Volume 3 Numéro 25  - 9 avril 2015

Tous à la marche du 11 avril !

Humanisons l'environnement naturel et social !

Le 11 avril prochain, une mobilisation québécoise et canadienne s'organise pour exiger que les différents gouvernements prennent leurs responsabilités envers la défense de l'environnement et que cesse leur soumission aux exigences des monopoles pétroliers. Les actions auront lieu à trois jours de la réunion du Conseil de la fédération, qui réunit les premiers ministres du Québec, des provinces et des territoires, qui se tient à Québec sur le thème des changements climatiques. Plus de 85 organisations environnementales, syndicales, étudiantes, de défense des droits et des Premières Nations ont collaboré pour faire un succès de cette mobilisation, dont l'événement principal se déroule samedi à Québec à 13 heures.


Manifestation à Sorel-Tracy le 26 octobre 2014 contre la décision des gouvernements fédéral et provincial de faciliter l'exportation du pétrole des sables bitumineux de l'Alberta par la voie du Saint-Laurent

Le 7 avril, huit personnalités des domaines culturels, environnementaux, économiques, universitaires et politiques du Québec ont aussi appelé à la mobilisation pour protéger l'environnement naturel et social en publiant un «Manifeste pour un élan global», cosigné par 200 personnes, où l'appel est lancé entre autres à « la lutte pour le respect de la science, de la vie, de la démocratie. »

Le PMLQ appelle tous et toutes à se joindre aux actions à la défense de la dignité de la Terre-Mère. Une des questions qui est soulevée à travers ces actions est le besoin de soustraire les décisions entourant l'exploitation des richesses naturelles des mains des monopoles et des gouvernements à leur service. Témoins du résultat de la pollution et de la destruction de la Terre qui se font à un rythme alarmant avec la mondialisation néolibérale et son régime antisocial et antinational d'austérité et sa loi de la jungle, les travailleurs, le peuple du Québec, du Canada et les membres des Premières Nations voient le besoin d'intervenir et de contrôler leur économie socialisée pour qu'elle soit au service de l'intérêt public.

Les justes inquiétudes face à la destruction de l'environnement doivent se traduire en un mouvement pour placer le peuple au centre de toutes les prises de décisions concernant les affaires économiques, politiques et sociales. Le pouvoir des monopoles et de leurs représentatns politiqeus de polluer, de détruire, de surexploiter, de fouler aux pieds les droits souverains des peuples du Québec, du Canada et des Premières Nations peut être contré par la position d'autorité que ces derniers se donnent pour restreindre et priver les monopoles et les gouvernements à leur service du pouvoir de faire comme bon leur semble avec les ressources du pays.


Le 11 avril, tous à Québec pour le climat !
- Marche Action-Climat -

Le 14 avril est prévue, à Québec, une rencontre extraordinaire qui réunira des premiers ministres canadiens pour discuter des changements climatiques.

L'année 2015 est une année charnière pour le climat qui se terminera avec la Conférence de l'ONU sur le climat à Paris. Au Québec, les projets d'exploitation et de transport de pétrole «non conventionnel» issu des sables bitumineux, notamment l'oléoduc Énergie Est, ainsi que le développement d'autres filières d'énergies fossiles, mettront la table à cette année riche en défis et responsabilités pour l'avenir. Dans le contexte d'urgence des changements climatiques, ces projets sont contradictoires avec la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Une étude publiée en janvier dans la prestigieuse revue Nature mentionnait que «le Canada doit absolument laisser plus de 85 % de ses ressources pétrolières connues dans le sol s'il veut aider l'humanité à éviter la catastrophe climatique.» Or, il semble que ce ne soit pas la situation qui se dessine à l'horizon, faute de volonté politique.

Le projet d'oléoduc Énergie-Est de TransCanada c'est :

un oléoduc de 4 600 km de long provenant de l'Alberta jusqu'au Nouveau-Brunswick

1,1 million de barils de pétrole par jour, soit près de 175 millions de litres, essentiellement destinés à l'exportation

l'émission de 32 millions de tonnes de gaz à effet de serre chaque année, soit l'équivalent de 7 millions de voitures

l'oléoduc ne remplacera pas le transport de pétrole par train ni par bateau

des risques de déversements qui pourraient affecter nos sources d'eau potable, nos terres agricoles, nos lacs et rivières, le fleuve Saint-Laurent et la sécurité de nos communautés

Pour plus d'informations à ce sujet, Coule pas chez nous.

Voilà pourquoi un rassemblement de grande envergure est en préparation pour le 11 avril, à Québec.

Portez du rouge : vêtements, pancartes, tissus de couleur rouge !
Apportez de quoi faire du bruit !
Apportez vos messages et pancartes !
Amenez vos amis, votre famille, vos voisins !
Venez réaliser un thermomètre humain géant pour
montrer l'urgence d'agir contre les changements climatiques !

Qui sommes-nous

La Marche Action Climat est le fruit d'une coalition pancanadienne, initiée par le mouvement environnemental québécois, en collaboration avec les organisations syndicales, les mouvements sociaux et étudiants, les groupes citoyens et les Premières Nations.

Une initiative de :
Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique
Équiterre
Environmental Defence Canada
Fondation David Suzuki
Greenpeace
Nature Québec
Regroupement vigilance hydrocarbures Québec
(Cliquer ici (http://www.actionclimat.ca/a-propos/) pour la liste complète des collaborateurs)

Plusieurs événements en parallèle auront lieu du 11 au 16 avril à Québec en lien avec le climat :
Le Climat Show, samedi 11 avril, 19h30 au Capitole de Québec
Forum Action Climat dimanche 12 avril, Québec
Symposium mondial sur l'uranium du 14 au 16 avril
Festival international de films sur l'uranium du 15 au 25 avril
Festival de films de Portneuf sur l'environnement -12e édition - 16 au 26 avril
Sommet des Amériques sur le climat, 7 au 9 juillet, Toronto


Manifeste pour un élan global
- Texte collectif  paru dans Le Devoir, 7 avril 2015 -

Un collectif de Québécois issus des milieux culturels, environnementaux, économiques, universitaires et politiques lance aujourd'hui un mouvement d'objecteurs de conscience déterminés à s'opposer à l'invasion pétrolière de notre territoire et à la destruction du climat au bénéfice de quelques-uns. Appuyés par plus de 200 citoyens de partout, y compris des représentants des Premières Nations, de tous les milieux et de toutes les générations, ils inscrivent leur dissidence devant un développement énergétique et économique non viable, injuste et antidémocratique et appellent à l'incontournable transition écologique.

Une noirceur nouvelle se répand sur le Québec. Elle a franchi les portes de notre pays. La pensée unique revient en force et s'empare de notre démocratie, elle impose une vision du monde qui colonise notre espérance. Nous nous dressons devant elle. Nous refusons.

La science est muselée chaque jour davantage. Le dogme de l'argent, de la croissance à tout prix et de ses impératifs s'empare de la raison. La parole citoyenne ploie trop souvent sous le poids de la propagande d'intérêts puissants qui s'approprient le bien commun.

La croissance infinie est impossible dans une biosphère dont les ressources sont limitées et en déclin. Celles et ceux qui prétendent le contraire prônent la pensée magique. La lucidité scientifique impose notre réveil. Elle en appelle à une grande transition écologique de notre économie.

Les signaux d'alarme se multiplient. La survie même de notre espèce est mise en cause. Les populations d'espèces sauvages de notre planète ont diminué de moitié en 40 ans. Les océans s'acidifient. Les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère ont atteint un seuil qui nous rapproche de l'irréversible. La science est claire : pour éviter un dérèglement irréversible de notre climat, l'essentiel des réserves de combustibles fossiles doivent demeurer enfouies dans le sol. Extraire le pétrole à notre tour devient carrément immoral dans ces circonstances.

Quel est ce monde où la création de richesses s'appuie sur l'éradication de la vie ? Nous sommes les dernières générations à pouvoir empêcher l'irréparable. Nous ne serons pas complices de l'implacable destruction de notre avenir. À ce stade de notre histoire, notre inaction est devenue le symptôme de notre échec moral.

Rien de ceci ne se fait, ne se fera en notre nom.

Dissidence

Devant l'urgence, nous inscrivons notre dissidence. Nous nous déclarons objectrices et objecteurs de conscience. Nous retirons notre confiance aux gouvernements qui endossent le pillage du bien commun au profit de l'enrichissement de quelques-uns.

Nous avons le devoir de résister à l'invasion systématique de notre territoire par les pétrolières et par de puissants intérêts financiers. Le Québec a fondé sa modernité sur des valeurs fondamentales, dont l'énergie propre et le partage des richesses. C'est ce que nous sommes. C'est ce que nous voulons être. Nous exigeons le respect de cette identité.

De chaque côté du Saint-Laurent, soyons celles et ceux qui éclairent le chemin et agissons.

En conséquence :

Nous exigeons la fin des projets d'exploration et d'exploitation d'hydrocarbures en sol québécois.

Nous refusons tout passage de pétrole à des fins d'exportation sur notre territoire, que ce soit par train, oléoduc ou navire-citerne.

Nous exigeons l'adoption par le gouvernement du Québec d'un plan crédible pour réduire notre consommation de pétrole de 50 % d'ici 2030 et atteindre la neutralité carbone pour 2050.

Nous exigeons que la Caisse de dépôt et placement du Québec désinvestisse le secteur des combustibles fossiles. Nous demandons aux autres gestionnaires de fonds d'investissement dont les capitaux proviennent de citoyennes et citoyens d'en faire autant. Nous agirons aussi individuellement. L'argent de nos retraites ne doit pas appauvrir nos enfants. Il doit servir à assurer leur avenir.

Nous avons la chance de vivre sur un territoire qui regorge de sources d'énergie renouvelables. Certaines ont déjà été harnachées en inondant la taïga, en déplaçant des nations autochtones, en détournant des rivières et en noyant épinettes, lichens et caribous. Il est de notre responsabilité de cesser de gaspiller cette énergie et de la faire travailler pour créer ici un modèle de transition écologique auquel d'autres emboîteront le pas.

Nous nous engageons à consommer moins, à produire mieux et à contribuer à la construction d'une économie qui permettra l'amélioration du bien-être humain et de l'équité sociale tout en protégeant l'environnement.

Nous avons tout ce qu'il faut pour écologiser et humaniser notre économie. Pour entamer la transition, mobilisons talents et ressources pour la préservation de la planète et l'épanouissement des humains qui l'habitent. Créons ensemble un autre modèle en misant sur l'avenir.

Nous sommes de plus en plus nombreux à porter la voix du changement. Restons solidaires, au-delà de toutes frontières. Participons à l'éveil démocratique, à ce nouvel élan bâtisseur et créateur qui se porte à la défense du bien commun, de l'intérêt général, et qui milite sous de multiples formes avec courage pour la suite de notre monde.

Nous ne sommes pas des colonnes de chiffres. Nous sommes l'avenir. Notre engagement et notre mobilisation portent l'espoir d'une prospérité qui ne se calcule pas qu'en dollars.

Les solutions existent. Nous avons les moyens technologiques et humains qui permettent de lancer un vaste chantier de développement véritablement durable, viable, juste et équitable. Nous avons le devoir de devenir les leaders de ce nouvel élan global qui marquera le XXIe siècle.

Le Québec a fait maintes fois la preuve de sa capacité à mener de grands changements, avec audace, sérieux et ingéniosité. Nos révolutions sont tranquilles, mais ce sont de vraies révolutions. Elles peuvent inspirer le monde entier.

Que celles et ceux prêts à s'engager dans cette aventure se joignent à nous : de Chisasibi à Port-Menier, de Salluit à Montréal, en passant par Québec, Chicoutimi, Gaspé, Ristigouche, Cacouna, Trois-Rivières et Sorel. Dans chaque ville et chaque village, avançons la tête haute. Comme dans la chanson de Vigneault, roulons comme baril de poudre, passons comme glace en débâcle. Ensemble, semons l'espoir.

Rallumons les feux le long de ce fleuve qui nous traverse et sur tout le territoire. Éclairons-nous les uns les autres, animés de l'amour de nos enfants, de notre pays et de notre planète.

Déferlons par milliers. Lançons la lutte pour le respect de la science, de la vie, de la démocratie.

L'eau du fleuve coule dans nos veines. Ne laissons pas la cupidité porter atteinte ni à la vie des bélugas ni à la nôtre.

Honorons la mémoire de nos frères et de nos soeurs disparus lors de la tragédie de Lac-Mégantic.
Apportons notre soutien aux Premières Nations dans leurs luttes pour protéger leurs territoires.
Protégeons nos enfants, nos petits-enfants et ceux et celles qui suivront.
Aujourd'hui, nous proclamons notre droit de vivre dans un environnement sain et sécuritaire.
Nous nous interposerons par tous les moyens de résistance pacifique dont nous disposons.
Nous ne nous battons pas pour la nature. Nous sommes la nature.
Nous sommes la nature qui reprend ses droits.
Rien n'arrêtera notre élan.

* Auteurs:
Camil Bouchard, Dominic Champagne, Jérôme Dupras pour Les Cowboys Fringants, Karel Mayrand, Gabriel Nadeau-Dubois, Éric Pineault, Annie Roy et Laure Waridel

Pour la liste complète des signataires, cliquez ici.





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