Volume 3 Numéro 7  - 23 février 2015

Manifestation contre l'austérité à Gatineau

Déclaration irresponsable de la ministre
de la Justice du Québec

Le 21 février, au colloque du Parti libéral à Gatineau, la députée de Gatineau et ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a fait des déclarations diffamatoires envers les travailleurs et travailleuses de tous les secteurs de l'économie qui manifestaient à l'extérieur contre les mesures d'austérité du gouvernement libéral. Mme Vallée a déclaré gratuitement que les manifestants bloquaient les entrées et qu'ils empêchaient les participants au colloque d'entrer dans l'édifice. En tant que ministre de la Justice et avocate de profession, elle sait sans doute qu'il est diffamatoire d'accuser quelqu'un faussement, d'autant plus qu'elle était à l'intérieur et que des policiers étaient postés dans l'entrée et seraient intervenus si les manifestants avaient bloqué le chemin à qui que ce soit, ce qui ne fut pas le cas. D'ailleurs, un nombre infime de manifestants ont tout simplement fait le tour du complexe de quelques édifices liés entre eux pour vérifier les différents accès sans en aucun temps les « bloquer ». Personne n'a été vu en train d'entrer par d'autre porte que la porte principale, celle au-devant de l'Église où se trouve le centre communautaire en question.

La ministre cherche à créer l'impression que les personnes dehors n'étaient qu'une bande de fiers-à-bras, la vieille rengaine des libéraux à l'effet que les travailleurs qui défendent leurs droits et les programmes sociaux et services publics ne sont que des trouble-fêtes prêts à tout perturber pour obtenir ce qu'ils veulent. Par cette stratégie malhonnête, la raison même de la présence des manifestants par ce samedi enneigé est évacuée, sans importance, et les responsables de la détérioration des conditions de travail et de vie des travailleurs et des services publics et du démantèlement du bien public au profit d'intérêts privés deviennent les victimes, « malmenées » par des « irresponsables ». Ces « irresponsables » sont, soit-dit en passant, les électeurs de la circonscription que Mme Vallée est censée représenter en tant que députée, sans partisanerie, comme le Parti libéral se plaît souvent à nous le rappeler.

Aussi M. Couillard est-il le premier ministre du Québec, et les manifestants tenaient à lui montrer qui sont les personnes qui subiront les conséquences de ses compressions à l'emporte-pièce et de son désinvestissement dans les programmes sociaux. Il serait d'ailleurs irresponsable de la part de ces travailleurs de ne pas exprimer publiquement leur opposition à des plans qui démantèlent la société de laquelle nous dépendons tous. Le vieux stratagème des libéraux de se victimiser et d'accuser de violence tous ceux qui affirment leur droit d'expression doit être dénoncé comme n'étant pas digne d'un gouvernement qui se veut « représentatif » du peuple québécois. Pour poursuivre son offensive antisociale sans opposition, le gouvernement Couillard se retranche de plus en plus derrière des déclarations qu'il a été élu et que maintenant c'est à lui de prendre toutes les décisions sans s'occuper de ce que le peuple en pense. C'est ce qu'on dit plus d'une fois les ministres Barrette, Fournier, Thériault, Leitao, Moreau, Coiteux, etc.

Le recours à ces bassesses démontre précisément que c'est le gouvernement libéral qui agit de façon irresponsable à la fois dans sa façon de traiter de l'économie et des gens qui sont à la base de cette économie et qui s'opposent aux plans de destruction des libéraux.


Plus de 150 travailleurs manifestent devant un colloque
du Parti libéral dans l'Outaouais

Le premier ministre Couillard annule sa participation
à cause d'un «risque pour la sécurité»


Plus de 150 travailleurs représentant tous les secteurs économiques et faisant partie des syndicats dont la FTQ, la CSN, la Fédération interprofessionnelle de la Santé (FIQ), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), ainsi que des représentants d'organisations communautaires et d'autres ont organisé un « comité d'accueil » pour la visite prévue du premier ministre Couillard dans l'Outaouais. Le premier ministre devait participer à un colloque libéral ayant lieu dans le centre communautaire du Centre des Aînés qui se trouve au sous-sol d'une église. Le porte-parole de Logemen'Occupe, François Roy, a expliqué que la réunion avait lieu dans un complexe qui n'existait que grâce aux efforts de groupes communautaires et que, non sans ironie, le Parti libéral allait annoncer sous peu de nouvelles coupures devant affecter ce même centre. Étaient aussi présents des travailleurs du 24/7, une maison venant en aide aux personnes suicidaires, qui doit fermer ses portes le 31 mars suite au manque de financement.

La manifestation a vite pris des allures très enthousiastes et bruyantes, question de faire savoir que les travailleurs de tous les secteurs s'opposent à la direction antisociale d'austérité qu'impose le gouvernement libéral. Après quelque temps, des manifestants ont décidé de s'entasser dans l'escalier d'entrée. Les participants au colloque devaient se faufiler entre les manifestants. Certains manifestants ont affirmé avoir vu un véhicule qu'ils soupçonnaient être celui du premier ministre qui faisait des allées et venues dans les rues environnantes. Des manifestants se sont placés aux différents endroits où il serait possible que Couillard puisse entrer. En fin de compte, nous avons appris aux nouvelles de 17 heures que M. Couillard était bel et bien à Gatineau mais qu'il a été décidé qu'il ne se présenterait pas au colloque. Stéphanie Vallée, qui est députée de la région et qui est aussi ministre de la Justice, a déclaré que la Sûreté du Québec avait décidé que, vu la présence de manifestants sur les lieux, « la présence de M. Couillard représenterait un risque pour la sécurité des participants au colloque ». Elle a aussi déclaré que la « tempête » à l'extérieur, en référence aux manifestants, empêchait les libéraux d'exercer leur « liberté d'expression ».

Chapeau aux manifestants qui ont exprimé l'opposition de tous aux mesures inacceptables que le gouvernement libéral continue d'imposer au nom d'un équilibre budgétaire que de plus en plus de Québécois et Québécoises dénoncent comme étant une fraude pour tenter de faire accepter des conditions de travail et de vie qui représentent un important recul social. Aussi faut-il dénoncer cette forme de diffamation libérale consistant à accuser les travailleurs et le peuple d'être des « menaces » à la sécurité. C'est une façon peu gracieuse de camoufler que ce sont les mesures gouvernementales qui sont une menace à la sécurité de tous, et pour attaquer toute opposition à ces mesures. C'est exactement la méthode utilisée contre la lutte des étudiants en 2012. Le problème est que c'est le gouvernement libéral qui ne veut pas faire face aux gens qui subissent les conséquences de leurs compressions et qui défendent bien objectivement le bien public, comme par exemple en santé et en éducation. Comme le bourreau d'antan, les libéraux préfèrent une victime cagoulée, anonyme, une « majorité silencieuse » qui n'a ni visage ni nom.

Le temps des Marie-Antoinette (« ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent des brioches ») est révolu. Il y a un constat grandissant que les enjeux sociaux sont trop importants et que les vieilles campagnes de peur et de diffamation ont fait leur temps. Place au nouveau !



Actions à venir

À la fin du rassemblement contre le programme d'austérité à Québec le 12 février, les actions suivantes ont été annoncées :

22 au 27 février
Semaine de perturbation: ripostons à l'austérité!



28 février à Montréal
Manifestation contre les compressions en éducation


Organisée par la Fédération étudiante universitaire du Québec

8 mars, Journée internationale de la femme
« Femmes en marche pour l'égalité, solidaires contre l'austérité ! »
Des activités entourant le lancement de la Marche mondiale des Femmes


2 avril à Montréal
Non à un autre budget d'austérité


Organisée par l'Association pour une Solidarité syndicale étudiante

11 avril à Québec
Manifestation à l'occasion de la réunion du Conseil
de la fédération sur les gaz à effet de serre

Organisée par les groupes environnementaux

Premier Mai, Journée internationale d'unité et de lutte de la classe ouvrière
Actions dans toutes les régions du Québec contre l'austérité

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