Volume 2 Numéro 151 - 1er décembre 2014

Manifestations de rejet du programme d'austérité du gouvernement Couillard

Un NON! ferme à la machine de destruction néolibérale


Le samedi le 29 novembre se sont tenues deux manifestations nationales de rejet de l'austérité néolibérale antisociale, une à Québec et une à Montréal. Plus de 100 000 personnes ont marché dans les rues de Montréal et 25 000 dans les rues de Québec, selon le collectif Refusons l'austérité qui regroupe syndicats, associations étudiantes et communautaires et qui a organisé les événements. Toutes les régions du Québec étaient représentées. Montréal, Montérégie, Laval, l'Estrie, Lanaudière, les Laurentides, l'Outaouais et le Nord-du-Québec ont manifesté à Montréal alors que Saguenay-Lac-St-Jean, Mauricie, Centre-du-Québec, Capitale-nationale, Chaudière-Appalaches, Bas-Saint-Laurent, Gaspésie-Îles-de- la-Madeleine et Côte-Nord ont manifesté à Québec. La manifestation de Montréal est partie de la Place du Canada et s'est rendue à la Place des festivals et les manifestants de Québec ont défilé du parc des Champs de bataille (aux plaines d'Abraham) jusqu'à l'Assemblée nationale. Un contingent du Parti marxiste-léniniste du Québec a participé aux deux actions et les activistes du Parti ont distribué un grand nombre de copies du numéro de novembre de Forum ouvrier qui appelle à mettre tout le poids du peuple dans l'affirmation de se droits.


Dans ces deux manifestations c'est tout le Québec qui dispense des services à la population qui était représenté, accompagné de contingents de travailleurs industriels, de la construction, du secteur minier et métallurgique et autres secteurs.

Très présents étaient les employés municipaux, cols blancs et cols bleus et pompiers de plusieurs municipalités. Ils y étaient avec leur bannière « La négociation pas la confrontation », défendant leurs pensions et s'opposant à ce qu'ils appellent la grande cassure : le rejet et la criminalisation par le gouvernement Couillard et des administrations municipales, surtout celles de Montréal et Québec, de leurs employés municipaux qui sont ceux qui fournissent les services mais ne sont pas reconnus comme tels.


Très fortement représentées étaient les travailleuses des Centres de la petite enfance et des services de garde en milieu familial défendant les services maintenant et pour l'avenir de la société, avec leurs pancartes « Agir pour l'avenir » accompagnées de mots d'ordre comme « La petite enfance une responsabilité collective » « Non au saccage de la politique familiale » « 0-5 ans ça se finance » « L'avenir vendu aux intérêts privés » et « Non au saccage de la politique familiale ».

Les travailleurs de la santé y étaient en nombre, infirmières, préposés aux bénéficiaires, techniciens, personnel de soutien, médecins contre l'austérité, de même que les travailleurs de l'éducation, professeurs, personnel de soutien, personnel affecté à la recherche, tous ceux qui font fonctionner les services de santé et d'éducation. Ils protestaient contre les compressions et la restructuration antisociale de secteurs aussi névralgiques et affirmaient leur importance pour l'économie, comme on pouvait le lire sur des pancartes disant « Une éducation en santé c'est un puissant moteur économique ».



Les employés du gouvernement étaient de la partie, employés des ministères et des organismes de la fonction publique, engagés dans la lutte du Front commun pour la défense des services et des travailleurs qui les dispensent. On notait aussi un fort contingent de travailleurs d'Hydro-Québec.


Organisations communautaires, comités-logement, centres de réadaptation, refuges pour femmes violentées, centres de traitement de personnes en crise, alcoolisme, drogue, problèmes mentaux, tous y étaient pour exiger l'arrêt du rouleau compresseur de l'austérité contre eux et demandant le respect des droits des plus vulnérables.

Les jeunes y étaient, des milliers d'entre eux du secondaire, du cégep et des universités faisant entendre les slogans de la lutte étudiante toujours vivante : « Avec nous dans la rue ! » « Crions plus fort pour que personne ne nous ignore ! » « On avance, on avance, on ne recule pas ! ».


On notait aussi une bonne participation de gens impliqués dans la lutte contre le diktat des monopoles pétroliers sur la vie du peuple, une lutte qui s'exprime notamment sur la question du projet pipelinier et de port pétrolier de TransCanada. Ils y étaient avec leurs pancartes « Coule pas chez nous », revendiquant le droit du peuple de décider de quelle économie il a besoin.


Les manifestations se sont mises en branle vers 13 heures 30 et sont passées par les rues des centres-villes de Montréal et de Québec. Tout au long des marches, les passants et automobilistes faisaient écho aux demandes de ces deux marées humaines en saluant de la main et en klaxonnant. Arrivés à leur point de destination, ils ont eu droit à un spectacle et des discours ont été prononcés. Deux grands écrans surplombaient les estrades, retransmettant dans les deux villes les spectacles de même que les discours. Y ont entre autres pris la parole les représentants de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), du Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE) et du Collectif pour un Québec sans pauvreté.

Ils ont dénoncé l'abdication par le gouvernement de ses responsabilités sociales et son entreprise de démantèlement des services dont les Québécois dépendent pour leur existence.

« C'est surtout une manifestation contre l'arrogance libérale, qui de façon unilatérale a décidé d'en découdre avec le modèle d'État social québécois », a dit Jacques Létourneau, président de la CSN. « On trouve ça absolument épouvantable. C'est un gouvernement qui n'a pas de vision du développement économique, du développement social... C'est clair pour nous que le Parti libéral de M. Couillard n'a pas été élu avec le mandat de faire ce qu'il est en train de faire ! »

« Les personnes les plus vulnérables sont délaissées par le gouvernement qui se déresponsabilise de sa mission sociale, a dit Marie-Hélène Arruda, coordonnatrice du Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (Masse). Ces gens-là se tournent vers des organismes qui sont sous-financés et qui en plus seront coupés dans les prochaines années. »

Les deux manifestations ont exprimé le rejet par les travailleurs et le peuple du Québec du programme d'austérité comme entreprise de destruction nationale et sociale menée par les représentants politiques d'intérêts privés.



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