Volume 2 Numéro 150 - 27 novembre 2014

Journée d'action des travailleurs municipaux

Des actions dans tout le Québec à la défense
des pensions et des droits de tous


Au port de Montréal le 26 novembre 2014

Le 26 novembre, les travailleurs municipaux à travers le Québec, appuyés de travailleurs d'autres secteurs, ont tenu des actions militantes pour dénoncer les attaques à leurs pensions et leur droit de négocier par le biais en particulier du projet de loi 3 de restructuration des régimes de retraite des employés municipaux que le gouvernement Couillard veut adopter la semaine prochaine.

Dès 6 heures du matin, toutes les portes d'entrée du Port de Montréal ont été bloquées par les travailleurs municipaux et d'autres travailleurs venus leur prêter main-forte. La police anti-émeute a forcé le passage des camions à la porte principale mais les autres portes sont demeurées bloquées et la congestion était telle à la porte principale que les activités du Port ont été paralysées pendant toute la journée. Un rôle important pour le succès du blocus du Port a été le refus des débardeurs de franchir les lignes de piquetage des travailleurs municipaux.


Port de Montréal

Vers six heures aussi, les employés de guichets de métro et les chauffeurs d'autobus de Montréal ont permis pendant un bon moment l'accès gratuit aux usagers des transport en commun à Montréal. Les passagers se sont retrouvés dans des stations de métro et des autobus tapissés d'auto-collants disant « Zone de destruction libérale », « La grande cassure » « Régimes en démolition ».

À Québec, les travaux de l'amphithéâtre ont été perturbés alors que vers 6 heures 30, tous les accès menant au chantier ont été partiellement bloqués par des dizaines de travailleurs.

Selon la Coalition syndicale pour la libre négociation, qui a organisé la journée d'action, 25 syndicats locaux d'employés municipaux ont tenu une grève d'une journée à travers le Québec débutant à minuit une et se terminant à 23 h 59. Parmi les travailleurs qui sont sortis en grève on compte les cols blancs de Laval, les cols blancs et cols bleus à Sept-Îles, les cols blancs à Baie-Comeau, les cols blancs de Saguenay, les cols bleus et cols blancs de Sainte-Thérèse et de Mirabel ainsi que les cols bleus de Gatineau. Dans plusieurs cas, les autres travailleurs municipaux qui ne pouvaient pas légalement faire la grève ont refusé de franchir les lignes de piquetage des grévistes.

Plusieurs manifestations se sont tenues devant les divers hôtels de ville et d'autres édifices municipaux pour protester contre le vol des pensions des employés municipaux. À Montréal, les manifestants ont bloqué une des portes d'entrée de l'hôtel de ville alors que le maire de Montréal Denis Coderre, un des principaux promoteurs du projet de loi 3 avec le maire de Québec Régis Labeaume, présentait le budget 2015 de la Ville de Montréal. Les travailleurs de Val-d'Or ont également bloqué les portes de l'hôtel de ville pendant quelques heures en après-midi.


Devant l'hôtel de ville de Montréal


Ste-Thérèse


Mirabel

Une des actions les plus massives a été celle de Gatineau où plus de 500 travailleurs ont marché dans les rues de la ville, avec musique et des centaines de vuvuzelas, exigeant que le gouvernement du Québec cesse ses attaques contre les pensions des travailleurs et affirmant que la lutte pour les pensions ne fait que débuter.

Ce fut un point majeur de la journée que de déclarer que la lutte pour défendre les pensions des travailleurs municipaux va se poursuivre même une fois le projet de loi 3 adopté, ce qui devrait être le cas la semaine prochaine.


Gatineau

Un autre thème qui est ressorti avec force est que les attaques aux pensions des travailleurs municipaux font partie d'un programme plus large pour abaisser l'ensemble des conditions de vie et de travail des employés municipaux et que cela ne doit pas passer.

« Cette journée d'actions dénonce l'adoption imminente du projet de loi 3 sur les régimes de retraite du monde municipal, lit-on dans le communiqué émis par le SCFP-Québec pour l'occasion. Elle met la population en garde contre une Grande Cassure créée par le gouvernement Couillard dans les villes et municipalités du Québec. En nivelant arbitrairement vers le bas les conditions de travail des employés municipaux, le gouvernement empoisonnera durablement les relations de travail. Aussi, le projet de loi 3 marquera une cassure entre Québec et les villes. En effet, il constitue la première étape d'un vaste plan de compressions dans le monde municipal, imposées au nom de l'austérité. »

Les travailleurs tout au long de la journée ont fait des interventions affirmant la nécessité de bloquer le programme d'austérité du gouvernement Couillard. À la manifestation de Gatineau, Denis Savard, le président du Syndicat des cols bleus de Gatineau, a eu ces mots :

« D'abord, il faut comprendre que ce projet de loi va plus loin que la 'santé financière et la pérennité des régimes'. En plafonnant les cotisations, le gouvernement cherche aussi à soulager les finances des municipalités. Et, en visant aussi les régimes en excellente santé financière, le gouvernement cherche bien plus à modifier les règles du jeu qu'à régler un problème de solvabilité des régimes. [...] Les attaques du gouvernement Couillard aux acquis durement gagnés par plusieurs générations sont un affront aux citoyens et citoyennes. Il est primordial de croire en la force du nombre. Il est primordial de s'unir et d'affronter ce gouvernement qui fait fi de l'opinion publique. [...] Les libéraux frappent partout : dans la santé et dans l'éducation également. Ce sont en bout de compte nos institutions démocratiques qui sont ébranlées. Le modèle québécois, on y croit. Un regime de santé universel, l'éducation pour tous et une retraire décente, c'est ça entre autres le modèle québécois. La libre négociation entre les parties, c'est aussi ça le modèle québécois ! »

Divers ministres du gouvernement du Québec ont répondu avec arrogance à la journée d'action des travailleurs en les blâmant d'avoir nui aux autres travailleurs en perturbant l'activité économique et le ministre des Affaires municipales Pierre Moreau a dit que le gouvernement entend adopter son projet de loi la semaine prochaine. En fin de journée, on a appris qu'une entente a été conclue entre le Parti libéral et le Parti québécois pour permettre l'adoption du projet de loi la semaine prochaine sans que les libéraux aient à utiliser le bâillon. Des amendements proposés par le PQ ont été ajoutés au projet de loi 3 qui maintiennent intacts le vol des pensions et la négation du droit des travailleurs de négocier leurs conditions à la retraite. Un de ces amendements prévoit par exemple que dans la réouverture des déficits passés, il pourrait y avoir négociation pour que les déficits soient payés à 45-55 % plutôt qu'à 50-50. L'obstination du Parti québécois à chercher une réconciliation entre l'offensive antisociale et la défense des droits le mène à l'absurdité de faire inclure des amendements au projet de loin pour ensuite voter contre !

Les travailleurs se sont donnés rendez-vous aux manifestations du samedi le 29 novembre à Montréal et à Québec pour défaire le programme d'austérité du gouvernement Couillard.

Contre l'austérité et pour la défense des programmes sociaux
Manifestations simultanées à Québec et à Montréal

29 novembre à 13 heures
(arrivez à midi)

Montréal : Place du Canada (angle Peel et René-Lévesque)
Québec : Parc des Champs-de-Bataille (plaines d’Abraham)
Information: refusonslausterite.org



Lisez Le chantier politique
Site web:  www.pmlq.qc.ca   Courriel: bureau@pmlq.qc.ca