Volume 2 Numéro 155 - 6 décembre 2014

25e anniversaire de la tuerie de l'École polytechnique

Non à la violence contre les femmes!
Établissons une autorité publique qui défend
les droits de toutes et tous!

Le 6 décembre est le 25e anniversaire de la tuerie de l'École polytechnique, un des événements les plus tragiques qui a frappé la société québécoise et canadienne. Le 6 décembre 1989, un individu ouvrait le feu sur vingt-huit personnes, tuant quatorze femmes et blessant dix femmes et quatre hommes, avant de se suicider. Au moins quatre personnes se sont suicidées à la suite de ce drame.

À l'occasion de ce triste anniversaire, dans le cadre des 12 Jours d'action pour l'élimination contre la violence envers les femmes, des célébrations et vigiles se tiennent partout au Québec à la mémoire de ces jeunes femmes qui ont perdu la vie pour avoir existé en tant que femme. Elles se nomment :

Geneviève Bergeron (née en 1968), étudiante en génie civil
Hélène Colgan (née en 1966), étudiante en génie mécanique
Nathalie Croteau (née en 1966), étudiante en génie mécanique
Barbara Daigneault (née en 1967), étudiante en génie mécanique
Anne-Marie Edward (née en 1968), étudiante en génie chimique
Maud Haviernick (née en 1960), étudiante en génie des matériaux
Barbara Klucznik-Widajewicz (née en 1958), étudiante infirmière
Maryse Laganière (née en 1964), employée au département des finances
Maryse Leclair (née en 1966), étudiante en génie des matériaux
Anne-Marie Lemay (née en 1967), étudiante en génie mécanique
Sonia Pelletier (née en 1961), étudiante en génie mécanique
Michèle Richard (née en 1968), étudiante en génie des matériaux
Annie St-Arneault (née en 1966), étudiante en génie mécanique
Annie Turcotte (née en 1969), étudiante en génie des matériaux

Le Parti marxiste-léniniste du Québec (PMLQ) se tient au côté des familles des victimes, des étudiants et des employés de la Polytechnique qui ont vécu cette tragédie et qui réitèrent leurs aspirations à une société libérée de toute violence contre les femmes. Le PMLQ joint sa voix à toutes celles et ceux qui aujourd'hui poursuivent sans relâche la lutte pour mettre fin à la violence contre les femmes, les enfants et les plus vulnérables de la société.

Le PMLQ considère qu'il est important d'examiner la signification de la tragédie de la Polytechnique à la lueur de la situation d'aujourd'hui où les gouvernements Couillard, Harper et compagnie détruisent toute autorité publique qui défend le droit public et l'intérêt public au profit d'intérêts privés et monopolistes. Leurs manigances, lois et mesures élaborées et prises en secret annihilent toute cohérence dans la société, et réduisent comme une peau de chagrin tout espace pour que les femmes et l'ensemble du peuple puissent contrôler la direction de l'économie et les décisions qui affectent leur vie.

Aujourd'hui, la dégénérescence politique, sociale, culturelle et économique a atteint un niveau tel que la violence, loin de diminuer, prend des proportions sans précédent dans toutes les sphères de la société. Cette violence est intimement liée au fait que l'autorité publique aujourd'hui défend les intérêts privés dominants et le droit de monopole. En attestent la destruction de l'économie qui se fait impunément, l'accaparement des ressources publiques pour payer les riches, la privatisation et la réduction des programmes sociaux et des services publics, la conclusion d'ententes de libre-échange sous le contrôle de monopoles mondiaux et l'élimination des règles et règlements qui restreignent l'action des monopoles prédateurs, ce qui permet l'usurpation du pouvoir politique par des intérêts privés. Elle prend forme dans la négation des droits les plus fondamentaux des êtres humains. Cette violence s'appelle destruction nationale, pauvreté, analphabétisme, mises à pied, agressions sexuelles, criminalisation des droits, guerres et agressions, etc.

Aujourd'hui l'autorité publique se sert des institutions politiques, culturelles et économiques pour attaquer toute cohérence et tout espace de défense de l'intérêt public dans la société. Au Québec, l'Assemblée nationale est devenue un instrument d'attaques brutales contre les femmes, les jeunes, les travailleurs et la société tout entière avec l'imposition du programme d'austérité des libéraux et des gouvernements antisociaux précédents. Au Canada, la dictature proguerre de Stephen Harper s'est fait le champion d'une offensive tout azimut en toute impunité, menant guerres et agressions à l'étranger du côté des grandes puissances, les États-Unis en tête, pour imposer leur domination contre le droit d'être des peuples. Aujourd'hui, le gouvernement nous bombarde quant au danger du terrorisme et de l'État islamique, des « forces étrangères », comme étant source de violence potentielle pour détourner l'attention de la violence systématique que son programme et ses mesures imposent à la société tout entière. Il dilapide les fonds publics, envoient nos soldats sacrifiés leur vie pour la défense d'une société en crise et en désagrégation. Quand une situation si ignominieuse existe, comment peut-on penser que la violence contre les femmes sera éliminée ?

Depuis quelques semaines, suite à l'affaire Ghomeshi, des centaines de femmes brisent le silence pour mettre sur la place publique les sévices commis contre elles au sein d'institutions d'autorité telles les institutions culturelles, le milieu des entreprises et le système de partis cartels. Ces femmes ont élevé la voix pour sortir de la honte, de l'intimidation, de la tourmente et du silence gardé profondément depuis parfois des dizaines d'années, et lancer un cri d'alarme à la société dans l'espoir de faire avancer les choses. Le désir profond que les abus et agressions sexuelles et verbales, la violence physique, sociale et l'oppression sous toutes ses formes dont sont victimes les femmes en tant que travailleuses, les immigrants et les immigrantes, les femmes autochtones soient choses du passé reste à réaliser. Le refus du gouvernement Harper d'instituer une commission d'enquête publique sur les 1186 femmes autochtones au Canada disparues ou assassinées, réduisant de façon abjecte le problème à une question de loi et ordre, est la pointe de l'iceberg. On pourrait parler aussi du fait que des centaines de jeunes filles aujourd'hui de 13 ans et plus dans les écoles secondaires pratiquent de plus en plus l'automutilation pour exprimer leur détresse face à une société qui n'offre aucun avenir à la jeunesse et la bloque de toute part.

Pour avancer la lutte pour mettre fin à toute forme de violence contre les femmes, les enfants et les plus vulnérables de la société, pour stopper cette dégénérescence alarmante de la société, les femmes doivent accélérer leurs efforts et leurs luttes pour rétablir une autorité publique qui défend le droit public et l'intérêt public. Elles doivent diriger leurs batailles dans le sens de stopper ceux qui ont usurpé le pouvoir pour imposer la domination des intérêts privés les plus viles et barbares à la société humaine. Il faut le renouveau démocratique, le renouveau des institutions démocratiques pour que le peuple prenne le contrôle de l'économie et de la vie politique, culturelle et sociale pour y donner l'orientation et une direction qui défend les droits de toutes et tous. Les femmes sont déjà aux premières lignes de cette bataille et c'est le refus des autorités en place de remettre le pouvoir entre les mains du peuple qui fait obstacle à la création d’une société humanisée. Notre réponse à la tragédie de la Polytechnique et aux autres qui se multiplient ne peut être que d’intensifier la lutte pour investir le peuple du pouvoir afin qu’on puisse résoudre ces crises et c’est à cela que le peuple s’engage aujourd’hui solennellement.


Actions à travers le Québec pour exiger
la fin de la violence envers les femmes

Actions le 6 décembre

Montréal

Place du 6 décembre 1989
Coin Decelles et Chemin Queen Mary

Rassemblement dès 11 h
Marche à 14 h
Organisée par le Comité mobilisateur du 25e de Polytechnique

Gatineau
Parc Mémoire d'Elles
Coin boulevard Gréber et Jacques-Cartier.
Vigile à midi

Québec
Place Laurier
12 h 45

Partout au Canada
Dans la nuit du 6 décembre, partout à travers le Canada, des monuments significatifs s'illumineront de rose, rouge ou mauve afin de prendre symboliquement position contre la violence faite envers les femmes.

Pour voir les autres actions organisées à cette occasion: 12joursactioncontrelaviolence.ca

À la veille du 25e anniversaire de la tragédie de la Polytechnique où la vie de 14 jeunes femmes ont été fauchées, les femmes et des groupes de femmes organisent de nombreuses actions pour exiger des mesures concrète afin de mettre fin aux violences commises contre les femmes et les filles. En 2012, des organisations de défenses des droits des femmes ont lancé au Québec la Campagne de 12 jours d'actions pour l'élimination de la violence envers les femmes.

Cette année, les 10 organisations à la tête de cette campagne qui culmine avec des rassemblement le 6 décembre ont mis de l'avant trois objectifs : d'abord de commémorer le triste 25e anniversaire de la tuerie de l'École Polytechnique. « Il importe également de se rappeler les luttes gagnées par les femmes pour l'exercice effectif de leurs droits. Il convient finalement de continuer le combat pour que l'égalité de droit devienne une réalité dans les faits », lit-on dans le communiqué de la campagne.

Elles soulignent que les femmes sont les premières victimes des violences physiques, économiques et sexuelles. Les femmes ayant un handicap ou un problème de santé sont quant à elles presque deux fois plus victimes de violence que les autres femmes. Le gouvernement fédéral est particulièrement ciblé pour son indifférence envers les violences subies par les femmes autochtones. « Selon le rapport de la GRC, les femmes autochtones constituent 16 % des victimes de meurtres et 11 % des femmes disparues alors qu'elles ne comptent que pour 4 % de la population, souligne le communiqué. Malgré tous ces chiffres alarmants, le gouvernement fédéral refuse toujours de s'engager à mener une commission d'enquête publique et indépendante sur la question. »

Elles terminent leur appel à participer aux actions pour mettre fin à la violence contre les femmes en disant : « La violence envers les femmes est une violation de droits humains. Conséquemment, les autorités n'ont d'autre choix que d'intervenir en tenant compte de la spécificité de cette problématique et des différentes formes de victimisations vécues par les femmes. Notre but collectif est de pouvoir garantir, à toute femme, l'exercice effectif de son droit à la sécurité et à vivre dans une société sans violence. »

Différentes actions ont eu lieu depuis le 26 novembre dans de nombreuses villes du Québec dont : Maniwaki, Rouyn-Noranda, Chibougamau, Forestville, Saint-Thècle, Sept-Iles, Rimouski, Gaspé, Baie-Comeau, Saint-Jean-Port-Joli, Weedon, Trois-Rivières, Mani-utenam, Montréal, Gatineau et Québec.

(Source : Communiqué du Comité 12 jours d'action contre la violence)


La pauvreté sur le front alimentaire au Québec

Le réseau Les Banques alimentaires du Québec composé de 18 membres Moisson (banques alimentaires) a publié son enquête annuelle publiée depuis 1999 appelée Bilan-Faim 2014 qui fournit des renseignements sur le taux d'utilisation des banques alimentaires du Québec et sur le portrait des personnes qui ont recours à cette aide. Le réseau est composé de 1064 organismes communautaires approvisionnés à 84 % par les Moissons. L'aide alimentaire est composée du dépannage alimentaire et du programme de repas.

« Le nombre de demandes d'aide alimentaire au Québec a augmenté de plus 2,5 % comparativement à 2013, lit-on dans le rapport. Cette augmentation dont le plateau a été atteint au lendemain de la crise financière de 2008 est toujours constante d'une année à l'autre. Elle est de l'ordre de 23 % entre 2008-2014. » C'est la réalité vécue par le peuple, contrairement aux contes de fée du Parti libéral sur la « prospérité » et la « richesse » du Québec. Les données fournies sont révélatrices de l'appauvrissement au Québec et surtout des attaques contre le droit le plus fondamental, celui de manger. Les femmes et les familles avec enfants en sont le plus gravement victimes.

Faits saillants

- Une hausse de 2,5 % des demandes d'aide alimentaire mensuelles : 1 601 115 en 2014 comparativement à 1 562 737 en 2013, soit 38 378 demandes de plus

- 342 568 paniers de provisions ont été donnés pour des familles de 1 à 6 personnes

- 464 725 collations et 793 822 repas ont également été servis (incluant cuisines collectives et popotes roulantes)

- 68 138 ménages servis

- 15,5 % des ménages ont été servis pour la première fois en 2014, comparé à 12,6 % en 2013. C'est 594 ménages de plus.

- Au Canada, 10,4 % des ménages ont été servis pour la première fois en 2014.

- 37 % des demandes sont pour des enfants de moins de 18 ans.

- En mars 2014, 53 % des organismes ont déclaré ne pas avoir de denrées en quantité suffisante pour répondre à la demande, soit 24 % de plus que l'an dernier.

- 12,1 % des organismes ont dû fermer leurs portes en 2014 comparativement à 3 % l'an dernier.

« Comparativement à l'année dernière, c'est 14,1 % d'organismes en plus qui ont dû fermer plus tôt ou ne pas ouvrir leurs portes par manque de denrées et 2,3 % en plus ont dit avoir renvoyés des gens sans nourriture. Cela se reflète dans l'augmentation de l'aide demandée aux Banques alimentaires du Québec : 2,3 % plus d'organismes ont demandé de l'aide comparativement à la même période en 2013 », dit le rapport.

« La composition des ménages en 2014 est restée sensiblement identique par rapport à 2013. Encore cette année, près de la moitié des ménages servis sont des familles avec enfants (46,5 %). »

- Familles avec enfants : 46,5 %

- 21,6 % monoparental

- 24,9 % biparental

- Célibataires : 42,1 %

- Couples sans enfants : 11,4 %

- Parmi la clientèle, 47,4 % sont des femmes de 18 ans et plus et 23 % sont des immigrants ou réfugiés.

« Encore une fois cette année, la plupart des personnes servies par le programme de dépannage alimentaire sont en majorité des personnes qui comptent sur l'aide sociale comme principale source de revenu (61,5 %) bien que l'on observe une baisse par rapport à 2013 (64 %). Par contre, nous pouvons constater une légère augmentation du nombre de personnes servies qui ont un revenu d'emploi (10,8 % vs 10,2 % en 2013) insuffisant pour couvrir leurs dépenses de base et celles reliées à l'alimentation. D'ailleurs, on constate une hausse depuis 2011 alors qu'il y avait 9,4 % des personnes ayant un revenu d'emploi. »

« Tout comme les années précédentes, il est possible de remarquer que la majorité des gens qui utilisent les services des banques alimentaires sont des locataires. De ceux-ci, 68,4 % habitent un logement issu du secteur privé et moins d'une personne sur cinq (17,8 %) habite un logement subventionné (logements sociaux). » Il est à noter que 7 % sont propriétaires.

Pour les portions servies (programme de repas), ce programme consiste à fournir un repas cuisiné (déjeuner, dîner ou souper) ou une collation. Il comprend les portions de repas préparés dans le cadre des cuisines collectives ou celles fournies par le service de popotes roulantes. Il y a eu 1 258 547 portions servies en 2014 contre 1 229 992 en 2013, soit une augmentation de 28 555 portions. Pour le profil de la clientèle du programme de repas, 29,2 % étaient de femmes de 18 ans et plus en 2014 contre 24,9 % en 2013.

(Source : Bilan-Faim 2014 publié par Moisson Montréal)



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