Volume 2 Numéro 126 - 15 octobre 2014

 

1500 personnes dans les rues de Cacouna:

Annulez le certificat de forage! Non au projet
de pipeline et de port pétrolier de TransCanada!


Samedi le 11 octobre, près de 1500 personnes ont manifesté dans les rues de Cacouna, près de Rivière-du-Loup, contre la reprise des travaux de forage de l'entreprise albertaine TransCanada au large de Cacouna et contre le projet pipelinier et de port pétrolier de la compagnie, le projet Oléoduc Énergie Est. Les manifestants, qui étaient venus des quatre coins du Québec, ont marché dans les rues de la municipalité et vers le port de Gros-Cacouna. Ils portaient une grande bannière demandant la protection du fleuve Saint-Laurent et notamment la population de bélugas qui se reproduit dans la région, et une autre demandant l'arrêt du projet.

L'Oléoduc Énergie Est est un projet pipelinier de TransCanada qui va acheminer du pétrole de l'Alberta et de la Saskatchewan au terminal maritime de Québec et à celui de Saint-Jean au Nouveau-Brunswick. Il aura une capacité de 1 100 000 barils par jour. Le projet comprend aussi la construction d'un port pétrolier à Cacouna pour l'exportation du brut au moyen de pétroliers géants.



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À la fin septembre, la Cour supérieure du Québec a accordé une injonction suspendant l'effet du certificat d'autorisation délivré par le gouvernement du Québec à TransCanada pour ses forages exploratoires parce qu'il mettait en danger la population de belugas, qui sont reconnus comme une espèce menacée. Les travaux de forage doivent reprendre jeudi le 16 octobre. Le ministère de l'Environnement a déposé une ordonnance le 11 février en vue de la reprise des travaux de forage qui impose à TransCanada de réduire le bruit pendant les travaux.

Pour les participants à la manifestation du 11 octobre, ces mesures ne sont pas suffisantes. Un des organisateurs de la manifestation, Martin Poirier, porte-parole du groupe «Non à une marée noire dans le Saint-Laurent», a pris à partie le ministre responsable de la région Jean d'Amour (qui est aussi le ministre responsable de la stratégie maritime du gouvernement): « M. D'Amour avait dit au lendemain de la manifestation du 27 avril qu'il n'y aurait pas de projet avec TransCanada si la population démontrait qu'elle n'en voulait pas. Pour nous, la manifestation d'aujourd'hui lance ce signal-là : il n'y a pas de feu vert de donné par la population. On n'a jamais donné ce mandat-là à notre gouvernement. »

Il a reproché au gouvernement Couillard de se comporter en lobbyiste pour TransCanada: « Nous avons le devoir d'être le gardien du bien commun. Quand je vois le ministre de l'Environnement se comporter comme un lobbyiste et un promoteur de TransCanada... Le lendemain, M. Couillard ose rajouter que les forages vont continuer d'aller de l'avant... Il devient aussi un lobbyiste de TransCanada », a-t-il dit.

Le maire de Saint-Siméon, Sylvain Tremblay, une petite municipalité de Charlevoix du côté nord du fleuve juste en face de Cacouna, a renchéri: « On se fait imposer des choses en région comme au Québec alors que normalement on sait exactement ce dont on a besoin nous-mêmes. »

Il a ajouté sous les applaudissements des manifestants: : «Vous êtes les gardiens de notre avenir. On ne va pas se laisser faire et nous imposer des choses comme cela. C'est la nature qui nous fait vivre et non pas des financiers qui veulent venir avec leurs épées noires nous transpercer. Soyons solidaires et nous allons faire changer les choses. »


D'autres intervenants ont aussi parlé de l'importance de cette lutte populaire. n comptait parmi les manifestants des députés du Parti québécois, de Québec solidaire, et du NPD fédéral.

On s'attend à ce que TransCanada présente incessamment sa demande d'autorisation de son projet à l'Office national de l'énergie.

Les manifestants se sont engagés à intensifier leurs actions dans la période à venir. Une des actions en cours est la signature d'une pétition émise par Nature Québec qui demande l'arrêt des travaux de forage et un débat public sur le projet Oléoduc Énergie Est.

Elle dit notamment:

« JE SIGNE

Un débat ouvert et transparent exigé. Les forages dans la pouponnière de nos bélugas ne sont que la première phase d'un projet bien plus vaste ayant des enjeux environnementaux majeurs pour le Québec. Les questions de fond n'ont jamais été débattues publiquement : Souhaitons-nous la construction d'un nouvel oléoduc (pipeline) sur plus de 700 kilomètres en territoire québécois pour assurer l'acheminement puis l'exportation du pétrole bitumineux de l'Ouest canadien? Quel impact aura ce projet sur les changements climatiques? Sur nos milieux naturels? Sur le Saint-Laurent? Que se passera-t-il en cas de déversement?

Pour sa part, Nature Québec estime que le Québec n'a rien à gagner et tout à perdre tant les bénéfices sont minimes et les risques environnementaux élevés. Les Québécois doivent pouvoir décider du sort de ce projet majeur, qui met en jeu l'avenir de nos enfants, alors que le débat sur son utilité n'a jamais eu lieu. Or, le gouvernement permettra ce débat fondamental et dotera le Québec d'un droit de refus uniquement si nous nous opposons aux travaux à Cacouna et unissons nos voix pour l'exiger. »

On peut signer la pétition en allant sur http://sauvonsnosbelugas.com



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