Volume 3 Numéro 54  - 5 août 2015

Opposition à la destruction nationale de Harper

Les agriculteurs défendent le droit public

Les agriculteurs de toutes les régions du Québec sont allés manifester au bureau du ministre d'État à l'Agriculture, Maxime Bernier, à Sainte-Marie en Beauce le 24 juillet, et trois jours plus tard, le 27 juillet, devant le bureau du ministre fédéral Denis Lebel, ministre de l'Infrastructure, des Collectivités et des Affaires intergouvernementales, président du Conseil privé et ministre de l'Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec, à Roberval au Lac-Saint-Jean.


Manifestation de producteurs agricoles le 27 juillet au bureau de Denis Lebel (photo: UPA)

Ils étaient 300 producteurs agricoles, des producteurs de lait, d'oeufs et de volailles au ministre Lebel pour exiger le maintien du système de gestion de l'offre. La gestion de l'offre permet d'établir des prix de façon rationnelle pour aider les producteurs, les transformateurs et les consommateurs et offrir aux producteurs une certaine prévisibilité quant à la vente de leurs produits.

Les producteurs agricoles n'ont pas le choix de défendre le système de gestion de l'offre dans le contexte actuel des négociations du traité de libre-échange appelé Partenariat transpacifique et de l'Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l'Union européenne, qui est sur le point d'être finalisé. Ce faisant, ils défendent la souveraineté alimentaire du Canada. Les États-Unis font pression pour que le Canada abandonne le système de gestion de l'offre et ouvre son marché aux trois secteurs de production que sont le lait, les oeufs et la volaille. Sans compter l'Union européenne (UE) qui  réclame une augmentation des quotas pour tous les produits laitiers en provenance de l'UE, dont les fromages fins subventionnés, qui feraient concurrence aux fromages du Québec. Les agriculteurs exigent que le gouvernement Harper, qui a déjà capitulé en ce qui concerne l'AECG, sans parler de sa destruction de la Commission canadienne du blé, ne les trahisse pas dans le cadre des négociations secrètes du Partenariat transpacifique.

L'abandon de la gestion de l'offre signifierait la disparition de nombreuses fermes laitières au Québec, du fait de la concurrence des fermes laitières américaines qui possèdent des cheptels de 4000 à 5000 vaches, bien au-delà de ce que possèdent les fermes du Québec. Elle signifierait l'arrivée sur le marché québécois de produits subventionnés qui favorise l'importation au détriment de la production locale. Comme les autres pays ne produisent pas selon les mêmes normes, lesquelles sont souvent moins exigeantes, c'est la qualité des produits laitiers sur les marchés qui en sera diminuée.

La gestion de l'offre a permis le développement au Québec d'une agriculture et d'une production laitière moderne, d'un réseau de coopératives agricoles important et d'usines de transformation, qui sont la propriété des agriculteurs et qui assurent aux consommateurs des produits de qualité et en quantité. Les secteurs laitiers et avicoles du Québec comptent pour 8,2 milliards $ du PIB. Ils représentent 92 000 emplois et versent 1,38 milliard $ en taxes et impôts. La gestion de l'offre permet par son effet en agriculture le maintien des communautés rurales, un élément clé de l'occupation du territoire. Elle assure la production laitière dans les régions périphériques du Québec. C'est cela qui est menacé par les politiques de Harper qui remet les richesses du sol et du travail du Québec et du Canada entre les mains des monopoles.

La lutte des agriculteurs du Québec pour le maintien du système de la gestion de l'offre mérite l'appui de tous. Il en va de notre qualité de vie, de l'avenir du modèle d'agriculture choisi et bâti par nos agriculteurs et nous devons les soutenir. Un geste important dans ce sens est de montrer la porte au gouvernement Harper le 19 octobre.



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