Volume 3 Numéro 19  - 26 mars 2015

Le jour du dépôt du budget Leitao

Dénonçons le gouvernement Couillard pour
ses attaques contre la jeunesse étudiante !
Non à la brutalité policière !

Le 26 mars, le jour même du début du budget du gouvernement Couillard, des centaines d'étudiants ont pris la rue à Québec pour le dénoncer et exiger la fin du programme d'austérité du gouvernement. Lors de la manifestation, la police a chargé les manifestants et une étudiante a été violemment blessée au visage par un projectile, une bonbonne de gaz lacrymogènes, lancé à moins d'un mètre d'elle. Le PMLQ dénonce cette brutalité policière et celle dont ont été victimes les milliers d'étudiants cette semaine qui sont en grève pour contester l'austérité et la destruction du système d'éducation.

Le PMLQ dénonce les déclarations de la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault qui, du bout des lèvres, s'est dite touchée par les images de l'étudiante blessée mais continue et défend la politique de la loi et de l'ordre de son gouvernement. Le gouvernement Couillard, comme Charest en 2012, a déclaré que rien n'arrêtera le transfert massif de la richesse sociale du Québec vers des intérêts privés et que les étudiants doivent «respecter la loi». La ministre Thériault affirme que  les forces policières agissent en tenant compte des recommandations du rapport de la Commission spéciale d'examen des événements du printemps 2012, qui blâme le gouvernement Charest et la police pour leur gestion de la crise. Alors comment expliquer ce qui s'est passé : l'étudiante blessée et les trop nombreuses arrestations et contraventions depuis plus d'une semaine ? Par le fait qu'on ne remet pas d'itinéraire et que l'action est donc illégale et justifie tout ? Ça ne justifie pas du tout la criminalisation des actions des étudiants. Ce gouvernement a toujours des excuses et quand ça ne marche pas il en trouve d'autres. Cette brutalité n'a rien à voir avec le fait que les étudiants ne donnent pas l'itinéraire à la police. C'est précisément à cause de la répression de l'État que les étudiants ont pris la décision de ne pas se conformer aux réglements de la ville et de la police.

La réponse méprisable du gouvernement Couillard est un acte de désespoir, alors qu'il n'a qu'à offrir la répression face aux justes demandes des étudiants et de la population du Québec. Ces demandes sont sur la place publique depuis des mois et des mois, appuyées par des centaines d'actions d'opposition des travailleurs de nombreux secteurs de la société, affirmant que l'austérité n'est pas une solution pour le Québec. Cette voie de payer les riches et de détourner et détruire les services d'éducation et de santé pour les servir a été rejetée.

Non à la brutalité policière !
Non au programme d'austérité et de destruction du gouvernement Couillard !
Non au budget Leitao !


Budget Leitao 2015-2016

Un budget de destruction des services publics

Le 26 mars, le ministre des Finances Carlos Leitao a présenté le budget 2015-2016 du gouvernement Couillard. Ce budget est caractérisé par ce que plusieurs appellent la plus faible croissance des dépenses de l'histoire du Québec en ce qui concerne les services publics et les programmes sociaux. Le gouvernement se dit fier de « l'équilibre » retrouvé et y voit le signe d'une « stabilité financière, condition indispensable à la croissance économique et la prospérité ».

En fait, il n'y a pas moins « déséquilibré » que ce budget, rien de plus unilatéral. On assiste à un démantèlement des services publics encore plus poussé que l'an dernier, qui va rendre la situation encore plus intenable pour les services et les travailleurs qui les fournissent.

De l'aveu même du gouvernement, en deux ans, soit depuis le budget 2014-2015, c'est 7,274 milliards $ de coupures de budgets qui auront été effectués, dont 6,095 milliards $ dans les dépenses gouvernementales. Là-dessus on compte entre autres plus de 2,4 milliards $ de coupures dans les budgets des ministères et organismes gouvernementaux, des coupures de rémunérations de 500 millions $ dans le cadre du gel global des effectifs dans le secteur public, des coupures de 300 millions $ dans les budgets des municipalités, des coupures de 200 millions $ par la modification de l'organisation et de la gouvernance du réseau de la santé et des services sociaux. Et la liste continue.

Où sont les mesures de relance, demandent les chercheurs de l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS). « Pour cette année : 120 M $ de nouveaux investissements. Soit 0,12 % des revenus du gouvernement. Concentrées où ? Les 'secteurs clés de l'économie'. Bref, des subventions aux entreprises — et la Stratégie Maritime — là aussi des subventions aux entreprises pour favoriser le développement du fleuve et de ses alentours — représentent les plus gros montants. »

Les travailleurs et travailleuses de la santé, de l'éducation et de tout le secteur public tiennent depuis des mois des manifestations et des grèves, parfois même en dehors des périodes légales de grève, pour signifier au gouvernement que ses coupes dans le secteur public créent une situation de plus en plus intenable. Mais le gouvernement Couillard est résolu à plonger le Québec dans le chaos parce que selon lui c'est en « équilibrant le budget » et en continuant de transférer le plus de richesse sociale à des intérêts privés qu'on crée la prospérité. Ça ne doit pas passer !

Plus faible croissance des dépenses de l'histoire du Québec

Le ministre Leitao confirme que le budget 2014-2015 se termine par un déficit de 2,350 milliards $ et que le budget 2015-2016 sera sans déficit. La croissance nominale des dépenses consolidées en 2015-2016 sera selon les experts une des plus basses de l'histoire du Québec, soit 1,5 %. Les dépenses consolidées comprennent les dépenses de programmes des ministères, les dépenses des fonds spéciaux (Commission des relations du travail, Commission des lésions professionnelles etc.), des organismes autres que budgétaires (Société d'habitation du Québec, Bibliothèque et archives nationales du Québec etc.) des entités de la santé et des services sociaux et de l'éducation, ainsi que le service de la dette.

Pour l'année fiscale 2014-2015, la croissance des dépenses consolidées excluant le service de la dette est à 2,9 %, alors qu'elle était à 4,7 % en 2013-2014. De 2015-2016 à 2019-2020, cette croissance nominale sera de 1,5 %.

La situation est encore pire si on considère seulement ce qui est appelé dépenses de programmes, soit les dépenses des ministères. Pour 2014-2015, la croissance des dépenses de programmes est estimée à 2,1 %, comparativement à 3,3 % en 2013-2014, et elle sera de 1,2 % en 2015-2016, 2,2 % en 2016-2017 et de 2,8 % à compter de 2017-2018.

Selon les travailleurs de ces secteurs, la simple reconduction des programmes du point de vue des coûts fixes et autres demande une croissance nominale d'au moins 3-4 %. C'est sans compter les besoins nouveaux et croissants de la population pour lesquels des budgets doivent être alloués ni le redressement qui s'impose compte tenu des coupes passées.

Le budget 2015-2016 reconduit ce que le gouvernement appelle le « cran d'arrêt », soit la méthode qui veut que toute allocation de nouvelle dépense soit compensée par une réduction équivalente ailleurs dans le système. C'est une garantie de l'appauvrissement de l'économie dont font partie les programmes et services à la population.

Le budget 2014-2015 avait prévu une hausse de 3 % des dépenses en santé et de 2,2 % en éducation, ce qui était déjà une énorme compression compte tenu des coûts reconduits. Mais la coupe est encore plus forte pour l'année qui vient, d'un niveau historique selon plusieurs, avec une croissance nominale de 1,4 % dans la santé, de 0,2 % en éducation et une diminution de 1,1 % dans tous les autres programmes. Déjà les travailleurs de la santé et de l'éducation ont fait clairement savoir que le système devient simplement impossible à maintenir dans ces conditions mais le gouvernement a opposé une fin de non-recevoir et appelé ces travailleurs, qui soutiennent déjà le système à bout de bras et au péril de leur santé physique et mentale, à poursuivre « leurs efforts ».

Transfert de la richesse sociale aux riches

Bien que le fait saillant du budget soit l'attaque en règle contre les services publics et les programmes sociaux, il poursuit le transfert accéléré de la richesse sociale produite par les travailleurs aux riches. La principale mesure qui est annoncée à ce sujet est l'accélération des paiements sur la dette du Québec. Le gouvernement poursuit dans la voie de la réduction de la dette du Québec à 45 % du PIB pour l'année 2015-2016. Ces paiements se font par le biais des versements au Fonds des générations qui proviennent de diverses sources, comme l'indexation annuelle du prix de l'électricité patrimoniale (alors que le peuple fait face aux hausses des tarifs d'hydro), la taxe sur les boissons alcooliques et, à partir de 2015-2016, tous les revenus miniers du gouvernement sont affectés au service de la dette. Il semble clair que les grands prêteurs d'argent ont exigé des paiements plus rapides et plus élevés dans les conditions de la crise actuelle.

Le paiement de la dette est une façon de mettre les fonds publics à la disposition d'intérêts privés pour qu'ils investissent dans différents projets, quand ils calculent que c'est profitable pour eux. Dans ce sens, le budget compte d'autres mesures qui ne sont pas très spécifiques, comme un investissement de 1,5 milliard $ sur cinq ans dans la Stratégie maritime et des investissements dans un Plan Nord qui reçoivent peu de détails en plus de différents crédits d'impôts pour les monopoles qui voudraient investir (encore là pas de détails sur la situation concrète).

Aussi, selon le ministre Leitao, les mesures budgétaires doivent être vues comme faisant partie de la restructuration de la livraison des services. On sait déjà qu'une des façons principales sera de les privatiser tout en les maintenant couverts par l'institution publique, par la carte d'assurance-maladie dans la santé par exemple, comme les super-cliniques.

Un « équilibre » entre quoi

Le ministre Leitao se dit fier de « l'équilibre » retrouvé. Ailleurs il parle de la « stabilité » retrouvée. Le dictionnaire Larousse offre plusieurs définitions du mot « équilibre ». En voici quelques unes :

« État de repos, position stable d'un système obtenus par l'égalité de deux forces, de deux poids qui s'opposent...Juste proportion entre des éléments opposés, entre des forces antagonistes, d'où résulte un état de stabilité, d'harmonie... Juste répartition des éléments d'un tout : Équilibre de l'alimentation. »

De quel équilibre parle-t-il, de quel « tout » ? Il parle d'un équilibre entre deux colonnes de chiffres, entre la colonne des dépenses et la colonne des revenus. Pour obtenir l'équilibre, il faut deux aspects qui sont dans une situation d'équilibre entre eux dans un phénomène donné, dans ce cas-ci les revenus et les dépenses du gouvernement. Réduire cette question à la recherche d'un équilibre entre des aspects complexes d'une économie qui sont ramenés à une enveloppe de dépenses et une enveloppe de revenus, c'est faire de la désinformation dans le but d'obscurcir le tort qui est fait à l'ensemble de l'économie.

C'est une activité profondément antisociale, pour laquelle le gouvernement libéral doit rendre des comptes, que d'abaisser les investissements dans les services publics et les programmes sociaux. Les services publics et les programmes sociaux sont de la richesse qui est créée par les travailleurs. Ils sont une valeur immense qui est créée dans l'économie mais ils ne sont pas considérés comme tel par les monopoles et les gouvernements et ils sont un instrument essentiel par lequel les gens affirment leur humanité.

C'est une activité profondément anti-sociale, pour laquelle le gouvernement libéral doit rendre des comptes, que d'abaisser les investissements dans les services publics et les programmes sociaux. Il est inévitable que l'opposition à l'austérité antisociale continue de prendre de l'ampleur, que ce soit dans le secteur public, parmi les étudiants ou dans la population en général. Le gouvernement Couillard et son programme d'austérité pour payer les riches est en contradiction avec les besoins de la société québécoise. Le budget de mars montre que le système de cartel des partis politiques permet aux puissants intérêts privés d'imposer leur volonté. Il montre aussi qu'il appartient à la classe ouvrière du Québec de se constituer en opposition et de mobiliser tout le monde autour d'une alternative prosociale. Cela peut se faire avec le cri de ralliement :

Arrêtez de payer les riches! Augmentez les investissements dans les programmes sociaux!




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