Volume 3 Numéro 75  - 11 décembre 2015

Grève des 400 000 membres du front commun

Tous avec les travailleurs et les travailleuses du secteur public! L'austérité antisociale doit être défaite!


50 000 travailleurs des services publics dans les rues de Montréal le 9 décembre (SEPI)

Le mercredi 9 décembre, les 400 000 membres du Front commun ont tenu une journée de grève pour débloquer les impasses qui subsistent aux tables de négociation avec le gouvernement à cause de son refus de satisfaire aux justes demandes des travailleurs. Une vingtaine d'ententes sectorielles de principe ont été conclues jusqu'à maintenant, alors qu'il y a plus de 60 tables sectorielles, et l'impasse est totale à la table centrale sur la question des salaires et des régimes de retraite. La grève s'est tenue dans les 17 régions du Québec, et a mobilisé enseignants, professionnels en soins, professionnels, techniciens, personnel de soutien et administratif, ouvriers et fonctionnaires dans l'ensemble des établissements des réseaux de la santé et des services sociaux, des commissions scolaires, des cégeps, des organismes gouvernementaux et de la fonction publique. On a appris que le gouvernement Couillard, qui le 1er décembre avait dit qu'il débloquerait bientôt la situation à la table centrale, n'a même pas présenté de nouvelle offre près de dix jours plus tard.

Le 9 décembre également, les cols blancs de Montréal, qui sont sans convention collective depuis 4 ans, ont tenu une demi-journée de grève pour dénoncer les mesures d'austérité et de privatisation des services de la ville de Montréal.


Action des cols blancs de Montréal

Toujours le 9 décembre, les 34 000 membres de la Fédération autonome de l'enseignement ont commencé trois journées de grève pour forcer le gouvernement à négocier avec eux sur la base de leurs demandes pour la défense de l'école publique et ils tiennent aussi un campement 24 heures sur 24 proche des bureaux du ministère de l'Éducation à Montréal. La soixantaine d'enseignants qui y dormaient durant la nuit du 9 au 10 décembre en ont été brutalement expulsés par le SPVM, sous l'ordre du ministère des Transports du Québec à qui appartient le terrain où se situe le campement.

L'opposition à l'austérité antisociale destructrice et une voie vers l'avant pour le Québec de défense des droits étaient au coeur de ces actions ! La lutte ne s'arrêtera pas ! L'offensive antisociale doit être défaite !








Actions de Montréal et Québec des travailleurs du secteur public (Photos: Chantier politique, SEPI, CSN, CSQ)


Le gouvernement doit reculer sur la question
des salaires et du régime de retraite

Dans leur négociation avec le gouvernement Couillard, les travailleurs et les travailleuses du secteur public et leurs alliés ont réussi à faire retirer de la table des négociations plusieurs des demandes sectorielles du gouvernement qui visaient à aggraver encore plus leurs conditions de travail. Les demandes sectorielles concernent entre autres des choses comme les horaires de travail, les congés de maladie ou les déplacements de travailleurs lorsque des postes sont fermés. Plusieurs ententes de principe ont été signées aux tables sectorielles, notamment dans la santé et les services sociaux, avec les professeurs de Cegep et les employés du soutien scolaire, et les syndicats disent avoir obtenu satisfaction à des demandes pour lesquelles ils luttent depuis des années.

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a dit en entrevue à La Presse il y a quelques semaines que, maintenant que des ententes de principe sectorielles pourraient être signées partout, il s'attend à ce que les travailleurs fassent preuve « d'ouverture » à la table centrale, qui traite principalement des salaires et du régime de retraite.

La Presse le cite : « Du côté des paramètres [salariaux], s'il n'y a pas de mouvement, un signal clair sur la retraite, c'est difficile. S'il y a un mouvement sur la retraite, oui, mais la voie est étroite ». Plus loin dans l'article, le ministre Coiteux parle d'une marge de manoeuvre budgétaire modeste que le gouvernement pourrait utiliser sur les salaires si les travailleurs acceptent des concessions sur le régime de retraite.

Cette position du président du Conseil du trésor est inacceptable. L'organisation du travail, les horaires, le déploiement des effectifs, les salaires, les régimes de retraite font tous partie des conditions de vie et de travail des travailleurs, lesquelles sont les conditions mêmes de la livraison des services publics. Elles vont ensemble et il n'y a pas de « deal » à faire entre elles. Les travailleurs demandent l'amélioration de l'ensemble de ces conditions pour stopper le démantèlement des services publics et faire échec à leur privatisation. On sait notamment que les infirmières, face à des horaires impossibles, sont sous forte pression de migrer vers les agences privées pour travailler à des horaires plus souples et des salaires plus élevés (sans toutefois les mêmes avantages sociaux et régimes de retraite).

Aux tables centrales, le gouvernement maintient ses demandes inacceptables sur les salaires et les pensions.

Il propose l'appauvrissement assuré des travailleurs pour une période aussi longue que 5 ans (les travailleurs veulent un contrat de 3 ans) et l'appauvrissement des générations futures de travailleurs et de retraités. Il propose 0 %,1 %, 1 %, 1 %, 0 %, ce qui est bien inférieur au taux d'inflation actuel, sans clause de protection contre l'inflation. Au lieu d'une augmentation de salaire, il propose un hypothétique 2,3 % d'augmentation au moyen de la relativité salariale, qui est une réorganisation de la structure salariale et des catégories d'emplois, qui n'était pas censée faire partie de ces négociations, avec baisse de salaires de base à l'entrée pour diverses catégories de travailleurs. Les échelles de salaires vont commencer plus bas que le plus bas salaire aujourd'hui. L'offre salariale du gouvernement est une façon d'abaisser la masse salariale dans le secteur public et de donner plus de pouvoir au gouvernement de restructurer les conditions salariales et de travail en cours de convention.

L'abaissement de la masse salariale signifie abaissement des rentes payées à la retraite. Cela est assorti de mesures que demande le gouvernement, comme le report de l'âge d'admissibilité à la retraite sans réduction de 60 à 61 puis 62 ans et l'augmentation des pénalités à la retraite anticipée. Là aussi le gouvernement demande le pouvoir de changer les conditions dans le cours de la convention en revendiquant des mécanismes qui lui permettraient de modifier des choses comme l'âge de la retraite et les clauses d'indexation. En abaissant les rentes à la retraite, le gouvernement cherche à baisser ses cotisations au régime, un objectif qu'il a d'ailleurs proclamé dès le dépôt de ses offres il y a un an. Comme sur les questions salariales, ce sont les travailleurs et travailleuses à temps partiel et à statut précaire et en particulier les femmes, qui en forment la vaste majorité, qui seront les plus affectés par ces mesures.

« L'ouverture » exigée par le président du Conseil du trésor, c'est une concession au diktat gouvernemental d'appauvrissement de ceux et celles qui dispensent les services, de démantèlement et de privatisation des services publics et de négation du droit des travailleurs de déterminer les conditions dont ils ont besoin pour assurer la livraison des services.

Cela ne doit pas passer !

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