieux et à notre manière », doit être défaits car c'est son gouvernement qui, sous la fraude d'une « liberté de choix », oeuvre à la destruction du système national d'éducation.

Le peuple du Québec n'a pas choisi que son économie et ses décisions politiques soient entre les mains du capital privé. Ce sont les gouvernements néolibéraux comme celui de Couillard et ceux qui s'en font les porte-parole qui cherchent à faire croire au peuple qu'il « regagnera sa liberté » s'il abandonne la perspective d'un programme prosocial.

Les enseignantes et enseignants du Québec, de même que tous ceux qui travaillent dans les maisons d'éducation, doivent résolument dire non à toute nouvelle attaque dans leur secteur, tout en poursuivant leurs actions et discussions à l'élaboration de conditions de travail leur permettant d'enseigner avec les plus hauts standards d'une société moderne, humanisée.

Manifestation à la défense des régimes de retraite des employés municipaux



Montréal

Le samedi 20 septembre à midi
Parc Lafontaine (Sherbrooke et Parc La Fontaine)
Organisée par la Coalition syndicale pour la libre négociation
Information: 438-882-3756


Tous à la défense du droit à une retraite en sécurité!




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