Volume 3 Numéro 22  - 2 avril 2015

Rejet massif du budget Leitao d'austérité
du gouvernement Couillard

C'est de toutes les régions du Québec que les organisations syndicales, corps professionnels, organismes de défense de droits et communautaires dénoncent et rejettent le budget 2015-2016 déposé par le ministre des Finances du gouvernement le 26 mars dernier. Le gouvernement répond qu'il comprend que c'est difficile mais que c'est un passage obligé pour qu'on puisse avoir des finances publiques plus saines et plus durables à moyen terme. C'est d'ailleurs tout ce que le ministre des Finances Leitao a trouvé à dire aux nombreux manifestants venus dénoncer son budget le 30 mars à l'hôtel Bonaventure, alors qu'il devait le présenter aux membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.  La fraude est de parler de « saines » finances publiques alors qu'elles ne servent ni le public, ni le bien public et sont utilisées à d'autres fins. Ce que le gouvernement veut cacher c'est le fait qu'il utilise les finances publiques pour servir les riches, le droit de monopole et leurs réclamations grandissantes sur celles-ci. Cette logique tordue ne passe pas. 

Bas-Saint-Laurent

« Nous anticipions un budget à la hauteur de ce gouvernement. Nos pires craintes se sont réalisées. », a dit Ginette Pelletier, vice-présidente du Conseil Central CSN Bas-Saint-Laurent. Les quatre syndicats de la région du Bas-Saint-Laurent membres d'un front commun veulent accentuer la pression sur le gouvernement libéral. Ils ont l'intention de bloquer l'autoroute 20 à la hauteur de La Pocatière le 1er mai prochain, Journée internationale de lutte de la classe ouvrière.

« Ce n'est pas juste d'hier qu'on souligne au gouvernement qu'on n'est pas d'accord. Ça fait un bout de temps, ça fait depuis qu'il a commencé à nous faire ces annonces-là et aussi surtout à les mettre en pratique qu'on essaie de discuter avec le gouvernement, mais, il ne tend pas l'oreille à ce que la population lui dit, fait valoir la vice-présidente du conseil central CSN du Bas-Saint-Laurent, Ginette Pelletier.

« On va couper dans les programmes sociaux, dans les subventions aux organismes communautaires tous dédiés à l'aide aux plus démunis et rien n'a été prévu pour eux dans le présent budget », estime le front commun syndical. « Ce gouvernement n'entend que ce qui est économique, qu'à cela ne tienne, pendant cette journée, l'économie sera perturbée », conclut Ginette Pelletier.

Estrie

Les enseignants des trois commissions scolaires de l'Estrie ont manifesté dès le lendemain du dépôt du budget dans les rues de Sherbrooke. Leur convention collective arrive à échéance mardi et le budget dévoilé jeudi par le ministre québécois des Finances Carlos Leitao ne les rassure en rien.

Baie-Comeau

« 10 % des services professionnels publics de la Haute-Côte-Nord risquent de disparaître pour satisfaire aux exigences toujours grandissantes de l'austérité, alors que les témoignages dramatiques des conséquences du manque de services se multiplient dans les médias » indiquent dans un communiqué la Fédération des professionnelles et professionnels de l'éducation du Québec (FPPE-CSQ) et le Syndicat des professionnelles et professionnels de la Haute-Côte-Nord (SPPHCN).

« Au nom des élèves, qui sont notre avenir, cette saignée dans les services professionnels doit cesser maintenant, exige la présidente de la FPPE-CSQ, Johanne Pomerleau. Un gouvernement qui se respecte ne choisit pas d'économiser sur le dos des jeunes qui n'ont pas le pouvoir de faire respecter leur droit. Obtenir des services professionnels à la hauteur de ses besoins, c'est un droit protégé par la loi, qui a été réaffirmé par la Cour suprême en 2012, on l'oublie trop souvent ! ».

L'absence de services de psychologie à Baie-Comeau, d'orthophonie pour tout le territoire et l'abolition future possible de l'orthopédagogie a été dénoncée par Renée Dufour, présidente du SPPHCN. « À cause des mauvaises conditions de travail dans le secteur de l'éducation, la commission scolaire est incapable d'attirer et de retenir des psychologues et des orthophonistes. Qui voudrait que son auto soit son bureau pour desservir une dizaine d'écoles sur 100 kilomètres de territoire pour des salaires beaucoup plus bas qu'au privé ? », questionne-t-elle encore.

La commission scolaire est prise à la gorge et est obligée d'aller en sous-traitance. « Faire affaire avec le privé crée trois problèmes majeurs en Haute-Côte-Nord. L'élève ne reçoit qu'une infime partie du service dont il a besoin. La commission scolaire est prisonnière des contrats conclus avec le privé. En plus, les services professionnels sont donnés par des gens de l'extérieur. Après le fly-in / fly-out à Fermont, en Haute-Côte-Nord, c'est devenu vroom-in / vroom-out ! Est-ce que c'est ce qu'on veut pour notre région ? », s'insurge Renée Dufour.

Ahuntsic

Charles Lemieux, président du Syndicat des professeurs du Collège Marie-Victorin, a pris la parole lors d'une marche contre l'austérité et le budget Leitao dans le quartier Ahuntsic samedi dernier. « Le budget Leitao déposé jeudi dernier marque une nouvelle étape de cette offensive délibérée contre nos conditions de vie, contre nos services publics et nos droits sociaux à la santé, aux services sociaux, à l'éducation. Ce budget attaque notre capacité collective à protéger notre bien commun », a-t-il souligné. Dénonçant la fraude de l'austérité, il a dit que « le même budget fait par des riches pour les riches annonce encore une fois des baisses d'impôts aux entreprises, qui verront leur taux d'imposition passera de 11,9 % à 11,5 %. Comme les autres avant lui, Letao justifie ces baisses d'impôts aux entreprises comme des « efforts nécessaires pour créer de la richesse et des emplois. Nous savons que c'est faux ! Ces baisses d'impôts consenties aux entreprises leur ont permis d'accumuler depuis les dernières décennies des richesses en argent liquide qui s'élèvent aujourd'hui à, et à 111 milliards de dollars au Québec et à 604 milliards de dollars au Canada, soit 32 % du PIB ! Alors quand Couillard, Coiteux et consort justifient leurs attaques contre nos services publics en disant qu'il n'y a pas assez de richesse au Québec, ils mentent ! [...] La vérité, c'est que ce gouvernement, comme les autres avant lui, inventent de toutes pièces une prétendue crise des finances publiques pour justifier cette offensive néolibérale. L'offensive antisociale contre les droits de tous et toutes doit être stoppée. Organisons-nous pour empêcher ce gouvernement et les intérêts privés qu'il sert de détruire tout ce que nos parents, nos grands-parents et celles et ceux avant eux ont construit de haute lutte ! »

FIQ

« C'est un budget inacceptable que nous avons l'obligation de dénoncer », a déclaré la vice-présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec — FIQ, Nancy Bédard. « C'est pire que ce qu'on nous avait annoncé et pire que tout ce qu'on avait imaginé. Ce budget est une catastrophe pour les patients, pour les soins et pour les travailleuses du réseau de la santé. Le gouvernement libéral bat le triste record de la plus faible croissance des dépenses en santé jamais vue. »

Dénonçant les nombreuses coupures de postes de professionnels, elle a déclaré : « Nous sommes inquiètes pour les patients et pour la sécurité et la qualité des soins. Les professionnelles en soins demandent qu'on leur donne les moyens de soigner et de bien le faire mais aujourd'hui le ministre des Finances leur dit encore de faire plus avec moins. Ça suffit ! On ne peut pas accepter ça pour les patients et pour les professionnelles en soins. C'est clair pour la FIQ qu'elles ne peuvent plus faire d'avantage. Elles sont plusieurs au bout du rouleau et elles croulent sous le fardeau de la tâche et sous le temps supplémentaire. Nous sommes totalement indignées, c'est un affront aux professionnelles en soins et aux besoins prioritaires de la population du Québec. Ce budget est un ingrédient de plus qui risque de contribuer à des départs à la retraite d'infirmières, d'infirmières auxiliaires et d'inhalothérapeutes », a conclu Nancy Bédard.

Fédération autonome des enseignants

« Par ce budget, le gouvernement Couillard réitère tout le mépris qu'il nourrit à l'endroit des enseignantes et enseignants en leur répétant qu'ils ne valent même pas l'inflation. » souligne Sylvain Mallette, président de la FAE. « Lors de la conférence de presse qui a précédé la présentation du budget, le ministre Leitao n'a fait référence qu'une seule fois à l'éducation et c'était pour rappeler l'abolition des directions régionales du ministère de l'Éducation. Son collègue Martin Coiteux, le président du Conseil du Trésor, n'a pas fait référence à l'éducation. Dans le discours écrit remis lors du huis clos, qui compte 35 pages, une demi-page seulement traite de l'éducation.

L'absence du ministre de l'Éducation, François Blais, « traduit parfaitement la vision du gouvernement qui accorde peu d'importance à l'école publique. Nous n'avons jamais accepté et nous n'accepterons jamais que le gouvernement attaque ainsi l'école publique et celles et ceux qui y travaillent. Nous continuerons de la défendre. Nous avons droit à des conditions de travail qui témoignent de l'importance de notre engagement envers la société québécoise. Ce budget va contribuer à la grogne qui s'exprime déjà dans nos milieux. Nous invitons la population à dénoncer ce budget et à se faire entendre, notamment auprès de leurs députés », a conclu M. Mallette.

CSQ

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) dénonce l'entêtement du gouvernement à poursuivre son plan de poursuivre l'imposition d'importantes compressions et coupes dans l'ensemble des missions de l'État. « On ouvre grandes les portes à l'accroissement de la privatisation des services. Ces compressions, ajoutées à celles des dernières années, affectent les services à la population et détériorent les conditions de vie. En toute franchise, le ministre Leitão aurait dû mettre ses lacets rouges hier, car il plongera une bonne partie de la population dans le rouge au plan des services publics ; du moins, pour celles et ceux qui auront les moyens de se les offrir», relève Louise Chabot, présidente de la CSQ.

CSN

« Les patrons québécois ont raison d'être euphoriques, ils ont trouvé un gouvernement à leur main, a réagi le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau, au budget présenté par le ministre Leitão. À la lecture du Plan économique du Québec, on voit de quelles affaires se préoccupe le ministre. En fait, il n'en a que pour le monde des affaires, il ne s'occupe pas des affaires du monde. » Le communiqué souligne que le gouvernement favorise outrancièrement les entreprises par d'importantes réductions d'impôt et allègements fiscaux, alors qu'il laisse en plan les citoyennes et les citoyens qui vivront des compressions encore plus importantes que celles imposées par le premier budget Leitão, en juin dernier. « Le gouvernement va beaucoup plus loin que les coupes draconiennes qui continuent de frapper les services publics et les programmes sociaux, a poursuivi Jacques Létourneau. L'austérité se poursuit à la vitesse grand V. »

FTQ

« Le gouvernement met à mal nos services publics et ouvre le bar aux entreprises ; nous sommes extrêmement déçus et très inquiets », a déclaré le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, Daniel Boyer. Les faibles hausses de dépenses de programmes annoncées en santé (1,4 %) et en éducation (0,2 %) pour 2015-2016 laissent présager des coupes importantes dans les réseaux et des conséquences désastreuses sur la qualité et l'accessibilité de nos services publics. « Les dépenses prévues ne couvrent même pas l'augmentation des coûts de système alors on est bien loin de répondre aux besoins de la population. C'est une tragédie annoncée pour les travailleurs et les travailleuses du secteur public et pour l'ensemble de la population québécoise », affirme Daniel Boyer.

FRAPRU

Le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) dénonce la coupure de 1500 logements sociaux par année imposée par le budget du ministre des Finances, Carlos Leitão, au programme AccèsLogis et leur remplacement par 1000 unités de supplément au loyer en 2015-2016 et 1200 au cours des 4 années suivantes. Selon le coordonnateur du FRAPRU, François Saillant, « contrairement à ce que tente de nous faire croire le gouvernement Couillard, la privatisation de l'aide au logement ne permettra pas d'aider davantage de ménages, mais d'en aider moins et de le faire moins bien »

L'Association des retraitées et retraités de l'éducation
et des autres services publics du Québec

L'AREQ s'inquiète vivement que l'atteinte de l'équilibre budgétaire se fasse au moyen d'une nouvelle ronde de coupures dans l'ensemble des programmes sociaux, en particulier en matière de santé. « Le gouvernement nous fait miroiter le déficit zéro et d'hypothétiques baisses d'impôt. Il affirme qu'il y arrivera au moyen d'une révision de programmes qui se fera sans trop de douleur. Or, c'est faux. Les coupures des derniers mois se sont accompagnées d'une diminution des services à la population et aux personnes aînées et vulnérables, que ce soit dans les soins à domicile, dans l'accessibilité aux places en CHSLD, et j'en passe. À la lecture du budget et des crédits, force est de constater que ce n'est qu'un début. Pour nous, c'est inquiétant », a souligné le président de l'AREQ, Pierre-Paul Côté.



Lisez Le chantier politique
Site web:  www.pmlq.qc.ca   Courriel: bureau@pmlq.qc.ca