Volume 2 Numéro 157 -11 décembre 2014


Nouvelle ronde de fermetures dans l'industrie forestière

Produits forestiers Résolu doit cesser son
chantage et maintenir la production

Le 5 décembre dernier, le monopole forestier Produits forestiers Résolu a annoncé une nouvelle ronde de fermetures. Il va fermer de façon permanente l'usine de papier journal d'Iroquois Falls, en Ontario, de même que la machine à papier no 1 de l'usine de Baie-Comeau et la machine à papier no 4 de l'usine de Clermont, dans la région Chaudière-Appalaches. Ce sont plus de 300 travailleurs qui vont perdre leur emploi dans les semaines qui viennent, soit environ 120 dans les deux usines du Québec et 180 à Iroquois Falls. La fermeture à Clermont intervient après que les travailleurs aient fait d'importantes concessions en salaires et conditions de travail.

En plus de ces nouvelles fermetures annoncées, on compte aussi des fermetures dites temporaires à Alma, Amos et Maniwaki sans parler de la fermeture définitive de l'usine Laurentides à Shawinigan en octobre. Pour les usines de papier de Clermont et de Baie-Comeau, les fermetures de machines rendent encore plus précaire la survie de l'usine elle-même. L'usine Clermont va maintenant fonctionner avec une seule machine et l'usine de Baie-Comeau avec deux.

Dans son communiqué, Résolu blâme la faiblesse du marché du papier-journal et il invoque ses différends avec le gouvernement du Québec sur la question de l'approvisionnement en fibre et du coût de la fibre. Sur la Côte-Nord ses coûts ont augmenté à cause de l'infestation de la tordeuse des bourgeons de l'épinette, dit-il. Il dit avoir aussi des différends avec le gouvernement du Québec sur la question des coûts d'hydroélectricité.

Résolu doit cesser son chantage et maintenir la production. Le monopole forestier ferme des installations et des machines, dont dépendent des travailleurs et des communautés pour leur existence, notamment la Côte Nord déjà si éprouvée par la crise minière, pour arracher encore d'autres concessions au gouvernement et c'est inacceptable. Le PDG de l'entreprise, Richard Garneau, est en tournée pour essayer de mobiliser les communautés derrière lui pour faire baisser ses coûts et riposter aux environnementalistes, qu'il accuse de lui avoir fait une mauvaise réputation sur le plan environnemental, ce qui aurait entraîné la perte de clients. Pendant ce temps, le gouvernement persiste à dire qu'il a fait des offres à Résolu pour abaisser ses coûts et lui garantir son approvisionnement et que la balle est maintenant dans le camp de l'entreprise.

C'est inacceptable aussi que le gouvernement se croise les bras et laisse le monopole forestier utiliser le grand pouvoir qu'il a pour imposer ses conditions et perturber la vie des gens qui dans les conditions présentes dépendent de lui pour leur moyen de subsistance. Les travailleurs et les communautés sont entièrement justifiés d'exiger que le gouvernement restreigne le pouvoir des monopoles de dicter les destinées de communautés entières et même de l'économie dans son ensemble. Résolu peut négocier mais il ne peut pas dicter ses conditions, surtout pas en fermant des machines, des installations et potentiellement même des communautés entières pour arriver à ses fins. La question du prix de la matière première et de l'électricité doit faire l'objet d'une discussion publique parce que c'est une question très importante que la société obtienne un prix qui lui soit acceptable sinon elle s'appauvrit toujours.


Les travailleurs et plusieurs autres personnes de la Côte-Nord ont manifesté le 1er décembre pour dénoncer le chantage et les méthodes de Produits forestiers Résolu et le fait que le gouvernement se croise les bras avec complaisance pendant que les pertes d'emplois s'aggravent. « Nous sommes constamment pris en otage entre les entreprises qui veulent toujours faire davantage de profits et le gouvernement dont les lacunes affectent la stabilité des emplois », a dénoncé Renaud Gagné, directeur adjoint d'Unifor au Québec. (Photos : Baie-Comeau, 1er décembre 2014 — Unifor)

Pour ce qui est de l'état du marché du papier-journal, Résolu ne peut pas nier sa responsabilité là-dedans. Ce sont des monopoles comme lui qui ont mis l'industrie sur la voie destructrice de trop de production des mêmes produits, avec plus de mécanisation à un prix de marché trop bas et pas assez de clients. Leur solution est de continuer la même chose qu'ils font depuis des années, soit tuer les producteurs plus petits, mécaniser la production, demander des subsides du trésor public et des concessions des travailleurs et des retraités, parcourir le monde en quête de nouvelles places où faire leur concurrence et investir à des taux de rendements plus élevés et rejeter le fardeau sur les travailleurs et les communautés quand la crise frappe. Rien de cela ne va régler les problèmes de l'industrie forestière québécoise ni améliorer le sort des communautés qui en vivent.

L'élimination de la production ne résout aucun des problèmes de l'industrie et appauvrit les régions déjà mises à mal par les crises successives qui ont frappé l'économie. Résolu doit cesser son chantage et maintenir la production et le gouvernement doit intervenir pour faire cesser l'hémorragie des emplois et défendre l'intérêt public.



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