Volume 2 Numéro 127 - 16 octobre 2014

 

Criminalisation de la lutte contre le vol des pensions


Condamnons les attaques de la ville de Montréal
contre ses pompiers et sa direction syndicale


      Manifestation le 14 octobre des pompiers contre la criminalisation de leur lutte par la suspension de leurs collègues et de leur dirigreant syndical (Benoît Chapdelaime)

Le 14 octobre, la direction de la Ville de Montréal a annoncé la suspension sans solde pour six mois du président de l'Association des pompiers de Montréal, Ronald Martin, en rapport avec une manifestation à l'hôtel de ville en août dernier. Il s'agit d'une autre décision arbitraire et revancharde et l'objectif visé est de criminaliser la juste résistance des travailleurs municipaux au projet de loi 3 qui attaque leurs pensions. La ville de Montréal et la Direction des services des incendies continuent leurs provocations et leur intimidation à l'endroit des sapeurs-pompiers pendant que le gouvernement du Québec s'apprête à utiliser sa majorité pour imposer le projet de loi 3.



Défendons le droit à une retraite en sécurité!
Retrait immédiat du projet de loi 3!

Le projet de loi 3 du gouvernement Couillard

Le projet de loi 3, une loi d'extorsion

La cause des déficits des caisses de retraite des municipalités

Blâmons le gouvernement et non les travailleurs
pour son comportement criminel!


Tous à la défense des régimes de retraite
des employés municipaux le 20 septembre!


50 000 manifestants à Montréal crient d'une
seule voix: Non aux voleurs!


Opposons-nous tous à la criminalisation
des travailleurs municipaux

 

Ronald Martin a dénoncé également la collusion entre le maire de Montréal et le directeur de la ville Alain Marcoux, qui «font un show de boucane» et prennent toutes les décisions en forçant tous les employés de la ville de les appliquer. Il a expliqué que ceux qui font le travail, qui prennent des risques lors des interventions, ce sont les pompiers et non l'administration. Des centaines de pompiers étaient présents pour exprimer leur colère. Au début d'octobre la ville a suspendu sans solde 57 autres employés, soit 4 cols blancs, 7 cols bleus et 46 pompiers, mesures que les pompiers dans les casernes continuent de dénoncer par toutes sortes de moyens.

La ville parle de «vandalisme» et d'intimidation de la part des syndiqués pour justifier sa décision. Le ministre des Affaires municipales Pierre Moreau a dit : «Nous sommes dans une société démocratique, on doit accepter que des gens soient en désaccord avec les positions qui sont émises, mais on ne peut accepter que des gestes illégaux soient posés.»

Cette rengaine libérale habituelle vise à cacher la violence de l'État et détourner l'attention publique du fait que plusieurs pompiers ne peuvent exercer leur travail. Quand on sait que plus de 80 pompiers ont pris hâtivement leur retraite le printemps dernier pour éviter les sanctions du projet de loi 3, c'est plus de 120 pompiers qui ne peuvent effectuer leur travail avec ces suspensions et congédiements. Qui donc le fait alors? Qui accomplit leurs besognes régulières? Est-ce que le service des incendies peut se passer d'un si grand nombre de pompiers sans mettre le service à la population en danger?

Il y a 2430 pompiers répartis sur 78 casernes sur le territoire de la ville de Montréal. Il y a donc des casernes qui sont en manque d'effectifs. La ville de Montréal et le gouvernement du Québec vont être responsables si une tragédie survient due au manque de personnel et de l'expertise perdue à cause de ses décisions. De plus, les travailleurs savent d'instinct le probable agenda caché du maire dans ses tentatives d'ébranler la résistance des pompiers et du coup affaiblir la direction syndicale.

Est-ce que le maire de Montréal, Denis Coderre, a dans sa manche l'intention d'accroître le niveau de privatisation des services des incendies de la ville? L'ancienne administration Tremblay a déjà utilisé les tribunaux pour privatiser certains départements du service des incendies. La ville avait obtenu l'aval pour confier l'entretien mécanique des camions de pompiers à des firmes privées plutôt que de les confier à des pompiers mécaniciens ou au service du garage municipal. L'association des pompiers avait dénoncé cette décision en 2009.

Est-ce que la ville de Montréal va profiter des conséquences du projet de loi 3, des récentes retraites, des suspensions et congédiement, pour faire de nouvelles expérimentations de privatisation? La privatisation de services publics par les représentants néo-libéraux est une voie de plus en plus utilisée en Amérique du Nord, particulièrement aux États-Unis et de plus en plus au Canada, pour appliquer l'offensive antisociale et la politique d'austérité. Est-ce que le service des incendies de la ville de Montréal fait partie de leur cible? C'est à surveiller de près.





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