Volume 3 Numéro 56  - 21 août 2015

Harper à Québec le 9 août

Le gouvernement Harper doit rendre des comptes de ses menaces contre la souveraineté du Québec
- Pierre Chénier -

Lors d'un discours électoral devant ses partisans à Québec le dimanche 9 août, le premier ministre Harper a abordé la question de la constitution et de la souveraineté du Québec.

Après avoir mentionné tout l'argent qu'il a donné au Québec dans son dernier mandat et lancé l'appel aux Québécois à le joindre à la table du pouvoir, il a eu ces mots, selon La Presse: « Nous avons cessé les pourparlers constitutionnels interminables et les longs débats sur les règles entourant la séparation du Québec, mais c'est là une ère dans laquelle MM. Trudeau et Mulcair veulent retourner...Nous avons pratiqué une politique d'ouverture envers le Québec [... et avons] suivi les priorités du Québec dans les infrastructures. Et au Parlement, nous avons reconnu qu'au sein d'un Canada uni, les Québécois forment une nation. Pour nous, conservateurs, le nationalisme québécois qui ne débouche pas sur la séparation n'est pas une menace. »

Cela fait plusieurs fois maintenant que le premier ministre Harper emploie le mot «menace» à propos d'un « nationalisme québécois » qui mènerait à un État souverain du Québec. Si on lui demande de préciser sa position, il dit que c'est un vieux débat qu'il ne veut pas rouvrir parce que les Québécois veulent parler d'économie et non de constitution et qu'avec des gouvernements majoritaires « fédéralistes » à Ottawa et au Québec, la questions nationale du Québec a été mise sous le tapis. Clairement, il cherche à éviter la question tout en laissant planer que si le peuple québécois décide d'affirmer sa souveraineté en se donnant un État souverain il fera face à la «menace». Il insiste aussi pour dire qu'il a réglé la question en rappelant qu'il a fait adopter une motion déclarant que « les Québécois forment une nation au sein d'un Canada uni ».

Le gouvernement Harper ne va pas s'en tirer comme ça avec ses faux-fuyants et ses menaces. L'affirmation nationale du Québec sous la forme d'un État souverain est son droit, qui lui appartient du fait qu'il est une nation. Elle n'est pas une menace pour personne et la décision appartient au peuple du Québec, sans égard à la langue ou l'origine nationale de chacun, et le peuple québécois doit pouvoir en discuter et prendre sa décision librement sans ingérence ni chantage ou menace. Non seulement les menaces du premier ministre Harper sont-elles inacceptables, mais il en est de même de tous ceux qui gardent le silence lorsque le premier ministre parle du mouvement souverainiste comme d'une menace et ont adopté l'attitude de détourner la tête et dire que la question devrait être évitée au nom de l'économie, que la question est essentiellement réglée. Ils se font les collaborateurs des menaces contre le Québec et doivent être dénoncés pour cela.

Que faut-il comprendre de la déclaration du premier ministre à l'effet que l'affirmation de la souveraineté du Québec voudrait dire des négociations interminables et constitue une menace? Il utilise sciemment le langage de la Loi C-51, la soi-disant Loi antiterroriste de 2015, qui établit une liste de «menaces» à la sécurité du Canada, dont fait partie la menace à l'intégrité territoriale du Canada. Celles-ci, bien qu'elles ne reçoivent aucune définition, sont en vertu de cette loi déclarées infraction criminelle qui fait entrer en jeu une loi antiterroriste.

En utilisant, et de façon systématique, le mot « menace », le premier ministre nous dit que le cadre dans lequel le gouvernement canadien traitera de la question si le peuple québécois affirme sa souveraineté ne sera pas celui des négociations constitutionnelles ou de la loi de la clarté mais celui de la déclaration de la demande de souveraineté comme étant une infraction criminelle.

C'est sur le terrain de la criminalisation que le gouvernement Harper va traiter de la question, comme il le fait d'ailleurs sur toutes les questions. C'est très dangereux et cela ne doit pas passer.

En ce qui concerne sa motion sur les Québécois comme nation au sein d'un Canada uni, tout le monde voit que le gouvernement Harper ne reconnaît pas le Québec comme nation, qui est notamment doté d'un territoire national. Il ne reconnaît que les Québécois, les francophones vivant au Québec ou issus du Québec qui vivent partout au Canada. C'est un subterfuge, un de plus, pour provoquer le peuple et créer des troubles et des scissions s'il affirme sa souveraineté.

Dans cette élection, les Québécois et les Canadiens doivent mettre à leur place les provocateurs qui veulent utiliser les élections pour intimider les Québécois et déclarer d'une seule voix que le droit du peuple du Québec de décider de son destin doit être reconnu et garanti comme partie intégrante du renouveau démocratique dont le Canada a besoin.



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