Volume 2 Numéro 132 - 23 octobre 2014

Grève de 13 600 responsables en
services de garde en milieu familial


Les travailleuses en grève
à la défense de la dignité de leur travail



Le lundi 20 octobre, les 13 600 responsables en service de garde familial membres de la
Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec - Centrale des syndicats du Québec (FIPEQ-CSQ), ont tenu une grève d'une journée et des manifestations dans plusieurs villes pour forcer le gouvernement à accéder à leurs revendications visant en premier lieu des salaires qui tiennent compte de leurs heures réellement travaillées. Il y a eu deux grandes manifestations de plus de 1000 personnes chacune, une devant les bureaux du premier ministre Couillard à Montréal et la seconde devant l'Assemblée nationale à Québec, et des manifestations ont aussi eu lieu à Rivière-du-Loup, Gaspé, Val-d'Or et d'autres villes.


Action des intervenantes en sevice de garde de la ville de Québec

Au coeur du conflit est la détermination du gouvernement de maintenir ces travailleuses au salaire et aux conditions de travail les plus bas possible. La façon dont le gouvernement s'y prend pour nier les demandes salariales des éducatrices, c'est en ne reconnaissant pas les heures qu'elles travaillent réellement, lesquelles sont pourtant prescrites par la loi. La Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance oblige ces travailleuses à passer 10 heures par jour, 5 jours-semaine avec les enfants dont elles ont la charge. Une autre loi , la Loi sur la représentation de certaines personnes responsables d'un service de garde en milieu familial prévoit aussi que les salaires de ces éducatrices doivent être comparables aux salaires qu'on retrouve dans les centres de la petite enfance et qu'en même temps les salaires des éducatrices en milieu familial doivent tenir compte de leurs heures de travail. Les salaires qui prévalent dans les centres de la petite enfance sont très bas, environ 30 000 $ par année pour la catégorie qui correspond à celle à laquelle les travailleurs en milieu familial appartiennent. C'est ce salaire qui est un salaire horaire reconnaissant 35 heures de travail qui est imposé aux responsables en milieu familial qui en font 50. Les travailleuses font donc valoir que même la loi n'est pas respectée puisque le salaire qu'elles reçoivent ne tient pas compte des heures réellement travaillées. Les travailleuses demandent le rattrapage salarial qui viendrait de la reconnaissance des heures travaillées plus une augmentation de salaire pour faire face au coût de la vie. Cette demande fait partie, disent-elles, de la reconnaissance qui est due du travail important qu'elles font pour la société et de leur professionnalisme. Les responsables de service de garde familiale sont des éducatrices qui reçoivent entre 7 et 9 enfants par jour dans leurs services de garde qui sont aussi leur résidence. Elles sont régies par les mêmes obligations légales en santé et sécurité, en programme éducatif, en normes sur les repas, que les éducatrices qui travaillent dans les centres de la petite enfance.




Action des intervenantes en sevice de garde de Val D'or

Le gouvernement persiste à dire que la comparaison ne tient pas entre les CPE et la garde en milieu familial puisque les responsables en milieu familial sont à contrat, payées tant par enfant à charge, niant ainsi la réalité de leurs conditions de travail, la justesse de leurs demandes pour améliorer sérieusement ces conditions et même ce qui est écrit dans la loi. La ministre de la Famille Francine Charbonneau a dit appliquer l'ordre du jour du gouvernement Couillard en refusant même de considérer les revendications salariales des travailleuses et de rechercher plutôt d'autres formes d'aménagement qui ne toucheraient pas les salaires, alors que les salaires sont la demande première des travailleuses dans cette grève. « Je dois faire mieux avec ce que j'ai », a déclaré la ministre en entrevue à RDI, ajoutant que son ministère est sous le coup des mesures prises par le gouvernement Couillard pour atteindre l'équilibre budgétaire. Dans cette même entrevue, elle a dit que plutôt que de considérer les demandes salariales des travailleuses, elle va mettre la priorité sur la question de la réduction des listes d'attente dans les services de garde, tentant de blâmer les travailleuses des services de garde pour les problèmes du réseau qui souffre du sous-financement du gouvernement.











Manifestation à Gaspé

En plus de leur demande salariale, les responsables des services de garde ont des demandes telles que le paiement de leurs vacances à 100 % de leur salaire (présentement à 70 %) et l'accession à plus de congés fériés. Ces travailleuses en sont à leur deuxième convention collective seulement. Avant d'avoir une convention collective, elles n'avaient ni vacances ni jours fériés. Leur convention collective est arrivée à terme le 30 novembre 2013 et les négociations ont commencé en octobre 2013, soit il y a plus d'un an. Les travailleuses ont déposé leurs demandes en juin 2013 et elles rapportent qu'il n'y a eu aucun déblocage aux tables sur la question salariale. La ministre de la Famille a même refusé de négocier vendredi dernier alors que les travailleuses se préparaient à leur journée de grève nationale.

« On ne peut pas être dans la rue et à la table de négociation  en même temps », a-t-elle dit.

Les travailleuses rapportent que la journée de grève s'est très bien passée, que la participation a été nombreuse aux actions et que plusieurs parents se sont joints à elles sur leurs lignes de piquetage et dans leurs manifestations.



Opposition aux politiques anti-travailleurs et anti-peuple du gouvernement Couillard

Les travailleurs manifestent
lors du Conseil général du PLQ

Sous le thème de la relance économique et du redressement des finances publiques, le Parti libéral du Québec tenait un Conseil général à l'Hôtel Delta de Trois-Rivières le samedi dernier 18 octobre. Parmi les orateurs se trouvaient entre autres le premier ministre Couillard ainsi que le ministre des Finances Carlos Leitao.

La Coalition syndicale pour la libre négociation en a profité pour faire entendre la voix des employés municipaux floués par ces mesures de « redressement des finances » qui étaient discutées au Conseil général.

Plus de 500 employés municipaux, cols bleus, cols blancs, pompiers, policiers, ainsi que plusieurs employés du milieu de la santé étaient présents avec pancartes et sifflets afin de dénoncer le projet de loi 3 sur les fonds de pension des employés municipaux de même que le projet de loi 10 sur les restructurations dans le milieu de la santé.

Malgré la pluie et le fait qu'aucun représentant du Parti libéral ne soit venu rencontrer les manifestants, ceux-ci étaient déterminés à démontrer au gouvernement leur opposition non seulement aux lois qui touchent les milieux municipaux et de la santé, mais à toutes les mesures d'austérité dont sont ou seront victimes les Québécois. Dans les rues avoisinantes, on pouvait voir plusieurs véhicules de la police de Trois-Rivières mais surtout les unités d'urgence et de contrôle de foule de la Sûreté du Québec, ainsi que de nombreux médias.

La manifestation a débuté vers 10 h 30 et s'est terminée vers 12 h 30. Les membres du Parti libéral et leurs invités qui voulaient assister au Conseil devaient débourser 75 $ et avaient droit à un repas. À l'heure du lunch, alors que les fenêtres de la cafétéria du Delta donnaient sur le lieu de la manifestation, plusieurs représentants de la Coalition en ont profité pour s'adresser à la foule. Ils ont remercié les manifestants de s'être déplacés et les ont exhortés à tenir le rythme car la lutte sera longue, un vrai « marathon ». Ils ont évoqué le fait que le gouvernement s'apprête à faire passer son projet de loi 3 amendé. Il faudra se préparer à continuer la lutte après son adoption, ainsi qu'à resserrer les liens avec les employés du milieu de la santé et tous les autres qui seront aussi victimes de coupures, ont-ils conclu.

Non au déploiement américain et canadien en Irak!
Non au bombardement de l'Irak et de la Syrie!


Montréal
Manifestation dimanche le 26 octobre - 13 h
Départ: Square Dorchester
Organisée par Échec à la Guerre et l'Alliance canadienne pour la paix



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