Volume 3 Numéro 68  - 23 novembre 2015

L'Assemblée nationale discute des réfugiés

Le 17 novembre, l'Assemblée nationale a adopté une motion déposée par Nathalie Roy députée de Montarville conjointement avec Kathleen Weil, ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion et Maka Kotto, député de Bourget, demandant au gouvernement fédéral de dévoiler le plan, les échéanciers, les ressources et les mesures de sécurité pour l'accueil de réfugiés syriens en collaboration avec les provinces.

Par la suite, il y a eu un débat d'une heure et demie sur le sujet. Tous ont choisi d'exprimer à leur façon leur volonté d'accueillir les réfugiés au nom de valeurs québécoises, de la liberté et de notre démocratie et de la lutte aux barbares. Il y a eu des questionnements concernant la sécurité nécessaire, l'intégration, la capacité ou non des réseaux de l'éducation, de la santé, des services sociaux et groupes communautaires de recevoir une si grande quantité de réfugiés. Certains ont invoqué l'exigence d'avoir la garantie que le fédéral paiera la note.

Ce qui frappe tout de suite dans cette expression de bons sentiments et de détermination de combattre les barbares et défendre «notre démocratie qui est attaquée» est l'absence totale de toute mention de l'état de chaos et d'anarchie créé dans le monde et ses causes. L'humanité est confrontée à un fléau sans précédent dans l'histoire mais semble-t-il qu'il n'est pas nécessaire de s'y pencher sérieusement.

Aucun parti ou député n'a questionné la raison réelle de la crise humanitaire et de ce que le Québec et le Canada doivent faire pour que cessent ces exodes massifs de populations de leurs pays. La crise des réfugiés est une conséquence directe des guerres d'agression en Irak, en Libye et en Syrie et de la politique de changement de régime des États-Unis et de leurs alliés de l'OTAN, dont le Canada, pour dominer cette région du monde et faire avancer leur quête de domination mondiale. Aujourd'hui ce sont les Syriens qui fuient. Demain quel sera le prochain pays pris en otage des appels au changement de régime ? Quel rôle doivent jouer les gouvernements du Québec et du Canada pour stopper la course de domination et de destruction dirigée par les États-Unis pour déstabiliser des populations et des pays entiers ?

Personne n'a soulevé le problème de la direction proguerre du gouvernement canadien et des déclarations tout aussi proguerre du premier ministre Philippe Couillard appelant à une intervention militaire armée et agressive en Syrie. Les Québécoises et Québécois sont appelés à appuyer cette logique guerrière de la guerre d'un côté et de la main tendue de l'autre. C'est cette politique proguerre à la solde de la politique de domination américaine qui fait que des civils et des populations entières fuient leur pays bombardé.

Dans le contexte des événements du 13 novembre à Paris et de l'arrivée de milliers de réfugiés syriens, il est encore plus urgent de prendre une position de principe ferme contre l'utilisation de la force dans le règlement des conflits entre les peuples, d'exiger que le Canada se retire de l'OTAN et NORAD et de coalitions agressives et de travailler à l'instauration d'un gouvernement antiguerre. 

Les questions de guerre et de paix sont fondamentales et doivent être discutées largement par les peuples au Québec, au Canada et partout dans le monde. Les Québécois doivent se placer au centre de ces discussions et s'assurer qu'elles servent à ouvrir la voie au progrès et à une paix véritable.


Motion de l'Assemblée nationale sur les réfugiés

Le 17 novembre, la motion suivante intitulée « Demander au gouvernement fédéral de dévoiler le plan, les échéanciers, les ressources et les mesures de sécurité pour l'accueil de réfugiés syriens en collaboration avec les provinces » a été déposée par Nathalie Roy députée de Montarville conjointement avec Kathleen Weil, ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion et Maka Kotto, député de Bourget et adoptée à majorité.

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« Que l'Assemblée nationale exprime toute sa solidarité et sa générosité d'accueil à l'égard des réfugiés qui actuellement sont les victimes de la barbarie en Syrie;

« Qu'elle prenne acte des inquiétudes légitimes exprimées par la population, de même que par de nombreux élus municipaux et provinciaux, concernant les enjeux liés à la sécurité et à la capacité d'accueil des réfugiés syriens;

« Qu'elle demande au gouvernement fédéral de dévoiler son plan et ses échéanciers pour recevoir au pays les 25 000 réfugiés, tel que promis, et qu'il assure les provinces que les ressources adéquates seront disponibles;

« Qu'elle demande au gouvernement fédéral de prendre le temps requis afin de s'assurer de la mise en place des mesures de sécurité et d'accueil appropriées;

« Qu'enfin, l'Assemblée nationale demande au gouvernement du Canada de travailler en étroite collaboration avec les provinces dans le respect des compétences de chacun. »



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