Volume 2 Numéro 139 - 5 novembre 2014

Négociations dans le secteur public

Les demandes des travailleurs confrontent
le diktat d'austérité de Couillard

Le demi-million de travailleurs du secteur public du Québec entame les négociations en vue de renouvellent de leur contrat de travail pour 2015. Ces travailleurs sont ceux qui fournissent directement les soins de santé et les services sociaux, l'éducation, l'enseignement supérieur ainsi que le personnel professionnel et technique qui les assiste dans leur tâches. Ils sont au premier rang des services que sont en droit de recevoir les travailleurs et leur fils et filles. Les Québécois ont beaucoup d'estime pour ceux qui s'assurent que la population ait tous les soins et services dont elle a besoin pour que tous soient en mesure de relever les importants défis économiques, humains et culturels auxquels la société la société fait face.

Les travailleurs du secteur public ont l'expérience du démantèlement de leur réseau depuis plus de 20 ans qui s'est traduit par l'augmentation de leur tâche, le gel de leur salaire et la disparition de services de soutien dans leur travail. Les impératifs budgétaires ont toujours été invoqués par les gouvernement pour justifier les attaques contre des systèmes de soins de santé et d'éducation nationaux qui ont pour rôle d'humaniser l'environnement social. Le premier ministre Couillard a dit au sujet des demandes des travailleurs du secteur public que « c'est un peu de bonne guerre que les demandes initiales soient élevées» mais « je dirais que c'est plus dans ce qu'on appelle les chiffres d'une autre époque. On n'est plus à l'époque de ce genre de disponibilité budgétaire ». Monsieur Couillard prétend s'adresser aux besoins de la «nouvelle époque» mais en réalité toute l'offensive antisociale néolibérale ne vise rien d'autre qu'à transférer des fonds publics pour mettre les ressources à la disposition d'intérêts privés. Avec ce langage il croit donner l'impression d'un homme moderne, tourné vers l'avenir mais c'est tout le contraire. Il ne s'adresse pas aux problèmes de la société, pour ouvrir la voie au progrès du Québec, il ne fait que réduire toute la question à une affaire de « disponibilité », laquelle est malléable, changeante et malhonnête.

Les travailleurs du secteur public sont conscients de leur rôle dans la société. Leurs demandes d'augmentation de salaire et d'amélioration de leurs conditions de travail visent à affirmer la dignité du travail qu'ils font pour la population et que les soins de santé et d'éducation publique dispensés au Québec y attirent la jeune génération et y retiennent les travailleurs d'expérience. Comme l'ensemble du peuple du Québec, ils font face à leur marginalisation concernant les décisions prises par le gouvernement Couillard. L'opposition grandissante aux politiques de destruction nationale tous azimuts de ce gouvernement, les nombreuses actions et manifestations tenues et annoncées font partie des efforts du peuple pour stopper le gouvernement majoritaire de Couillard de faire comme bon lui semble avec les ressources du Québec, entre autres en santé, éducation et programmes sociaux.

À l'heure actuelle, ce ne sont que ces efforts et l'organisation que se donnent les travailleurs et les collectifs oeuvrant à la défense des droits, ainsi que la population qui les appuie qui défendent le droit public.



Les demandes des travailleurs

Le Front commun, composé du Secrétariat intersyndical des services publics (SISP, formé de la CSQ, du SFPQ et de l'APTS), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) ont organisé une action le 30 octobre devant l'Assemblée nationale lors du dépôt de leurs demandes en vue du renouvellement de leur contrat de travail en mai 2015 où plus de 500 personnes se sont rassemblées. Sous l'appel « Avec nous pour défendre nos services publics », ils ont mis sur la place publique les propositions qu'ils ont pour augmenter leurs salaires et leurs conditions de travail, qui sont aussi les soins qu'ils dispensent à la population.

Le Front commun, ainsi que l'alliance formée par la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) et la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec(FIQ) ont déposé à la fin octobre les demandes salariales suivantes (le Front commun et la FAE-FIQ ont pratiquement les même demandes):

- une augmentations de l'ordre de 4,5 % par année, pour une convention collective d'une durée de trois ans. Elles s'expliquent ainsi : 2 % par année pour combler le retard de la rémunération globale de 8,3 %, identifié en novembre dernier par l'Institut de la statistique du Québec;

- une majoration de 2 % supplémentaire pour maintenir la parité salariale avec les autres salariés québécois au cours de la durée de la convention et afin d'assurer une protection contre la hausse du coût de la vie;

- un montant fixe équivalent à 0,5 % du salaire moyen afin que la croissance économique du Québec puisse bénéficier aux employés de l'État.

En ce qui concerne les conditions de travail, Lucie Martineau, porte-parole du SISP dit : « Au cours des dernières années, nous avons noté un effritement croissant de notre autonomie professionnelle [...] Nous constatons également les effets ravageurs de l'intrusion du secteur privé dans les services publics en termes de gaspillage et de perte d'expertise dans nos réseaux. Il est temps d'inverser ces tendances. »

Daniel Boyer, président de la FTQ, ajoute qu' « environ 35 % des gens que nous représentons sont sur des listes de rappel, sans garantie d'emploi, et gagnent 25 000 $ par année. En additionnant ce nombre avec les salarié-es à temps partiel, c'est plus d'une personne sur deux qui ne bénéficie pas d'un poste régulier à temps complet. Il est temps d'offrir à ces gens la possibilité de faire carrière dans les services publics. »

Régine Laurent, présidente de la FIQ, souligne que « la négociation qui s'entame sera cruciale pour l'avenir des services publics. Nous avons présentement devant nous un gouvernement qui, au nom d'une conception idéologique de l'austérité, s'attaque obstinément aux structures plutôt que de s'attarder à rehausser la qualité des services. Ce que la FAE et la FIQ défendront à la table commune où nous négocierons avec le gouvernement, ce sera une vision forte des services publics qui passe notamment par l'amélioration des conditions de travail des enseignantes, des enseignants et des professionnelles en soins. La santé et l'éducation sont les bases mêmes d'une société moderne et épanouie »

Francine Lévesque, vice-présidente de la CSN, rappelle qu'« il ne faut pas oublier que 75 % des gens qui travaillent dans les services publics sont des femmes. Les directions des établissements où elles travaillent n'ont aucune obligation, à l'heure actuelle, de convenir de mesures concrètes en matière de conciliation famille-travail-études. En 2014, cette situation est inacceptable, tant pour les femmes que pour les hommes à l'emploi. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités et convenir avec nous de balises encadrant la conciliation famille-travail-études. »

La FAE soutient que : « La deuxième décennie du XXIe siècle est maintenant bien amorcée et les nouvelles réalités sociales et démographiques affectent irrémédiablement le monde scolaire. Le gouvernement du Québec, à qui incombe la responsabilité d'assurer un avenir prometteur aux générations futures, a le devoir de prendre les mesures nécessaires pour assurer une éducation de qualité aux jeunes Québécoises et Québécois. Pour ce faire, s'assurer que le personnel enseignant possède tous les outils et toute la motivation nécessaires pour accomplir la lourde tâche de préparer les adultes de demain devrait être considéré comme une grande priorité pour le gouvernement. »


Contre l'austérité et pour la défense des programmes sociaux
Manifestations régionales contre l'austérité
9 novembre à 10 h
Tous à la défense des programmes sociaux pour la famille !

   

  
Montréal
   
10 h à la Place des festivals rue Ste-Catherine

Québec
   
10 h au Parc de l’Amérique française

Gatineau
   
10 h au Parc Laurent-Groulx
Pour les autres manifestations, voir le site ToujoursFousDeNosEnfants.com
Manifestation simultanée à Québec et à Montréal
29 novembre à 13 heures
(arrivez à midi)

Montréal : Place du Canada (angle Peel et René-Lévesque)
Québec : Parc des Champs-de-Bataille (plaines d’Abraham)
Information: refusonslausterite.org



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