Volume 2 Numéro 134 - 28 octobre 2014

Militante manifestation à Montréal


Non aux fausses justifications pour la participation du Canada à toute guerre d'agression

Plus de 200 personnes ont marché dans les rues de Montréal le 26 octobre pour dénoncer la participation du Canada à la guerre d'agression des États-Unis contre l'Irak et la Syrie. Cette manifestation a été organisée dans le cadre des journées pancanadiennes contre cette nouvelle guerre en Irak. Des manifestations ont ainsi eu lieu dans les villes de Windsor, Ottawa, Toronto, Winnipeg, Edmonton, Charlottetown, Vancouver et plusieurs autres.

Étaient au rendez-vous des gens de plusieurs milieux, des artistes et de nombreuses organisations dont Échec à la guerre et l'Alliance canadienne pour la paix, qui ont organisé l'action à Montréal, Femmes de diverses origines, Artistes pour la paix, l'Alliance internationale des femmes, Voix juives indépendantes, le Parti Vert, le Parti marxiste-léniniste du Québec avec sa bannière « Luttons pour un gouvernement antiguerre ». Les slogans « Non aux guerres d'agression, non aux guerres d'occupation, les troupes à la maison! », « Arrêtez les mensonges, arrêtez les tueries, la guerre est un crime! », « Non à la guerre oui à la paix! », ont été scandés tout au long de la marche, dans les rues du centre-ville de Montréal.

Les activistes du PMLQ ont distribué la déclaration émise pour la manifestation qui en appelle à tous à ne pas permettre que les tragédies de Saint-Jean-sur-Richelieu et Ottawa servent à faire valoir les plans de guerre à l'étranger du gouvernement Harper et des pouvoirs dictatoriaux au pays. Dans les échanges, plusieurs personnes ont dit être venues à la manifestation justement pour faire le point qu'elles rejettent l'utilisation des attentats de la semaine pour justifier la guerre contre l'Irak et la Syrie. « Il fallait que je sois là aujourd'hui, a dit une manifestante. À mon âge, je ne vais plus souvent dans les manifestations, mais aujourd'hui, il fallait que j'y sois pour faire entendre ma voix contre cette guerre..» « Le premier ministre Couillard a pris une position condamnable deux fois. D'abord en appuyant la participation du Canada aux frappes aériennes en Irak et à l'envoi de troupes dans ce pays, puis en appuyant le projet d'extension par le gouvernement Harper des pouvoirs arbitraires contre le peuple au nom de la sécurité.», a dit Christine Dandenault, dirigeante du PMLQ et activiste antiguerre de longue date, qui participait à la marche. « La situation est dangereuse. Harper a déclaré le danger du terrorisme au Canada suite aux attentats de cette semaine et voyez tout de suite, c'est le Québec qui est devenu la cible. Il ne faut pas laisser ça sans réponse. »

Au complexe Guy Favreau où se trouvent des bureaux du gouvernement fédéral, des représentants d'organisations et des artistes ont tour à tour pris la parole pour dénoncer la participation du Canada, de l'Angleterre, de l'Australie et plusieurs autres sous les commandes des États-Unis dans la guerre contre l'Irak et la Syrie. Amélie Nguyen de l'Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI), s'est opposée à la militarisation de l'aide internationale. « En coopération internationale, on a vu que l'Agence canadienne de développement international (ACDI) a été fusionnée dans le ministère des Affaires étrangères. On voit que de plus en plus la coopération sert les objectifs de la politique des affaires étrangères. En ce moment, sous les priorités de développement, il y a une priorité qui est donnée à promouvoir la stabilité et la sécurité dans le monde. Qu'est-ce que cela inclut ? Premièrement, prévenir les activités terroristes et répondre aux activités terroristes, deuxièmement s'attaquer à la criminalité organisée transnationale, troisièmement, lutter contre la prolifération des armes de destruction massives. En quoi est-ce de la coopération internationale ? En quoi on va réussir à défendre les droits humains à travers de telles actions ? En quoi on donne une voix et on essaie de comprendre les populations avec lesquelles on veut travailler par ce type d'action ? Aucunement. Toutes ces dépenses militaires ont des conséquences graves sur le respect de nos libertés civiles. Il y a un projet de loi qu'on veut passer qui va augmenter la surveillance au Canada. » Elle a dénoncé les interventions étrangères dans les affaires des pays qu'elles a qualifiées de néocoloniales et racistes et parlé de la nécessité d'être solidaires de la lutte des peuples. « Ce n'est pas le Canada et le Québec qu'on veut en ce moment. Il ne faut pas céder à la peur. »

Suzanne Loiselle, porte-parole du Collectif Échec à la guerre a dit : « Nous sommes ici pour dire Non à la participation canadienne à cette 3e guerre contre l'Irak. Depuis 1991 ce pays est sous les menaces internationales et après des années de guerre, depuis 2003 - une guerre d'occupation, ce pays se retrouve encore dans les affres de la guerre. Cette guerre est illégale. Il y a des instruments internationaux qui existent et ces déclarations de guerre font fi de tous ces instruments internationaux, font fi des organisations internationales, font fi de l'ONU. » Elle a dénoncé la montée du militarisme ici au pays et ce qu'elle a appelé le virage de la politique étrangère canadienne depuis les événements du 11 septembre et l'arrivée de Stephen Harper au pouvoir. « Nous sommes ici pour dire que nous sommes contre la montée militariste du Canada qui prend la forme de l'intensification du recrutement militaire, d'une promotion du militarisme dans un paquet d'événements publics, des événements commémoratifs, le festival militaire international et même, hier c'est l'armée qui a ouvert les matchs de hockey. » Elle a dit que la voix militariste est une voix destructive et que c'est mentir à la population de lui dire qu'on va défendre les valeurs canadiennes. « Quelles valeurs canadiennes ? Nos valeurs c'est entre autres la valeur de la paix. »

Deux artistes ont dénoncé le recours systématique à la guerre qu'on voit de nouveau avec la participation du Canada dans les frappes aériennes contre l'Irak. Geneviève Rochette, comédienne et auteure a envoyé une lettre qui a été lue aux manifestants. « La violence plus la violence égale plus de violence. C'est cartésien. » Elle a exprimé son opposition à la guerre dont elle a dit qu'elle ne règle aucun problème mais les aggrave et aux gouvernements qui les organisent. Elle s'est dit opposé à la guerre et au fait que les gouvernements y ont recours. Puis François Avard, auteur et scénariste québécois, a pris la parole et contesté la banalisation de la guerre : « La paix est mal en point. Je suis de ceux qui croient que la guerre n'est pas une finalité. Si on se fie aux informations, nos guerres ne font plus mal pantoute. On nous relaie des images satellites On dirait des jeux vidéo. C'est fini de tuer du monde, on 'élimine des cibles', on 'atteint nos objectifs' et tout ce qu'il y a autour de l'objectif. On va nous montrer parfois les gestes barbares dans les pays ennemis, mais on nous montre peu les gestes barbares qui se déroulent dans les pays amis. On envoie des drones, des avions sans pilote, faire une guerre illégale, des meurtres sans coupable. » Parlant de la direction que prend le Canada, il a dit : « C'est quand même fou de penser qu'on vit dans un pays qui trouve de l'argent pour envoyer des bombes sur la tête du monde à l'autre bout de la planète, mais que c'est un pays qui n'a même plus les moyens de livrer des lettres dans ma boite à malle. », sous les applaudissement de tous.

Les manifestants étaient fiers d'avoir tenu cette action qui dit non à la guerre en Irak et en Syrie et rejette les efforts du gouvernement Harper et des grands médias pour la justifier.



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