Volume 2 Numéro 158  - 22 décembre 2014


Offres rétrogrades du gouvernement aux employés du secteur public

Le détachement du gouvernement Couillard
par rapport aux besoins de la société n'augure
rien de bon pour 2015


Le gouvernement Couillard termine l'année 2014 avec des offres aux employés du secteur public dignes d'un gouvernement détaché de la réalité. Il croit que l'élection gagnée avec l'appui de 29 % des électeurs inscrits lui permet de dicter la volonté des intérêts privés qu'il représente. Le 15 décembre,  le président du Conseil du trésor Martin Coiteux a présenté des offres inacceptables aux 540 000 syndiqués du secteur public et parapublic dans le cadre des négociations pour le renouvellement de leurs conventions collectives. Le résultat de l'arrogance du gouvernement est de provoquer la confrontation.

Le gouvernement a fixé tous les paramètres pour rendre impossible la négociation et ne pas laisser d'autre choix que la grève. D'abord il veut encore une fois imposer une convention collective de cinq ans alors que la tradition du secteur public est d'une convention de trois ans. Les travailleurs ont clairement indiqué qu'ils veulent revenir à la norme de trois ans mais le gouvernement n'en tient aucun compte parce qu'il dit agir au nom de l'intérêt supérieur.

L'attaque la plus flagrante se situe au niveau des salaires et elle est d'autant plus significative que la demande principale des syndicats du secteur public pour cette négociation-ci se situe au niveau du rattrapage salarial. Le gouvernement a décidé que ce sera une convention collective de cinq ans comprenant un gel salarial pour les deux premières années et une augmentation de seulement 1 % par année pour les trois années restantes.

Cela constitue un appauvrissement sérieux pour les employés de l'État et ne s'approche même pas de l'augmentation du coût de la vie. Environ 35 % des travailleurs du secteur public gagnent environ 25 000 $ par année. L'offre salariale du gouvernement heurte de plein fouet les demandes salariales qui sont de 2 % par année, plus 2 % pour se protéger contre la hausse du coût de la vie et un autre 0,5 %. Il s'agit de combler graduellement le retard salarial des employés du secteur public avec ceux des travailleurs du secteur privé qui occupent des emplois similaires. (L'écart se situe autour de 8 % selon l'Institut de la statistique du Québec.) Les syndicats font valoir que depuis 25 ans, à cause des gels de salaires, des décrets imposant leurs conventions collectives et des augmentations largement insuffisantes, ils ont accumulé un retard de 10 % par rapport à la croissance de l'Indice des prix à la consommation (IPC).

Entre autres les représentants des travailleurs du secteur public font valoir qu'une hausse du salaire et une amélioration des conditions de travail sont nécessaires pour arrêter l'hémorragie dans le secteur public en attirant de nouveaux travailleurs et en gardant ceux qui s'y trouvent déjà. Dans son communiqué annonçant les offres, le gouvernement ne mentionne même pas ces préoccupations et besoins qui concernent l'ensemble de la société québécoise.

Les offres du gouvernement s'attaquent aussi au régime de retraite. Elles prolongent de 60 à 62 ans l'âge de retraite sans pénalité et veulent abaisser les prestations en établissant leur montant sur la base non plus de la moyenne des cinq meilleures années mais de celle des huit meilleures. Le gouvernement veut augmenter de 4 % à 7,2 % la réduction qui s'applique lors d'une prise de retraite anticipée. Il faut se rappeler qu'avec la loi 15 que le gouvernement Couillard a fait adopter, il y aura un gel global des effectifs dans tout le secteur public, ce qui va notamment accélérer le phénomène où les travailleurs qui partent à la retraite ne sont pas remplacés alors que ceux qui restent devront travailler plus longtemps et accomplir une charge de travail plus grande.

Comme ces mesures ne vont s'appliquer qu'à partir du 1er janvier 2017,  les travailleurs de plusieurs régions pensent que le gouvernement cherche à pousser le plus de gens possible à la retraite pour réduire les effectifs et donc faire des économies.

Les offres sont si rétrogrades que non seulement elles ne peuvent pas être acceptées, mais elles ne peuvent pas être considérées à la table comme quelque chose qui peut servir à la négociation. Les négociations des salaires et des conditions de travail des 540 000 syndiqués du secteur public et parapublic sont une affaire complexe dont les résultats affectent l'ensemble de la société. Dans une société démocratique, les travailleurs ont le droit de négocier les conditions dans lesquelles ils travaillent et s'acquittent de leur fonction envers la société.

Les syndicats représentant les travailleurs du secteur public et parapublic ont consulté leurs membres cet été et présenté leurs demandes le 30 octobre. L'essentiel des demandes est de stopper la dégradation des conditions dans le secteur public et ils veulent un règlement négocié qui va dans ce sens. Le gouvernement refuse d'en discuter, tout comme il refuse de discuter de toute proposition de politique budgétaire qui ne repose pas sur l'objectif établi par les puissants intérêts privés qu'il représente, soit le prétendu « équilibre budgétaire » d'ici l'année prochaine. Il s'appuie sur sa majorité et la violence de l'État pour nier le droit de négocier et imposer des conditions qui détruisent les services publics.

Le gouvernement Couillard est encore gonflé de l'arrogance de celui qui prétend avoir obtenu un mandat du peuple pour faire primer l'intérêt privé sur l'intérêt public. Durant la nouvelle année, les travailleurs continueront de dégonfler son ballon et devront s'organiser sur la base de la politique indépendante de la classe ouvrière pour contester l'autorité de ce gouvernement et donner au Québec une direction prosociale.



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