Volume 3 Numéro 58  - 2 octobre 2015

Opposition à la destruction nationale de Couillard

20 000 enseignants dans la rue le 30 septembre
pour défendre l'éducation publique

Les près de 90 000 enseignantes et enseignants des écoles primaires et secondaires du Québec ont entrepris des moyens de pression depuis le printemps passé pour défendre leurs conditions de travail et de salaire contre le programme du gouvernement Couillard de détruire l'éducation publique avec sa politique néolibérale d'austérité.

Les 34 000 membres de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) représentant 8 syndicats d'enseignants ont, parmi les actions publiques récemment adoptées, voté 3 jours de grève. La première était le 30 septembre où 20 000 enseignants, après avoir manifesté devant leur école respective, se sont rassemblés à midi au Square-Victoria dans le centre-ville de Montréal. De ce contingent faisaient partie 1 700 enseignants de l'Outaouais amenés par plus de 34 autobus, alors qu'il y en avait eu 8 lors de la dernière journée de grève en 2011. Beaucoup d'enseignants qui n'avaient jamais participé auparavant à une manifestation syndicale ont dit que ce qui les avait motivés cette fois-ci est la situation inacceptable qui règne et l'acharnement du gouvernement à ne pas tenir compte des besoins des enseignants et du monde de l'éducation.De façon militante et sous les klaxons des automobilistes, ils ont marché jusqu'au bureau du Premier ministre Couillard exigeant que le gouvernement prenne ses responsabilités envers le système d'éducation publique du Québec.

La FAE souligne que le gouvernement intensifie son arrogance envers les demandes des enseignants d'avoir des conditions de travail leur permettant d'éduquer la jeune génération dans les conditions actuelles. Elle rappelle que le gouvernement Couillard veut augmenter la tâche des enseignants en faisant passer la semaine de travail « 32 heures à 40 heures, et ce, dans un contexte de gel salarial pour les deux prochaines années et d'une hausse de 1 % par année pour les trois années subséquentes, conformément à la proposition du Conseil du trésor. » De plus, alors que les besoins des élèves en général et ceux des élèves en difficulté ne sont pas répondus, « le gouvernement maintient sa volonté d'augmenter le nombre d'élèves par groupe [...] Ce faisant, les élèves, qui seront plus nombreux dans les classes et pour lesquels les services sont déjà réduits ou carrément inexistants, seraient aussi les perdants de cette proposition patronale. »

Le gouvernement Couillard exerce aussi une forme de chantage envers les enseignants en leur disant qu'il poursuivra le financement des postes d'enseignantes et enseignants ressources et orthopédagogues, « en contrepartie de la disparition de la pondération a priori qui assure actuellement la prise en compte des difficultés d'un élève lorsque la direction forme le groupe. » Le gouvernement veut ainsi mettre fin à un arrangement qui faisait en sorte qu'on reconnaissait minimalement les besoins plus grands en support de certains élèves en difficulté en ajustant à la baisse le nombre d'élèves pouvant faire partie d'une classe.

En point de presse lors du rassemblement, Sylvain Mallette, président de la FAE a dit: « Le déroulement des négociations actuelles et la récente proposition patronale provoquent la colère des enseignantes et enseignants. Près d'une soixantaine de rencontres plus tard, rien n'est encore réglé. La FAE se demande si le gouvernement veut véritablement en arriver à une entente négociée avec le personnel enseignant. La FAE estime qu'un règlement est possible. Le gouvernement doit saisir la balle au bond. Malgré les difficultés, nous continuerons à lutter farouchement pour protéger l'école publique et son principe fondateur : assurer l'égalité des chances pour tous »

Pendant ce temps, le premier ministre Couillard veut abolir les primes de départ d’un député sortant tout en proposant une généreuse compensation. Il veut augmenter le salaire des députés de 90 000 $ à 136 000 $ par année, et le salaire des ministres de 154 000$ à 217 000 $ et son propre salaire de 186 000 $ à 272 000 $.  Une augmentation de quasiment 50 %. Son austérité est une fraude.

Les enseignants luttent contre la déshumanisation de l'éducation publique. Leur lutte et l'appui grandissant à leurs demandes des familles des jeunes auxquels ils enseignent sont un facteur important dans toute la bataille qui se mène au Québec pour stopper l'offensive antisociale et antipeuple qui fait rage sous Couillard.




(Photos: Profs contre l'austérité, ASSÉ, PMLQ, FAE, L'activiste)



Lisez Le chantier politique
Site web:  www.pmlq.qc.ca   Courriel: bureau@pmlq.qc.ca