Volume 3 Numéro 49  - 27 juin 2015

Blocus routier des travailleurs de la construction sur la Côte-Nord
Les travailleurs disent non à l'étranglement de la région

Le jeudi 25 juin, plus de 300 travailleurs de la construction ont organisé le blocus de la route 138 sur la Côte-Nord, près de Sept-Îles, à l'entrée du complexe hydroélectrique La Romaine et près de Pessamit. Ils ont dénoncé les conditions de chômage et d'appauvrissement croissant qui frappent les travailleurs de la région et ont déjà causé une augmentation des suicides, des faillites personnelles et des saisies de maisons parmi les travailleurs et leur famille. Cela fait des années que les travailleurs protestent contre la dégradation des conditions de vie et de travail dans la région, des années également que toutes sortes de représentations sont faites au gouvernement, notamment par les élus municipaux, à l'effet que la situation est devenue urgente et rien n'a été fait et n'est fait par le gouvernement du Québec pour remédier à la situation. L'étranglement de la Côte-Nord et des régions continue. Les travailleurs ont pris en main de lancer le message à tous que la situation ne peut durer. Le barrage a été levé le 26 juin suite à une ordonnance de la Cour supérieure, mais le message demeure, de même que l'urgence de la situation.

La Côte-Nord est marquée par la crise des secteurs minier, forestier et industriel en général qui est aggravée du fait que les monopoles en rejettent le fardeau sur le dos des travailleurs. Du 1er trimestre 2014 au 1er trimestre 2015, le taux de chômage sur la Côte-Nord/Nord du Québec a augmenté de 2,8 % , atteignant 12,5 %. Cela fait suite aux fermetures et aux mises à pied minières, aux mises à pied forestières, non seulement les mises à pied directes, mais l'abandon du secteur par plein de travailleurs qui n'y voient plus d'avenir et entreprennent de se chercher quelque chose dans d'autres secteurs. Cela fait suite aussi aux pertes d'emplois dans les services publics et les programmes sociaux. Uniquement dans la construction, le nombre d'heures travaillées sur la Côte-Nord entre le 1er trimestre 2014 et le 1er trimestre 2015 a diminué de 30 %, dont 35 % dans le secteur industriel, 23 % dans le secteur génie-civil/voirie et 12 % dans le résidentiel, selon les données de la Commission de la construction du Québec (CCQ). Toujours selon la CCQ, il y a 2-3 ans, on estime à environ 10 000 le nombre de travailleurs qui oeuvraient dans la construction sur la Côte-Nord alors que maintenant leur nombre est d'environ 4 000.


En réponse au blocus routier, le gouvernement et son agence la CCQ se sont précipités pour donner leurs propres interprétations intéressées du geste des travailleurs. Lors du blocus, les travailleurs de la construction ont bloqué l'accès au chantier de la Romaine à des entrepreneurs et équipes de travail venus de l'extérieur de la région, pour illustrer leur demande de travail pour les travailleurs locaux et leur opposition à l'abaissement des conditions de travail sur les chantiers.

Tout de suite le gouvernement et la CCQ se sont précipités pour « rappeler » aux travailleurs que les travailleurs de l'extérieur ont le droit de venir y travailler sur les chantiers de construction en vertu des ententes sur la mobilité de la main-d'oeuvre dans la construction. Ce qu'ils n'ont pas dit, c'est qu'avec l'offensive antisociale des riches et de leur État contre les travailleurs de la construction, cette mobilité de main-d'oeuvre est utilisée comme un instrument pour abaisser les conditions de vie et de travail du secteur et affaiblir les syndicats. Les participants au blocus ont déclaré que les entrepreneurs font du chantage économique contre les travailleurs qu'ils amènent avec eux de tous les coins du Québec, pour les forcer à travailler en-dessous des conditions prévues par la loi et les conventions collectives, par exemple en les forçant à remettre à l'employeur le montant qu'ils reçoivent pour logement et nourriture quand ils vont travailler loin de chez eux. Comment est-ce possible, sinon, que des entrepreneurs qui proviennent de régions éloignées puissent concurrencer si aisément des entrepreneurs locaux quand ils soumissionnent pour des contrats ? Cet état de choses avait été admis par les associations patronales lors de la grève de la construction en 2013. Elles l'invoquaient elles-mêmes pour dire que cela montrait que les salaires et les conditions de travail étaient trop élevés dans le secteur !

La réponse du gouvernement et de la CCQ est de dire aux travailleurs qu'ils n'ont qu'à porter plainte et enquête sera faite. Eux-mêmes refusent de faire enquête et font porter le fardeau aux travailleurs, sachant très bien que les travailleurs de la construction n'ont pas de sécurité d'emploi et vont se faire mettre sur la liste noire s'ils osent parler. C'est le même gouvernement et la même CCQ qui ont aboli le placement syndical il y a quelques années, de sorte que maintenant les entreprises ont le champ libre de choisir les travailleurs qu'elles veulent, et dans un contexte où des masses de travailleurs de la construction sont en chômage et sont en difficulté.

L'action des travailleurs de la construction est une action à la défense de leurs droits et de l'avenir des régions du Québec. Tous doivent l'appuyer.

(Photos: Facebook FTQ-construction)



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