Volume 2 Numéro 118 - 22 septembre 2014

Le gouvernement Couillard doit retirer son projet de loi 3

50 000 manifestants à Montréal crient d'une
seule voix: Non aux voleurs!


À la manifestation de samedi, 20 septembre, au Parc La Fontaine à Montréal

Le samedi 20 septembre, plus de 50 000 personnes ont marché dans les rues de Montréal vers les bureaux du premier ministre Philippe Couillard pour dénoncer le projet de loi 3 qui restructure les régimes de retraite du secteur municipal. Ce projet de loi enlève aux travailleurs leur droit de négocier les conditions de leurs régimes de retraite, impose une cotisation 50-50 dans les régimes de retraite actuels et à venir et le partage à 50-50 des déficits passés en réduisant les prestations des travailleurs. Il interdit l'indexation automatique des prestations de retraite et permet la suspension de l'indexation de la rente des retraités.

La manifestation, organisée par la Coalition syndicale pour la libre négociation, a exprimé de façon très militante l'opinion des Québécois à savoir que, même si le gouvernement Couillard a une majorité, il n'a pas le droit d'attaquer les régimes de retraite et les programmes sociaux et de nier aux travailleurs le droit de négocier leurs conditions. La Coalition représente plus de 65 000 cols blancs, cols bleus, pompiers, policiers, professionnels et employés de sociétés de transport, soit la quasi-totalité des employés municipaux syndiqués du Québec. Ils étaient présents en grand nombre avec leurs familles et supporteurs de tous les secteurs de l'économie.

Les manifestants sont venus de partout : de Montréal, des villes de la Montérégie, de Laval, de Saint-Jérôme, Joliette, Québec, Trois-Rivières et d'aussi loin que de Sept-Îles et de la Baie-James. La majorité des manifestants étaient des employés municipaux, actifs et retraités, et leurs contingents comprenaient un grand nombre de jeunes travailleurs du secteur. Il y avait aussi des travailleurs de plusieurs autres secteurs : travailleurs des postes, métallos, machinistes, travailleurs de l'aérospatiale, employés de métier d'Hydro- Québec, enseignants et travailleurs de la santé, de même que des étudiants. Beaucoup sont venus manifester avec leur famille. Un contingent du Parti marxiste-léniniste du Québec a participé à la manifestation et les activistes du PMLQ ont distribué le plus récent numéro du Forum ouvrier qui fait une place d'honneur à la lutte des travailleurs municipaux à la défense de leurs régimes de retraite et pour une retraite en sécurité pour tous.



Les manifestants portaient bannières et pancartes qui exigeaient que le gouvernement négocie avec les travailleurs du secteur public au lieu de leur imposer par la loi leurs conditions à la retraite et d'abaisser ces conditions pour eux-mêmes et les aînés en violation des contrats négociés et signés.

La manifestation s'est mise en branle vers midi dans les rues du centre-ville de Montréal et s'est dirigée vers les bureaux du premier ministre où des discours ont été prononcés.

« Le grand rassemblement d'aujourd'hui démontre que la grogne prend de l'ampleur, y a dit Marc Ranger, le porte-parole de la Coalition. Nous mettons en garde le gouvernement Couillard contre un gâchis annoncé. Le projet de loi 3 aurait des conséquences incalculables sur le climat de travail et les négociations futures dans les municipalités, de même que sur le climat social en général. Pourtant, les nombreuses ententes conclues à ce jour font la démonstration que nous sommes déjà en mode solutions. Le gouvernement est à la croisée des chemins: il a encore la chance d'emprunter la voie du compromis et de l'apaisement. » « Actuellement, a-t-il ajouté, le véritable objectif du gouvernement, c'est de réduire nos conditions de travail négociées depuis 30 ans dans le monde municipal. Au ministre Moreau et aux trois médecins qui sont au gouvernement, et qui se croient tout permis, je veux qu'on envoie un message très clair ». Son discours a été ponctué d'applaudissements.

Le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Daniel Boyer, a eu ces mots: « Nous sommes très inquiets face à l'attitude du gouvernement qui prétend vouloir établir un dialogue social, mais qui se braque devant toutes tentatives de discussions franches et de solutions alternatives. Québec devrait s'occuper de la vaste majorité de la population qui n'a pas de régime de retraite à prestations déterminées au lieu de s'attaquer aux travailleurs et aux retraités. Jamais n'allons-nous accepter que l'on piétine nos droits, jamais nous n'allons accepter que nos acquis soient piétinés. Nous avons des régimes de retraite, on y tient, et on en souhaite un à tout le monde; tous les Québécois ont droit à une vie décente à la retraite. »

Pour sa part, le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau, a dénoncé l'attaque contre les retraites comme le début des mesures d'austérité du gouvernement Couillard: « Philippe Couillard parlait durant les élections de réconciliation nationale et de dialogue social et nous arrive avec le projet de loi 3 qui s'en prend sans vergogne à la rémunération et aux conditions de tous les travailleurs municipaux. Celui-ci est la première étape des nombreuses mesures d'austérité annoncées par les libéraux qui vont nous toucher directement. Nous allons combattre sur tous les fronts possibles pour les empêcher de se livrer à ce saccage. »

Paul Moist, le président du Syndicat canadien de la fonction publique qui représente la vaste majorité des employés municipaux du Québec, a exigé que le gouvernement Couillard négocie de bonne foi avec les employés municipaux plutôt que de leur imposer leurs conditions. « Négociez, ne légiférez pas ! », a-t-il scandé à plusieurs reprises, aux applaudissements des manifestants qui ont repris le slogan à l'unisson.


Tous à la défense des régimes de retraite
des employés municipaux le 20 septembre!


Blâmons le gouvernement et non les travailleurs pour son comportement criminel!

Le dernier orateur, Jean Carette, le porte-parole des retraités de la Coalition pour la libre négociation, a dénoncé le projet de loi 3 comme étant une attaque contre le droit de tous à une retraite dans la dignité et a terminé son discours sous les applaudissements quand il a lancé:

« Non à l'arrogance! Non aux manigances!
Non à l'arbitraire et à la démagogie!
Oui à une retraite d'équité, gagnée, active et citoyenne!
Oui à la solidarité! »

Avant le début de la manifestation, le porte-parole de la Coalition, Marc Ranger, a tenu un point de presse dans lequel il a déclaré: « On dit non au projet de loi 3 et aux coupures sauvages du gouvernement. Ce n'est pas parce qu'il [le gouvernement] est majoritaire qu'il peut faire n'importe quoi. » Il a saisi l'occasion pour dire que d'autres actions se tiendront au cours des prochaines semaines. « On va se mobiliser de façon intelligente pour que ce gouvernement recule [...] Les gens sont prêts au combat, motivés et ne se laisseront pas faire », a-t-il dit. Il a ajouté que les informations se multiplient à l'effet que le gouvernement songe à sabrer dans le régime de congés parentaux, à augmenter le coût des services de garde, à abolir les agences de santé et à fermer des conservatoires de musique et d'art dramatique, toutes des mesures qui auront des effets néfastes dans l'ensemble de la société.






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