Volume 2 Numéro 144 - 13 novembre 2014


Le premier ministre Couillard veut signer la constitution

Les déclarations creuses ne vont pas faire disparaître la lutte du peuple québécois pour une constitution moderne!


Dans son discours d'occasion à Québec lors de la commémoration du 200e anniversaire de naissance de George-Étienne Cartier, Stephen Harper a dit que Cartier a « défendu ardemment l'inclusion et le respect à l'échelle du Canada, et ces valeurs demeurent des caractéristiques de notre pays aujourd'hui. »

C'est une falsification de l'histoire et le comble de l'hypocrisie que d'utiliser George-Étienne Cartier pour justifier leur trahison du peuple au Canada et au Québec. Harper et Couillard prétendent être des bâtisseurs de la nation alors qu'à tous les jours ils poursuivent leur plan pour placer la terre, le travail et les ressources du Canada et du Québec au service des monopoles d'Amérique du Nord et pour nier les droits démocratiques du peuple, le droit à un niveau de vie convenable et le droit d'avoir son mot à dire sur les décisions qui le concernent.

Qui M. Couillard croit-il berner ? Croit-il pouvoir enterrer l'histoire et la réalité juste parce qu'il a une majorité à l'Assemblée nationale ? Le fait est qu'il n'a pas le mandat de signer la constitution canadienne au nom du Québec. Le peuple québécois s'est exprimé sur cette question clairement et sans équivoque !

L'Accord du Lac Meech et le référendum sur l'Accord de Charlottetown ont tous deux été défaits, au Québec mais aussi dans le reste du Canada. Après Charlottetown, l'élite politique a tout simplement décidé d'ignorer le verdict populaire et a déclaré que ce serait « business as usual ». Le référendum n'était pas exécutoire, alors elle a continué de dominer les affaires politiques en se servant du pouvoir exécutif puisque rien dans les arrangements actuels ne l'empêche de faire les changements qu'elle veut sans amender la constitution. Mais cela a eu pour effet d'accentuer la crise constitutionnelle et politique au Québec et au Canada.

Aujourd'hui rien de moins qu'un véritable renouveau de la constitution et du processus politique qui engage le peuple dans la gouvernance et la rédaction de sa constitution, suivant les exigences du XXIe siècle, ne va suffire.

Une des principales objections soulevées partout au Canada durant les débats sur les accords de Meech et Charlottetown était que « onze hommes blancs en veston prennent des décisions sur l'avenir de tout le pays derrière des portes closes ». Ce n'était pas acceptable à l'époque et ce n'est certainement pas acceptable aujourd'hui. Des milliers de personnes avaient profité des audiences pour exprimer leur opposition aux propositions de modifications constitutionnelles des élites politiques. Dans leurs interventions aux audiences de la Commission Spicer au Canada et de la Commission Bélanger-Campeau au Québec, les gens ont exigé que les politiciens remettent la rédaction d'une constitution entre les mains du peuple et ont affirmé le droit du peuple de décider de commencer exercer sa souveraineté. La description du Québec comme une « société distincte » que les élites voulaient inclure dans la constitution a été rejetée et le peuple a exigé rien de moins que la reconnaissance de la nation du Québec et de son droit à l'autodétermination, y compris la sécession. Des gens partout au pays ont exigé la reconnaissance des droits ancestraux des Premières Nations comme condition importante pour établir une union moderne, sur une base volontaire et égale.

Messieurs Couillard et Harper ne peuvent pas faire comme si l'accord de Charlottetown en 1992 n'avait pas été rejeté par le peuple, avec un taux de participation de 73 % au référendum. Au lieu de signer la constitution canadienne de 1982, qui restait dans les confins du vieil et désuet Acte de l'Amérique du Nord Britannique de 1867, ce dont les Québécois ont besoin aujourd'hui c'est d'une nouvelle constitution écrite par le peuple, qui soit démocratique, qui soit l'expression de la volonté populaire et qui lui serve à se bâtir un avenir.


Contre l'austérité et pour la défense des programmes sociaux
Manifestation simultanée à Québec et à Montréal

29 novembre à 13 heures

(arrivez à midi)

Montréal : Place du Canada (angle Peel et René-Lévesque)
Québec : Parc des Champs-de-Bataille (plaines d’Abraham)
Information: refusonslausterite.org



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