Volume 2 Numéro 159  - 23 décembre 2014


Offres patronales aux enseignants

Une attaque sans précédent contre
les enseignants et contre la société

La semaine dernière les délégués du Syndicat de l'enseignement de l'Outaouais (SEO) ont reçu une copie des « offres » présentées par le comité patronal en vue du renouvellement de la convention collective à la Fédération autonome de l'enseignement. Peu après, le président du SEO a fait parvenir un message exprimant l'urgence de discuter de ces propositions patronales à la lumière de leur mépris total envers les enseignants. Une réunion prévue pour le 14 janvier en soirée commencera plutôt dans l'après-midi pour se donner le temps de bien répondre à cette batterie de reculs proposés.

Le document de 26 pages propose des reculs dans à peu près tous les aspects des conditions de travail des enseignants. Évidemment, à la base des reculs proposés, le gouvernement invoque dans son préambule le « contexte social, économique et financier » ainsi que « l'état des finances publiques du Québec ». Il invoque sans plus élaborer « l'évolution des modes de gouvernance en éducation et les changements structurels importants ». En un mot : « Les préoccupations soulevées par les gestionnaires ont convergé vers une volonté de changement devant se concrétiser par une organisation du travail plus efficiente » de même que par « un engagement renouvelé et une implication des enseignantes et enseignants mieux définis et adaptés à la réalité d'aujourd'hui ». La quête de « souplesse » dans la gestion du personnel de l'école signifie comme pour tout employeur la capacité d'agir le plus librement possible face à l'employé - dans ce cas, les enseignants - avec le moins de restrictions possibles, tentant de faire reculer les enseignants sur les conditions de travail qu'ils se sont données au cours des années, s'organisant dès les années trente pour briser leur isolement dans chaque école et dans chaque région et pour se donner une voix collective.

Le gouvernement veut modifier l'Entente « afin qu'elle témoigne de l'engagement et de la responsabilité des enseignants et enseignants » . Il veut entre autres :

- réviser la fonction générale de l'enseignant pour qu'elle reflète la réalité d'aujourd'hui

- une refonte de la tâche et son aménagement qui comprend revoir le temps de présence à l'école afin d'augmenter le temps de travail assigné

- revoir les paramètres de l'amplitude quotidienne et de l'horaire hebdomadaire afin de prévoir des dépassements sans devoir obtenir un arrangement local

- augmenter le nombre d'heures de présence à l'école à 35 heures par semaine régulière de travail

- réviser les règles de formation des groupes d'élèves

- revoir les statuts d'engagement et leur champ d'application incluant les avantages associés à chacun

- rendre la permanence plus difficile à atteindre

- assouplir les dispositions relatives à la sécurité d'emploi et optimiser la mobilité du personnel enseignant afin de permettre une meilleure utilisation des ressources enseignantes

- mettre des pressions sur les enseignants en congé de maladie à long terme pour qu'ils réintègrent plus rapidement la salle de classe.

On peut constater que les propositions gouvernementales - et il y a en a plusieurs autres - vont beaucoup plus loin que la taille des classes. Ces propositions sont en effet extrêmement méprisantes envers les enseignants puisqu'elles ne tiennent aucunement compte de la réalité de l'enseignement, comme si les enseignants n'assumaient pas déjà leurs responsabilités et leurs engagements. En plus, le gouvernement prétend que le fait d'aggraver encore plus leurs conditions de travail et par le fait même les conditions d'apprentissage des élèves sera d'un grand bienfait pour toute la société. La modernité néolibérale est en fait un retour en arrière pour toute la société et est une attaque contre tous les travailleurs, en particulier du fait que la création de la richesse par les travailleurs des divers secteurs économiques de la société est niée par l'élite économique et politique qui s'attribue la création de cette richesse tandis qu'elle dilapide les fonds publics et détruit les fondements mêmes d'une saine économie, dont l'éducation est partie intégrante.



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