Volume 3 Numéro 47  - 18 juin 2015

Manifestations lors du congrès du Parti libéral du Québec

Un programme prosocial s'impose face à la fraude de la «prospérité pour le Québec» de Couillard

Le Congrès du Parti libéral du Québec les samedi et dimanche 13 et 14 juin sous le thème « Québec destination prospérité », a donné l'occasion aux travailleurs du secteur public, aux étudiants et à leurs alliés de prendre action pendant ces deux journées à la défense du droit public contre la destruction nationale qui s'opère de façon encore plus brutale depuis l'arrivée du gouvernement Couillard au pouvoir. Signe de la défaite de son programme frauduleux de prospérité à gagner quelque appui parmi le peuple, le Parti libéral de Couillard n'avait que les forces policières sous toutes ses formes à offrir face aux revendications de la population.

Le 13 juin à 9 h, des étudiants, des enseignants et d'autres personnes préoccupées par l'avenir de l'éducation se sont réunies à la Place Jean-Paul-Riopelle, en face du Palais des Congrès pour exiger que le gouvernement Couillard serve les besoins en éducation. La bannière de tête Des sous pour l'école, pas pour le pétrole illustrait la demande que prime le droit à l'éducation sur le diktat des monopoles pétroliers. Ne se laissant pas intimider par l'arsenal policier, la centaine de manifestants a ensuite marché dans les rues du centre-ville de Montréal.

Le 14 juin, pendant que les congressistes étaient toujours cachés derrière le cordon policier et les murs du Palais des congrès, la Place Jean-Paul-Riopelle était cette fois occupée par plus de 1000 manifestants venus exprimer leur opposition aux politiques de destruction de Couillard, à l'appel du Front commun 2015. Une partie de l'animation a été faité par le groupe humoristique les Zapartistes qui, avec leur humour cinglant, ont caricaturé un Couillard en laquais des banques, manifestant son mépris envers le peuple du Québec et les plus vulnérables de la société. Les médias à son service qui mettent la dette de l'avant pour créer la peur parmi la population ou qui nient le démantèlement du Québec que fait le gouvernement Couillard, ont aussi été parodiés de manière cinglante.

Les représentants de la FTQ, la CSN et la CSQ ont ensuite pris la parole. Ils ont souligné que les coupures et l'abolition de services et de programmes dans le secteur public doivent être soumis au débat public, compte tenu des impacts sur la population et les travailleurs qui y oeuvrent. Ils ont mis de l'avant le fait que les organisations syndicales ont proposé des solutions pour améliorer l'organisation et la qualité des services publics, mais que Couillard n'en n'a pas tenu compte. Ils ont affirmé que le gouvernement Couillard ne pourra pas les exclure de l'avenir des services publics et qu'ils seront prêts à l'automne, lors de la réouverture de l'Assemblée nationale, à poursuivre la bataille.

L'opinion publique grandissante reconnaît que les attaques toujours plus grandes de Couillard contre le droit public ne peuvent mener à la prospérité pour le peuple du Québec. Il faut maintenant discuter comment la lutte doit se poursuivre pour priver le premier ministre Couillard du pouvoir de détruire toute une section de l'économie socialisée. Le fait que les partis de l'opposition à l'Assemblée nationale soient incapables de stopper les politiques néolibérales montre aussi la nécessité de renouveler cette institution pour qu'elle soit soumise à la défense du droit public et non pas aux exigences des monopoles.




Actions du 13 juin







Parents et familles se mobilisent contre la destruction du système d'éducation publique du gouvernement Couillard

À l'occasion des actions lors de la Journée internationale des travailleurs, le 1er mai dernier, des parents d'élèves du primaire et du secondaire sont allés rejoindre les intervenants de leur école publique de quartier pour former une chaine humaine signifiant par là leur volonté de la protéger des attaques du gouvernement Couillard. Le 1er juin, l'action s'est répétée et, selon Pascale Grignon, porte-parole du mouvement Je protège mon école publique qui a fait partie de l'organisation de l'événement, c'est plus de 8000 personnes qui ont répété l'action dans une centaine d'écoles situées dans huit régions du Québec. Dans l'Outaouais, le président de la Commission scolaire au Coeur-de-Vallées (CSCV) a participé à la chaîne humaine en guise de solidarité et y a dit : « On est rendu à tout près de trois millions de dollars de coupures pour la CSCV depuis les dernières années. Le gouvernement nous promet toujours qu'on fait des compressions pour que ce soit réinvesti dans le milieu de l'éducation, mais nous sommes en attente constante année après année pour cet argent ». Les prochaines chaines humaines auront lieu le 1er septembre, lors de la rentrée scolaire.

Toujours au début juin, Nancy Guénette, présidente du conseil d'établissement de l'école primaire St-Anselme de la Commission scolaire de Montréal adressait une lettre à tous les conseils d'établissement du Québec, appelant à la mobilisation de tous les parents du Québec. Elle y dit, entre autres : « L'éducation a plus que jamais besoin de nous, les parents engagés dans leur école. Les effets concrets des coupures sur les élèves sont visibles dans plusieurs écoles déjà : coupures de services, de postes, de classes. Ce sont souvent les élèves les plus fragiles qui sont les plus touchés. Ce n'est pas seulement pour notre école ou notre enfant que l'on doit se lever. C'est pour le droit à l'éducation au Québec : une éducation de qualité pour tous peu importe que l'on soit à Montréal, à Québec ou ailleurs. » La page Facebook de son groupe, Regroupement des conseils d'établissement mobilisés, fait la mise à jour du nombre de conseils d'établissement des écoles qui ont refusé l'adoption du budget 2015 à cause des compressions, pour la seule Commission scolaire de Montréal, le pourcentage est de 35 %.

Les Conseils de commissaires sont aussi appelés à prendre position contre l'offensive de Couillard en éducation. Le 28 mai dernier, les membres du Conseil des commissaires de la Commission scolaire Marie-Victorin (sur la Rive-Sud de Montréal) faisaient parvenir une lettre à François Blais, ministre de l'Éducation, de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche demandant qu'on mette fin aux coupures, dont voici des extraits :

« Monsieur le Ministre,

« Nous, les membres du Conseil des commissaires de la Commission scolaire Marie-Victorin (CSMV), demandons au gouvernement d'arrêter de sabrer les dépenses en éducation.

« Pour la CSMV, il s'agit de nouvelles compressions de l'ordre de 11,9 millions de dollars (incluant la perte de la subvention de péréquation de 4 millions pour la taxe scolaire) qui s'ajoutent aux 5 millions du déficit antérieur. Ces récentes compressions,[...] portent atteinte à notre mission même, soit de veiller à la qualité des services éducatifs et à la réussite des élèves.

« Notre rôle comme commissaire est d'agir dans l'intérêt des élèves et de la population desservie par la Commission scolaire et de contribuer à l'avancement de la société par l'éducation. Ainsi, l'éducation devrait être perçue par le gouvernement comme un investissement pour le présent et l'avenir, plutôt que comme une dépense. L'éducation prépare les générations à venir et guide l'évolution de notre société. Les plus récentes compressions qui nous sont imposées auront inévitablement un impact sur la hauteur de nos services offerts aux élèves. [...] »

Le 6 juin, la Coalition des parents pour l'école publique faisait son lancement en organisant un pique-nique contre les coupes en éducation dans l'arrondissement Ahuntsic-Cartierville où une centaine de famille ont participé. Se joignant aux efforts à travers le Québec pour stopper la déshumanisation de services d'éducation par le gouvernement Couillard, la Coalition a lancé la campagne « Les coupures en éducation ont un visage : le mien ». L'organisation regroupe les comités de parents des commissions scolaires de Montréal (CSDM), de Laval (CSDL) et de la Commission scolaire English-Montreal (EMSB) et vient aussi de soumettre une pétition à l'Assemblée nationale exigeant la reconnaissance et le financement adéquat de l'école publique.

Cela devient de plus en plus difficile pour le gouvernement Couillard de défendre son programme antisocial. Il en est réduit, comme l'a fait son ministre de l'éducation François Blais face à la mobilisation des parents, à blâmer les enseignants et leurs organisations en disant que «[...] Or, c'est en négociation en ce moment avec les syndicats. Alors, je comprends qu'on fait peur aux gens, qu'on leur dit : " C'est terrible ce qui va se passer, vos enfants vont être dans des classes surabondées ". Mais on n'est pas du tout là, on ne sait même pas si ça va se produire. On mêle beaucoup de choses, des compressions qui doivent être faites à court terme avec des enjeux syndicaux d'un tout autre ordre ». L'écart entre la conscience du peuple de ce qui doit être fait pour que l'éducation soit modernisée et les décisions antisociales des néolibéraux de Couillard ne peut être comblé que si les travailleurs et le peuple du Québec exercent un contrôle sur les décisions prises à l'Assemblée nationale.

Pour signer la pétition Reconnaissance et Financement adéquat de l'école publique

Pages Facebook:
-Je protège mon école publique
-Regroupement des conseils d'établissement mobilisés
-Coalition des parents pour l'école publique



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