Volume 3 Numéro 26  - 10 avril 2015

Assaut policier contre les étudiants de l'UQAM

Blâmons les positions extrémistes du gouvernement Couillard et de l'administration de l'université

Mercredi le 8 avril, la police de Montréal a fait irruption par trois fois à l'Université du Québec à Montréal pour assaillir les étudiants. Elle a fait irruption le matin pour brutaliser les étudiants en grève qui organisaient des levées de cours dans les facultés en grève. Elle a fait de même en après-midi pour frapper les étudiants et en a arrêté vingt-deux. Le soir, elle a forcé l'entrée d'un pavillon pour briser une occupation étudiante. La communauté universitaire était si indignée de l'irruption policière sur le campus et de l'assaut contre les étudiants que des enseignants, dont la présidente du Syndicat des professeurs, ont formé une ligne entre les étudiants et les policiers pour les empêcher de blesser les étudiants. Des enseignants et des étudiants se sont rendus aux postes de police pour s'assurer que les étudiants arrêtés ne soient pas maltraités et demander leur libération.

Pendant ces événements, les enseignants et les étudiants ont demandé à plusieurs reprises de s'asseoir avec l'administration pour apaiser les tensions sur la base des forces de la communauté universitaire, en demandant à la police de quitter les lieux, mais ils ont eu une fin de non recevoir. Ils ont obtenu une rencontre en soirée, mais l'administration a refusé de reculer sur quelque point que ce soit.

Il faut savoir que les étudiants de l'UQAM en plus de s'opposer au programme d'austérité antisociale d'ensemble du gouvernement Couillard font aussi face à des attaques spécifiques contre eux. L'administration menace d'expulser neuf étudiants pour soi-disant vandalisme et perturbation et jusqu'à ce jour les étudiants n'ont pas été autorisés à voir la preuve qui est utilisée contre eux, qui remonterait à il y a deux ans. En plus de cela, le 1er avril l'administration de l'UQAM a demandé et obtenu une injonction de la Cour supérieure interdisant aux étudiants qui ont voté la grève dans leur assemblée générale de faculté de mener quelque action qui perturberait les cours. Le recteur de l'université a averti les enseignants qu'ils sont obligés de donner leur cours dans les facultés en grève quelque soit le nombre d'étudiants dans la salle.

Chantier politique dénonce cette escalade de la violence de l'État et de la criminalisation de la lutte des étudiants contre l'austérité antisociale.

C'est le gouvernement Couillard qui est l'organisateur de cette violence par son obsession à imposer l'austérité antisociale au peuple et à la société qui la rejettent. Il est l'organisateur direct des événements, comme on le voit à ses avertissements aux administrations scolaires qu'elles ont l'obligation de donner les cours dans les facultés et départements en grève, par son appel ouvert aux expulsions et aux injonctions contre les étudiants, par sa déclaration à l'effet qu'au nom de l'équilibre budgétaire, le gouvernement ne mettra aucun argent pour des prolongations de session et que les étudiants qui sont en grève vont perdre leur session. Plus encore, il se signale par ses déclarations provocatrices à l'effet que le droit de grève n'existe pas dans le milieu de l'éducation, qu'il s'agit seulement d'un boycott volontaire des cours par certains. Pour lui les associations étudiantes que le mouvement étudiant s'est donnés au fil des décennies pour défendre leurs droits ne sont rien.

Poursuivant ses positions extrémistes, le premier ministre Couillard a décidé de faire du port du masque par les manifestants la question centrale, niant ainsi que la question centrale est politique. Il a dit à la télévision le soir du 8 avril que « si j'avais à le dire de façon imagée, si quelqu'un entrait chez nous cagoulé pour faire du grabuge, j'appellerais la police ». Il a ajouté qu'il demande aux dirigeants d'établissement d'enseignement « la même attitude ». Le port du masque, selon le premier ministre, fait d'un étudiant une proie acceptable pour la violence de l'État. Il fait comme s'il ne savait pas que le port du masque par des manifestants est le résultat d'années de répression des manifestations et protestations, et que les étudiants de l'UQAM sont filmés par l'administration lorsqu'ils se battent contre l'austérité antisociale alors qu'ils sont sous le coup d'une injonction et d'expulsions.

Le gouvernement Couillard est en train d'ériger un spectre de « violence » et « d'individus masqués » pour masquer sa propre violence et éviter de rendre des comptes pour la dévastation que cause son programme d'austérité pour payer les riches. Il ne veut pas permettre quelque solution ou discussion dans la société qui donnerait réellement au peuple le pouvoir d'avoir son mot à dire et de décider de la direction des choses. Il n'a que la répression, l'intimidation, la provocation à offrir.

Ces dangereux précédents d'intervention policière sur les campus (celle-ci, la descente à l'Université de Montréal entre autres en 2012) s'inscrivent dans l'assaut néolibéral contre les arrangements en place qui crée une situation d'anarchie et de chaos dans la société. La résistance à l'offensive antisociale pointe à la nécessité de nouveaux arrangements basés sur la défense des droits de tous.

Chantier politique appelle les travailleurs du Québec et tous ceux qui ont à coeur de défendre les droits de tous, à l'éducation et à la santé publiques, aux services publics et aux programmes sociaux et qui ont à coeur la création d'une atmosphère de progrès dans la société à voir clair dans cette « violence » et à exiger que cesse la criminalisation de la lutte contre l'austérité antisociale.




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